‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 3)Chapitre 221 sur 288 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

On rencontre dans Test de TAlgérie un grand nombre de ruines qui étaient évidemment des ouvrages de défense. Elles présentent deux caractères communs : 1° les constructeurs y ont employé des matériaux pris dans des édifices de l'époque romaine ; 2° les murs, en pierres de taille, offrent deux parements, qui tantôt sont accolés, tantôt encadrent un noyau plus ou moins épais, en blocage ou en grosses pierres entassées au hasard.

On ne saurait actuellement en dresser une liste complète, qui n'aurait d'ailleurs, au point de vue monumental, qu'un intérêt assez restreint, les types étant peu variés. M. Diehl a étudié les plus importantes de ces citadelles ou forteresses dans un mémoire dont nous ferons grand usage au cours de ce chapitre 1.

Les ruines en question sont d'ordinaire qualifiées de byzantines et pour certaines d'entre elles l'exactitude de cette appellation n'est pas douteuse, comme l'attestent des inscriptions permettant de les dater, ou des indications données par l'historien Procope. Mais, pour beaucoup d'autres, la preuve

1. Nouvelles archives des Missions, IV, 1893, p. 283-434. Conf. V Afrique byzantine du même auteur, p. 138-298, 601-613.

manque. Il conviendrait, à cet égard, de distinguer', dans la mesure du possible, les ouvrages fortifiés se rapportant à un système général de défense, ouvrages échelonnés à la frontière ou établis su:' des points stratégiques à l'intérieur du territoire, et, d'autre part, ceux qui ont servi de refuge aux habitants d'une ville, d'un bourg, aux cultivateurs d'une plaine, d'une vallée. Les premiers ont un caractère officiel : ils ont été certainement élevés par le gouvernement grec pour la protection de l'Afrique, reconquise sur les barl)ares ; des troupes régulières devaient les occuper d'une manière permanente. En général, ils datent des premières années de la période byzantine. Les seconds, bâtis à la hâte par des populations sans cesse menacées, appartiennent aussi, pour une bonne part, à l'époque byzantine : car les fortifications impériales ne donnèrent pas au pays une sécurité absolue, et les révoltes, les invasions, les rapines des indigènes furent fréquentes sous Justinien et surtout sous ses successeurs. Plusieurs sont, du reste, datés : le fortin d'Ain el Ksar fut construit vers 580 2; celui d'El Mahder, probablement à la fin du vi" siècle Mais d'autres peuvent avoir été élevés plus tard, dans les temps troublés qui suivirent la conquête arabe.

Nous avons vu ^ comment Rome s'était efi'orcée d'assurer la paix à la Numidie et aux Maurétanies. Les Vandales n'eurent pas le même souci. Ils négligèrent de maintenir l'organisation

1. Cette distinction a été faite par M. Diehl, A'owy. arcli., p. 289, 298-9; Afr. byz., p. 223-5.

2. Corpus, VIII, 4354 = 18540. Conf, Gseli, Bull, des antiquaires de France, 1895, p. 171.

3. Voir plus loin, aux fortins. — Le forlin d'Henchir Bou Sebaa, dans la région de Tébessa, fut fait par un évêque [Corpus, VIII, 2019 et p. 942). Il est donc certainement antérieur à l'invasion musulmane.

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