Corpus, VIII
2. La chambre contiguë à la chapelle tréflée n'a pas de porte extérieure et communique par une porte latérale avec la chambre voisine.
3. Dans un certain nombre d'entre elles, on remarque des lignes d'entailles, qui ont reçu des extrémités de poutres. Mais ces trous ont été faits par des indigènes qui s'étaient installés dans les ruines.
4. On peut se souvenir à ce sujet que deux tombes de religieuses ont ététrouvées dans Yalrium delà basilique (voir plus haut, p. 268).
De chaque côté du perron de F église, derrière le portique qui borde l'avenue, on rencontre les ruines d'une grande cellule, divisée en trois compartiments. A en juger par la disposition des murs, ces deux logements datent peut-être d'une époque postérieure aux bâtiments dont nous venons de parler.
Enceinte. — Les deux flancs et le chevet de la basilique sont protégés par une grande enceinte, qui est sans doute contemporaine des chambres : autrement, celles-ci auraient été accessibles à tout venant. Elle consiste en un mur de 0°',50 d'épaisseur, dont la plupart des pierres ont du être prises ailleurs; par derrière, des contreforts, disposés perpendiculairement, sont établis à des distances qui varient de 3'", 70 à 5 mètres : ils supportaient un chemin de ronde en planches. Trois tours carrées, dont les murs avaient aussi une épaisseur de 0™,50, se dressaient aux deux extrémités et au milieu de la face nord ; il y en avait deux autres sur la face ouest et une sixième, plus petite, au sud-est. Elles ne dépassaient pas l'alignement du mur d'enceinte.
A la même époque sans doute, on rétrécit l'ouverture de la porte monumentale de l'est qui donnait accès à l'avenue : il n y eut plus à cet endroit qu'une étroite poterne, de 0°',90 de largeur.
La place elle-même et le grand bâtiment qui la bordait à l'ouest furent entourés d'un mur^, ne présentant ni contreforts, ni tours. 11 faut observer que, de ce côté, les murs de la place et ceux du bâtiment formaient une seconde ligne de protection. A l'angle sud-est, dans la direction delà ville de The- Teste, il y avait une entrée, derrière laquelle s'élevaient quelques constructions.
1. On n'en a reconnu que quelques vestiges, invisibles aujourd'hui.
THE
Grand bâtiment à r ouest de la place (vue, planche XC). — Nous avons dit que ce bâtiment, qui, à l'origine, communiquait avec la place, a été certainement remanié. Il est même vraisemblable que ce remaniement fut postérieur à la démolition partielle de la porte monumentale de l'ouest : celle-ci n'aurait pas pu trouver une assiette assez solide sur le mur qui la borde au sud et qui ne mesure, dans son état récent, que 0™, 50 d'épaisseur.
L'édifice, sous sa forme nouvelle, consiste en une salle de 49 mètres de long sur 22 mètres de large. Les parois sont faites en pierres de taille, provenant de constructions plus anciennes : on remarque, en particulier, quelques blocs ayant appartenu à des pressoirs.
La porte s'ouvrait au nord. L'intérieur était dallé et de plain-pied avec la grande avenue. Deux rangées de piliers carrés, d'un mètre de côté, en gros matériaux, limitaient une nef centrale de 5'",60de largeur : elles devaient porter des arcades, qui portaient à leur tour un mur percé de fenêtres. La couvertin^e était certainement en charpente et en tuiles.
Chaque collatéral présente, dans le sens de la longueur de la salle, un mur bas sur lequel sont posées des auges, placées les unes à la suite des autres. Elles mesurent, dans leur partie creuse, 0™,65 à 0°^,90 de long, sur 0",40 de large et0'",25 de profondeur moyenne. Leur rebord est à 1 mètre du sol. Il y en a près de quatre-vingts. Entre ces auges, sur leurs rebords latéraux, se dressent de petits piliers, hauts de 0",90, portant des bandes de pierre, au-dessus desquelles s'élève un nouveau mur. Ainsi sont constituées des baies rectangulaires, surmontant les auges. A des hauteurs variables, des œillets ont été pratiqués à travers les piliers, près des arêtes : la plupart
286 LES MO>UMEMS ANTIQUES DE l' ALGÉRIE
du côté de la nef centrale, quelques-uns du côté opposé. Certains piliers ont deux œillets, plusieurs n'en ont pas du tout. Le mur à auges offre, de distance en distance, des passages qui, en général, pouvaient être clos ; les uns sont au niveau du sol, les autres ont un seuil de 0™,80 à (i°',50. Les montants de quelques-uns de ces passages sont percés d'œillets. Par derrière, des murs transversaux, placés d'ordinaire à Talignement des gros piliers de la nef, forment, de chaque côté de la salle, une série de compartiments, communiquant entre eux par un couloir. Ces compartiments étaient surmontés d'un étage. Les chambres supérieures s'ouvraient sur une galerie en bois (à 2°", 75 du sol), portée par des corbeaux qui étaient encastrés dans le mur établi au dessus des auges et qui faisaient une saillie de i"',r)0 du côté de la nef. Les escaliers conduisant aux deux galeries se trouvaient aux angles de la salle.
On n'hésite pas en général à voir dans ce grand bâtiment une vaste écurie. Les auges représenteraient des mangeoires pour les chevaux ; les œillets percés dans les piliers auraient servi à attacher les bêtes ; les chambres du rez-de-chaussée et de l'étage auraient été des magasins pour les fourrages et autres provisions. Cependant, tout cela ne nous paraît pas aussi évident qu'on le dit'. Les bêtes auraient été bien rapprochées les unes des autres. De plus, il est malaisé, dans cette hypothèse, de s'expHquer Futilité de certains œillets, pratiqués à travers des montants de portes, ou bien du côté opposé à la nef, en avant de ces compartiments oii des chevaux auraient difficilement pu entrer. Je croirais plutôt que nous sommes ici
1. Des bâtiments analogues existent à Ilenchir Goubeul et à Ilaïdra, en Tunisie. Je ne crois pas qu'on puisse y voir des écuries.
en présence cUiin réfectoire, quoique je ne puisse fournir aucune preuve à l'appui de mon opinion.
Il est vraisemblable, mais non certain, que la réédifîcation de cette grande salle est contemporaine des travaux considérables que nous rapportons à la troisième époque : modification des parties hautes de la basilique, construction du baptistère, des cellules, de l'enceinte. La plupart de ces aménagements paraissent avoir eu pour objet de loger, d'isoler et de protéger des gens vivant en communauté autour de l'église primitive
On n'a pas trouvé d'indices permettant de leur assigner une date précise. Certains archéologues les attribuent au temps de la domination byzantine. Mais les arguments qu'ils présentent sont assez peu soUdes. La construction des bâtiments de la troisième époque est sans doute fort médiocre, mauvaise même pour les chambres qui bordent l'église ; mais cela ne les date pas du vi*" siècle, phitot que du v\ L'enceinte, bordée intérieurement d'un chemin de ronde et munie de tours, ne couvre que la moitié septentrionale de ce vaste ensemble. Mais, si la même disposition ne se retrouve pas au midi, vers la ville, doit-on en conclure que c'est à cause de la proximité des fortifications élevées par les Byzantins autour de Theveste, fortifications qui auraient garanti le sud de l'établissement religieux ? Nous avons vu que ce coté était protégé par une première clôture, puis par les murs de la place et de la grande salle. C'était là une défense suffisante, et voilà probablement pourquoi on n'a pas construit au midi un rempart semblable à celui du nord. Selon M. Diehl', «l'enceinte fortifiée qui enveloppe la basi-
1. Les tribunes construites clans l'église étaient peut-être réservées aux membres de cette communauté. :