II
LES MOMMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
aucune preuve d'un tel agencement, tandis que les voussoirs abondent parmi les décombres de la plupart des églises africaines.
Au-dessus des arcades se dressait un mur percé de fenêtres qui éclairaient la nef centrale. Celle-ci était plus élevée que les collatéraux et avait une toiture en dos d'àne ; des toiis en pente couvraient les bas côtés ~. Les parties hautes de toutes les églises d'Algérie étant détruites, il est impossible de citer ici des exemples-'', mais les Africains ont certainement adopté cette ordonnance, générale dans l'architecture chrétienne. Partout où l'on a fait des fouilles, on a trouvé des morceaux de charbon, débris de la charpente des combles, ainsi que des fragments de tuiles, les unes plates, les autres semi-cvlindriques. Du reste, la faible épaisseur des murs indique suffisamment que les éditices n'étaient pas voûtés^.
Quelques basihques présentent, de chaque côté de la nef, une double rangée de supports. Chaque couple est formé soit de deux colonnes soit d'une coloime par devant et d'un piher
1. Conf. im sermon attribué à saint Augustin (Migne, Palrol. latine, XLVI, p. 1003) : Ecce videmus cûlumnns quibus sunt superposili pjarietes... In domo « Dei colnmnae a quibus lapidum multiludo portatur... » . 2, A Henchir Guesseria fn" 50), des corbeaux, placés au sommet des murs latéraux, étaient sans doute des éperons destinés à porter Tune des extrémités des entraits de la toiture des bas côtés. A Kherbet Bou Addoufen (n° 34), les coussinets-impostes des colonnades offrent des encoches pour l'insertion de ces entraits. — Les collatéraux paraissent avoir été surmontés déterrasses plates dans la chapelle d'Alexandre, à Tipasa (n° 160).
3. Voir à ce sujet Victor de Vile, Hist. persec. wandalicae, I, 41. 11 parle d'une église africaine, qui fut assaillie par des Vandales : «tecta [les toits des « bas côtés] comcendiinl ef per f'enestras [les fenêtres de la nef] ecclesiae sagiltas « sparqunt.% Ces flèches atteignent des catholiques réunis auprès de l'autel.
4. Conf. le texte de saint Optât, cité au n° 163 (Kherbet Zembia).
• 5, Timgad (n° 152); Périgotville (n" lOo). A Tigzirt (n" 146), la colonne pos térieure est parfois remplacée par un pilier. A Taksebt (n» 132), la disposition des doubles supports reste douteuse.
par derrière '. Les arcades reposaient sur les points d'appui postérieurs; quand il n'y avait pas de tribunes, elles portaient directement les nnirs de la nef. Quant aux supports antérieurs, ils étaient surmontés d'un second ordre de colonnes, adossées à ces murs. Ce dispositif assurait plus de solidité à Tensemble de l'édifice et ornait d'une élégante décoration les parties hautes ; en outre, il avait pour effet de réduire la portée des cntraits de la toiture, qui venaient appuyer leurs extrémités sur les colonnes supérieures.
Les tribunes au-dessus des bas côtés sont rares en Algérie. A Tipasa (basilique de Sainte-Salsa, n° 159) et à Matifou (n** 79), il est certain qu'elles n'appariiennent pas à l'ordonnance primitive, mais qu'elles datent de remaniements effectués au v^ siècle ou au vi*' . La même observation s'applique probablement aux tribunes de la basilique de Tébessa (n°138). Dans la grande église de Tigzirt (n° 146), elles sont, au contraire, contemporaines de la construction, que nous plaçons volontiers au v*" siècle. Nous ne saurions dire si celles de la basilique d'Orléansville (n" 95) ont été faites, comme la basilique elle-même, sous le règne de Constantin : nous n'avons pas pu étudier cet édifice, qui a, sans aucun doute, subi des remaniements. Cela nous parait peu probable et nous sommes disposé à croire que l'introduction des tribunes dans l'architecture chrétienne de l'Afrique du Nord n'est pas antérieure au V'' siècle.
L'aménagement de ces galeries nous échappe complètement à Matifou et à Orléansville. A Sainte-Salsa, elles étaient hmitées, du côté de la nef, par des colonnes courtes. A Tébessa