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274 LES M0KU3IENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

que ron ne peut pas invoquer à cet égard la tombe d'enfant de l'année 508, puisqu'elle est d'une époque postérieure à la construction du bâtiment. Il en est sans doute de même du sarcophage en marbre, dont la facture est exécrable. Quant au cadre en pierre, il a pu enfermer un corps ; mais il est possible qu'il ait contenu seulement des reliques. L'autel, dont l'existence est à peu près certaine, prouve simplement que la salle était une chapelle, une memoria^ consacrée à une dévotion particulière'. Cependant, nous sommes tenté de nous demander si elle n'avait pas tout d'abord une autre destination. Nous verrons que le petit baptistère, situé à droite de V atrium^ appartient à la troisième époque : il a (hl en remplacer un autre, car il est évident que cette grande basilique de Thcveste n'a pas pu, pendant une longue période de temps, être dépourvue de fonts baptismaux. Primitivement, la piscine occupait peut-être le milieu de la salle Iréflée-; plus tard, elle aurait été remplacée par un autel, recouvrant soit un corps, soit des reliques : les petits piliers sculptés qui nous ont paru se rapporter à cet autel sont du style des coussinets des tribunes de la basiUque, c'est-à-dire de la troisième époque. Ce ne sont là, du reste, que des hypothèses''.

Nous avons dit que la basilique et la salle tréllée sont contemporaines. Mais toute indication précise manque pour permettre de les dater. Il est à croire que ces bâtiments remontent

\. A Uzali (près de Garlhage) et à Ilippo Regius (voir n" 06 a), des reliques de saint Élieniie furent placées dans une memoiia, formant une annexe de l'église.

2. Gonf. la forme du baptistère de l'église principale de Tigzirt.

3. Une conduite d'eau, venant d'une montagne voisine, aboutissait, dit-on, près de ce bâtiment (Duprat, l. c, p. 44). On peut supposer qu elle a servi aux bésoins du baptistère. Mais il est clair qu'elle a pu être employée à de tout autres usages; d'ailleurs, rien ne prouve qu elle soit contemporaine de la salle.

aux premiers temps du Bas Empire, à l'époque consécutive au triomphe du christianisme : ce triomphe s'affirme ici par les vastes dimensions de l'église, par sa riche décoration, par son haut soubassement, qui rivalise avec les stylobates élevés des temples païens. Il n'y a aucune raison de croire que cet édifice ait été d'abord une ])asilique civile, construite sous le Haut Empire • ; toutes les dispositions qu'il présente montrent qu'il a été aménagé, dès l'abord, pour servir au culte chrétien-.

Seconde époque

Nous rapportons à une seconde époque la grande avenue dallée qui s'étend transversalement en avant de la basilique,

1. Comme Tont dit différents archéologues, par exemple Mau, s. v. BasUica, dans la Real-Encyclopadie de Wissowa, p. 91.

2. Dans un article du Nuovo Bullettino di archeolof/ia cristiana (V, 1899, p. 50-63), un missionnaire des Pères Blancs a soutenu que la basilique de Theveste fut élevée, au temps de saint Augustin, par les soins de l'évêque Palladius, dont on a retrouvé la tombe dans une salle voisine de la chapelle IréÛée. Mais aucun argument solide n'a été présenté par ce savant à Tappui de la date qu'il propose. D'autre part, nous verrons plus loin que ce Palladius ne semble pas avoir vécu avant la fin du v" siècle et que la salle dans laquelle il fut enseveli est certainement postérieure à l'église. Rien ne prouve non plus que la chapelle Ircflée ait été élevée pour abriter la sépulture d une martyre locale, sainte Crispine, comme le croit l'auteur de l'article. Enfin nous ne pensons pas qu'il soit exact de dire que l'ensemble formé par la basilique de Tébessa et ses dépendances « offre un caractère frappant de similitude avec le « temple de Jérusalem», qui aurait servi de modèle à l'architecte africain. Les constructions religieuses de Tébessa appartiennent à diverses époques : il est donc faux de les considérer comme formant un ensemble conçu par une seule pensée. Les prétendues ressemblances dont on parle ne sont pas aussi importantes qu'on l'affirme et elles paraissent être toutes fortuites. La basilique de Tébessa a été bâtie sur un plan usuel dans l'architecture chrétienne primitive; les remaniements, les additions qu'elle reçut ensuite peuvent s'expliquer sans qu'il soit le moins du monde nécessaire d'admettre une imitation du temple de Jérusalem. D'ailleurs, les dispositions de ce temple, rebâti plusieurs fois et détruit pour toujours en l'année 70 de notre ère, devaient être aussi obscures pour un Africain du iv* ou du v^ siècle que pour les archéologues d'aujourd'hui.

les deux portes monumentales qui donnent accès à cette venue, à Test et à l'ouest, les deux portiques qui la bordent au nord, la vaste place, entourée de terrasses, qui est établie au sud, enfin la grande salle qui se trouve à Touest de la place et qui a été entièrement remaniée plus tard. Toutes ces constructions sont contemporaines, comme le prouvent les emboîtements des murs. Elles ne semblent pas appartenir à la même époque que la basilique, car elles sont disposées suivant une orientation un peu différente : leur axe s'incline à gauche par rapport à Taxe de ce monument. En outre, les deux portiques qui s'élèvent au nord de l'avenue sont sans aucune liaison avec les deux murs limitant l'escalier de l'église.

Àveime. Portes monumentales . Portiques. — L'avenue (vue, planche LXXXYII), dont le beau dallage est encore intact, a 52 mètres de long et une largeur de 7'°,40 (à rest)-7°',65 (à l'ouest)

La porte monumentale de l'est est encore assez bien conservée (vue, planche LXXXVIII). Elle formait un passage couvert en charpente et en tuiles, de 8 mètres de long sur 5™, 70 de large, que bordaient de petites salles à étage. La façade du côté extérieur, décorée de pilastres et de colonnes, présente une disposition banale dans les arcs de triomphe romains de l'Afrique du Nord : nous en avons déjà parlé L'arcade de la façade intérieure était simplement précédée, à droite et à gauche, d'une haute colonne, dont le chapiteau portait un entablement orné de rinceaux ; par-dessus se dressait peutêtre une statue. L'entrée de l'ouest consistait aussi en un long

1. Cette différence a été nécessitée par le raccordement avec la basilique, dont l'axe, comme nous venons de le dire, forme un angle avec l'axe des constructions que nous attribuons à la seconde époque.

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