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A Guelma (n

ÉDIFICES DU CULTE CIIRÉTIExN 127

cependant, surtout dans le pays de Sétif et dans la Numidie occidentale, les colonnes ont été faites exprès pour les sanctuaires dans les ruines desquelles elles gisent aujourd'hui'. Les bases ^ sont d'ordre attique, plus rarement d'ordre corinthien; quelquefois elles n'offrent que des moulures très rudimentaires, ou même un simple talus. Dans l'ouest et le centre de la province de Constantine, elles sont généralement pourvues d'un socle assez élevé. Les fûts, toujours monolithes, mesurent 2 mètres-2"',75 dans les églises ordinaires. Les chapiteaux appartiennent aux trois ordres classiques, bien dégénérés, il est vrai. Les formes sont lourdes, massives : ce qui s'expHque par la nécessité de donner des supports solides aux sommiers des arcades jetées sur les colonnes. Dans les régions dont nous venons de parler, on a eu une prédilection marquée pour l'ordre dorique romain, ou pour une forme plus simple, qui en est dérivée et qui consiste en des séries de bandes s'étageant sous le tailloir. Dans la Maurétanie Césarienne, Tordre ionique est en faveur; il présente en général de grosses volutes, qui ressemblent à des bourrelets, gonflés dans leur partie centrale. L'ordre corinthien a été moins employé par les chrétiens do Numidie et de Maurétanie ; d'oi dinaire, les feuilles, étroitement collées à la corbeille, ne s'y découpent plus en fines dentelures; l'extrémité seule est recourbée comme un croc; les volutes sont fréquemment supprimées; sous le tailloir, au milieu de chaque face, on a parfois sculpté un sigmim Chris ti, un calice, une grappe de raisin ou

1. Voir au n" 166 fllenchir Zerdan) une inscription où il est question de colonnes offertes à une église par des gens de deux villages différents.

2. Ces bases reposent parfois sur des dés (à Périgotville, n° lOo ; à Timgad, n** 132; etc.), ou sur des plates-bandes (à Tébessa. n" 138). A Tigzirt n" liO), il n'y a pas de bases : de simples dés portent les fûts.

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quelque autre image. Je ne conuais en Algérie qu'un petit nombre de chapiteaux composites chrétiens, et je n'ai vu qu'à Tébessa des chapiteaux proprement bj'zantins (n" 139), de forme cubique, à pans coupés.

Les églises à piliers quadrangulaires ne sont pas rares dans l'Afrique du Nord^, à diverses époques: par exemple, au commencement (Ui iv' siècle (Orléansville), au miheu du v' (Bénian), sous la domination byzantine (Khaniissa). On ne pouvait pas partout emprunter des colonnes à des édifices païens et, souvent, on ne voulait pas se donner la peine d'en faire de neuves : des pihers étaient plus faciles à tailler. De plus, ils offraient aux arcades des points d'appui plus sohdes. Ils sont presque toujours formés de plusieurs pierres de taille superposées, dépourvues d'ornementation. Cependant, à Biar el Kherba (n° 2i), à Henchir Gourai (n" 53) et à l'Oued R'zel (n° 97), nous trouvons des piliers monolithes, placés sur des bases à socle élevé et à moulures.

Aux Hassnaoua (n'' 65), des piliers octogonaux se dressent aux extrémités des deux colonnades. A Ksar Tala (n° 71 bis), de simples colonnes paraissent avoir alterné avec des piliers cantonnés de deux colonnes engagées : ce genre de support en forme de rectangle arrondi constituait une assiette plus large au sommier commun de deux arcades consécutives. Dans une église de Tigzirt (n° 148), des demi-colonnes terminent deux rangées de pihers. Dans la grande basilique du même

1. Ilenchir el Azreg (n" 18) ; Bénian (n" 22} ; Biar el Kherba (n° 24) ; Kherbet Bon Addoufen (n° 35) ; Henchir Djardia (n° 47); Henchir Gourai (n- 53); Henchir Guessès (n° 59) ; Henchir el Hammam {n°' 62 et 63) ; Khamissa (n° 68) ; Ksar Sbéhi (n» 71); Matifou (n» 79); Orléansville (n» 95) ; Oued R'zel in° 97) ; Taksebt (nM33) ; Tigzirt (n° 149); Timedout (n°151); Tipasa (n»M57, 159, 160) ; Et Toual (n- 163).

lieu 146), on voit, vers le milieu de chaque colonnade, un gros pilier d'un mètre de côté, renforçant l'ossature de l'édifice.

Colonnes ou piliers portent des arcades, cintrées en demicercle' et faites de voussoirs en pierres de taille Quand le support est un pilier, le sommier des deux arcs qui partent de ce point repose soit directement sur ce pilier"^, soit sur une pierre, carrée à sa face inférieure, rectangulaire à la face opposée et offrant Taspect d'un tronc de pyramide renversé : c'est là une simplification de l'imposte classique, que l'on constate également en Sj^rie^. Quand le support est une colonne, le sommier coiffe presque toujours le chapiteau ; on trouve cependant quelques exemples de coussinets interposés entre ces deux membres d'architecture : ils ressemblent aux impostes rudimentaires dont nous venons de parler^'.

Nulle part, nous n'avons rencontré d'entablements rectilignes jetés sur des piliers ou sur des colonnes : tout au plus pourrait-on admettre que, dans des sanctuaires très pauvres, les supports étaient reliés par de grosses poutres, surmontées de parois en charpente ou en légers moellons. On n'a, du reste,

1. Dans certains lieux, où les intervalles entre les supports étaient inégaux (p. e. à Henchir el Hamman, n° 62, et à Tigzirt, n" 148), les cintres des arcades ne pouvaient pas être partout bien réguliers.

2. A Tébessa, les arcades sont d'une forme particulière (voir n° 138).

3. Tipasa, dans la grande basilique et dans celle de Sainte-Salsa (n°' 157 et loU); Taksebt (n° 133,i ; Tigzirt (n° 149).

4. Bénian (n° 22); Biar el Rherba (n" 24) ; Henchir Djardia (n° 47); Henchir Gouraï (n°53); Henchir Guessès (n° o9 ; Henchir el Hammam (n" 62); Ksar Sbéhi (n° 71); Tipasa, chapelle d'Alexandre (n° 160). — Gonf. Gsell, Fouilles de Bénian^ p. 33.

0. Conf. les dés interposés de la même manière au marché de Timgad, dés le début du iir siècle (tome I, p. 208).

6. Aïn Zirara (n» 8) ; Rherbet Bou Addoufen (n°' 33 et 34). — A Henchir Tabia (n" 130), la forme des coussinets prouve qu'ils reposaient directement sur des fûts et qu'ils faisaient office de chapiteaux.

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