‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 3)Chapitre 243 sur 288 · Corpus, VIII · texte numérisé non relu

Corpus, VIII

5. Ces dimensions plutôt restreintes nous font classer Thagura parmi les forteresses et non parmi les villes fortes.

THE

(louées au levant, sont fort raides à l'ouest et au sud, tandis que le côté nord tombe presque à pic.

Les ingénieurs militaires ont naturellement tenu compte de cette disposition du terrain. Le front oriental, qui était le plus exposé, présentait deux, ou peut-être trois grandes tours. Sur les autres faces, on ne trouve qu'un simple rempart, qui devait même s'interrompre au nord, où il n'était pas nécessaire. Les murs, de construction soignée, ont 2"', 20 d'épaisseur aux courtines.

A l'intérieur, le sol s'élève dans la direction du nord, et, au point culminant, on voit les traces d'un bâtiment rectangulaire, qui a pu être un donjon.

Giielaa Sidi Yahia — Aucune inscription ne permet de dater cette forteresse avec certitude, mais elle })arait bien être byzantine : le mode de construction rappelle les ouvrages défensifs de l'époque de Justini?n ; des tambours de colonnes cannelées, employés dans la face orientale, ont été pris dans une ruine romaine.

Située dans une position stratégique très importante, entre Calama, Tliibilis et Tipasa, près de la ligne de partage des eaux de la Medjerda et des affluents de l'oued Clierf, elle occupe le sommet renflé d'un mamelon, dont les flancs sont à pic au nord et au sud et en pente raide à l'ouest. La configuration de cette colline a déterminé la form ^ assez irréculière de l'enceinte, qui mesure 145 mètres de longueur et dont la largeur est variable. A l'est, côté où l'accès était plus facile que partout ailleurs, on a établi un front de 100 mètres, renforcé par

1. Vigneral, Ruines romaines du cercle de Guehna, p. 35 et pl. VI. Bernelle, Rec. de Consl., XXVII, 1892, p. 63. Robert, ibid., XXX, 189o-6, p. H9-122, avec deux planches. Gsell, ibid., XXXII, 1898, p. 262-o. Conf. Diehl, Afr. byz.> p. 606-7.

quatre grandes tours rectangulaires. La face occidentale, beaucoup moins étendue (50 mètres environ), n'était couverte que par deux tours . La face nord offre une série d? cinq fronts parallèles , en retraite les uns sur les autres dans la direction de l'ouest, et reliés deux à deux par d s rentrants qui leur sont perpendiculaires ; çà et là, des soutènements jirécèdent cette face. Au sud, le rempart est très détruit; cependant, des vestiges de trois tours carrées sont encore reconnaissables. Les murs, assez convenablement bâtis, ont 1"',70-1°'80 d'épaisseur aux courtines et 1°", 05-1°", 15 aux tours. L'entrée paraît avoir été au sud-est. On rencontre à l'intérieur des restes de nombreuses constructions, qui peuvent n'être pas très anciennes. Mais nous attribuons à l'époque byzantine une sorte de donjon rectantangulaire, qui se distingue très nettement au i)oint le plus élevé du mamelon. Ce bâtiment, dont les parois sont formées de deux rangs de pierres de taill % mesure 22 mètres de long sur 19 de large. Il surmonte neuf citernes alignées, couvertes de grandes dalles, avec des orifices circulaires.

Mdao}(roii( Ji [Madmiri). — Une inscription, gravée au- .dessus do la porte principale atteste que le castelhim de Madaure fat élevé par les soins de Solomon, vers 535-. Nous en donnons un plan [fig. 164), une vu? intérieure [fig . 165) et deux vues extérieures (planches C et C I : l'une a été prise de l'est, l'autre du nord). Les murs de la façade orientale et d'une bonne partie de la façade septentrionale sont bien con-

1. Corpus, YIII, 4677 r- 16869. Conf. Diehl, Afr. hyz., p. 73 et 74, n. 5.

2. Ghabassière, Rec. de Consf., X, 1866, pl. V et Vil. J)ie\û, Nouv. arch., p. 344-350; pl. YII-XI. Le même, Afr. bi/z., p. 151, fig. 4; p. 161-2, fig. 14-15; p. 204, fig. 41 : pl. VIT. Le même, Justinien, p. 229, fig. 86. Gsell, Rec. de Const., XXXll, 1898, p. 281-4.

3. Nous nous exprimons ainsi pour abréger. En réalité, cette face regarde le sud-est.

THE

/ OF ILUNOIS

LIBHAHY . THE CNlVEPvSri V OF ILLINOIS

serves et gardent un aspect imposant; du reste, cette forteresse est. une des plus soignées parmi les constructions byzan-

FiG. 164. — Forteresse de Mdaourouch.

tines de l'Afrique du Nord, les pierres de taille sont jointes.

d'une manière très exacte et les assises disposées avec beaucoup de régularité.

Nous ne saurions dire avec certitude quel fut à Torigine le plan du château fort. Le front forme une ligne droite de 36 mètres de long, flanquée à ses extrémités de deux grandes tours carrées et présentant au milieu un avant-corps, dans lequel est ménagé un passage. Par derrière, deux murs, perpendiculaires à ce front, se détachent des tours ; au bout de 17 mètres, ils se coudent à angle droit. Au sud, toute trace <lu rempart i)rimitif (Usparaît à partir de là. Au nord, hi muraille reprend bientôt sa direction première; elle se perd ensuite sous les décombres. Mais 34 mètres plus loin, on remarque des vestiges d'un long mur, bati avec soin : il est parallèle à la façade orientale et il formait i)eut-ètre le front opposé de la forteresse. Il se termine au sud par une grande tour rectangulaire dont il ne reste plus que la base ; un dos de • terrain indique rexistence d'une autre tour semblable au nord. Ces deux tours étaient placées de biais, sans doute pour faciliter la surveillance de la courtine. Le castelhim de Mdaourouch n'était donc pas exactement rectangulaire, comme ceux de Timgad, de Bellezma, de Tobna, de Sétif : il y avait, semble-t-il, de grands rentrants sur les faces longues, disposition tout à fait insolite et que nous ne pouvons pas nous expliquer.

Plus tard, et peut-être après la chute de la domination byzantine, la citadelle fut beaucoup réduite. On éleva, du côté de l'ouest, un mur semi-circulaire, construit à la hâte et d'une manière très barbare, sans doute avec des matériaux pris dans le fort même, qui avait du auparavant sul)ir de graves dégâts. Cet hémicycle est en effet une restauration de très basse

époque et non pas, comme on Ta cru, une ruine de (pielquc édifice romain, théâtre ou autre monument.

Les courtines de la forteresse mesurent en moyenne 2 mètres d'épaisseur. Des contreforts intérieurs, épais de 0",70, larges pour la plupart de r",35, étaient reliés par des arcades, dont Tune subsistait encore en 1895. Ces arcades, faites en petites pierres, supportaient les dalles d'un chemin de ronde. La tour du nord-est est en bon état. Un couloir oblique, très étroit, mène à la salle (hi rez-de-chaussée, qui était séparée de l'étage jtar un })lancher. reposant surck^s corniclies et sur un corbeau.

L'aA'ant-corps de la face orientale, large de 8 mètres, profond de 7"', 10, renferme une petite cour qua(h'angulaire, resserrée entre deux bastions pleins ^ et s 'ouvrant, sur le dehors comme sur l'intérieur, par de gran(k^s baies, dont le linteau est surmonté d'un arc de décharge. Une i)oterne, large seulement de 0'",85, est ménagée dans le rentrant (hi front nord : une arcade y surmonte aussi le linteau.

Autour de la forteresse, telle qu'elle fut constituée après ki réparation hâtive dont nous avons parlé })lus haut, on distingue une enceinte irrégulière, qui en est ék)ignée de 25 ii 50 mètresot qui rappelle celle de Gadiaufala-'*. Très grossière, elle consiste en un mur large de 0°',90, ^irésentant soit deux rangées de pierres de taille, soit une seule rangée, doublée en arrière j)ar des moellons. A l'ouest, on a simplement incorjioré dans cette enceinte la longue courtine qui nous a paru rejirésenter

1. Les vides indiqués par M. Diehl à l'intérieur de ces deux bastions m'ont paru accidentels; ils ne forment pas deux couloirs ménagés dans l'épaisseur de la muraille.

2. La place nous a manqué pour indiquer cette enceinte sur notre plan,

Page 1