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s'agit sans doute du tunnel d"El Abel

2. Le débit moyen de la source est de 900 litres à la seconde. 11 convient de noter que cette eau est légèrement magnésienne : les Romains s'en sont accommodés. Mais les Français de Constantine ont pris leur eau aux sources d'Aïn Fesguïa, à 70 kilomètres de la ville.

une série d'arcades, portées par de puissantes })iles; au milieu, il y avait même deux rang-ces d'ouvertures superposées. Il reste actuellement, sur une longueur de près de 60 mètres, une suite de six piles, avec les arceaux qui les surmontent et qui reposent sur des impostes (planche LXX) ; la ruine était un peu })lus étendue au temps où Ravoisié et Delamare la dessinèrent. La construction est en belles pierres de taille à bossage. La hauteur, au point le plus élevé, atteint environ 20 mètres '.

Un autre aqueduc, beaucoup moins long, venait aussi aboutir à Cirta. Il recueillait les eaux de la colline de Sidi Mabrouk, à 1.800 mètres environ k Test de Constantine. Après un parcours souterrain, à l'intérieur d'une galerie de i™,55 de largeur, il franchissait le ravin profond du Rummel, près de 500 mètres en amont du grand pont dit El Kantara. Le pont qui supportait cet aqueduc n'est plus représenté que par un débris de pile, en pierres de taille ;i bossage ^.

Rusicade (Philippe ville) était ahmentée parTeau de l'Ain Roumane (la source des Romains), située à l'est delà ville, dans le

1. Peyssonnel, Voyage dans les régences d'Alger et de Tunis. 1. p. 391. Shaw, Voyages dans plusieurs jvovinces de la Barbarie, éd. franc, de 1743. I, p, loT. Temple et Falbe, Relation d'une excursion à Constantine,^. 83-84. Berbrugger, Algérie historique, pittoresque et monumentale, province de Constantine, pi. ii la page 37. Ravoisié, Exploration, \, p. 6, 26-7 et pi. 3. Delamare, Exploration, pi. 137 ; pi. 148, fig. i. Texier, Bévue archéologique. 111, 1846-1847, p. 734 (il dit à tort que cet aqueduc avait trois étages d'arcades). Fournel, Richesse minérale de V Algérie, \, p. 205; pi. IX, lig. 13 et 14. Gherbonneau. Annuaire de Constantine, 18.53, p. 108, li;j-6. Féraud, Rec de Constantine. VM, 1863, p. 210. Revue africaine, X, 1866, p. 317. Vars, Rec. de Constantine, XXVlll, 1803, p. 330- 333 ; XXIX, 1894, p. 696 et deux planches à la page 290.

2. Ravoisié, I, p. 12-13, pi. 2 (lettre J du plan et détails à droite). Delamare, pi. llo (où l'on voit la pile qui domine le ravin); pi. 130, fig. 5-13 (système de captage des sources de Sidi Mabrouk; conf. pi. 113, ù droite). Gherbonneau, Annuaire de Constantine, 1853, p. 116-117. Vars, Rec. de Constantine, XXVlll, p. 318, 325. — Un fragment d'inscription de Cirta mentionne un aqueduc [Corpus, VIII, 7029= 19422). J'ignore à quel ouvrage ce texte se rapporte.

25i LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE

massif du Filfîla. D'après les dimensions des conduits, cette source parait avoir été plus abondante dans Tantiquité que de nos jours. L'aqueduc, dont le tracé général est facile à reconnaître, bien que les vestiges en soient peu imposants, avait une longueur d'environ 22 kilomètres. Le canal mesure 0'°,40 de haut sur 0'°,50 de large. Il est constitué par un radier et des parois en béton, et par une voûte en briques ou en blocage. La traversée de la vallée de l'oued Rira se faisait sur un pont de 358 mètres de longueur. Au-delà de la rivière, l'aqueduc d'Aïn Roumane en recevait un autre, venant do la source d'Ain M'raba. Puis la conduite, après avoir longé le flanc d'un coteau, passait l'oued Chari (ou oued el Gath) sur un pont de 10 mètres de haut et do 40 de long, et ensuite l'oued Ksob sur un autre pont de 20 mètres de hauteur et de même longueur. Plus loin, de crainte d'éboulements, on avait soutenu l'aqueduc par une série d'arcades, qui atteignaient 12 mètres de hauteur et d ont l'ensemble mesurait 55 mètres de long. Enfin, la vallée du Saf Saf, auprès de Phihppeville, était traversée par un pont dont il reste encore deux piles'.

A l'ouest de Rusicade, une autre conduite, partant du ravin des Béni Melek (à 4 kilomètres de la ville), venait déboucher dans de grandes citernes, qui seront décrites plus loin^.

L'aqueduc d'Hippone^, long de 18 kilomètres, prenait naissance dans le djebel Edough, à une altitude de près de

1. Ces renseignements sont empruntés à un rapport fait en 1(S63 par l'ingénieur Gay et conservé aux archives des Ponts et Chaussées, à Philippeville. Conf. Fournel, Rich. minérale, 1. p. 119,120, 126; Jnn. Cons/., 185.3, p. 28.

2. Fenech, Histoire de Philippeville, p. 25. Féraud, Revue africaine. XX, 1876, p. 463.

3. Temple et Falbe, Relation d'une excursion à Conslanline, p. 5-6. Ravoisié, II, pi. 41. Delamare, pi. l&O, fig. 1-3. Fournel, Richesse minérale de l'Algérie, I, p. 40. Papier, Lettres sur Ilippone, p. 32-3, 224 ; pi. XIV et XV. De Pouydraguin, Rec. de Constantine. XXXII, 1898, p. 161 et pi. à la page 160.

AQUEDUCS. CITERNES. RÉSEUVOIKS 255

1.000 mètres. Dans la montagne, on rencontre quelques restes (les murs et des arcades ([ui supportaient la condiute. A 800 mètres environ au nord-nord-ouest des grandes citernes du mamelon Saint-Augustin, auxquelles l'aqueduc aboutissait, des piles, élevées de 3", 50, portent encore une suite de cinq arceaux' : cet ouvrage est construit en mcellons,avec un revêtement en pierres de petit appareil, dont les joints sont disposés obliquement {ojjks reticulatum)\ certaines parties sont en briques. D'après les indications de Ravoisié, le canal (qui n'existe plus anjourd'hui), mesurait 0™,40 de large sur 0",55 environ de haut; les parois, en briques, étaient couronnées par une assise de pierres plates; par-dessus, reposait le couvercle, qui était formé de pierres larges de0",90, taillées extérieurement en dos d'âne.

De l'aqueduc de Thubursicinn Niimid<num (Khamissa), il ne reste plus aujourd'hui qu'un pont de trois arches, jeté sur un ravin escarpé, à 2 kilomètres à l'est de la ville (à gauche de la voie romaine conduisant à Tipasa). Ce pont, encore bien conservé fplanche LXXI), a une largeur de S^'.IO; l'arche centrale, beaucoup plus grande que les deux autres, mesure 5^,35 d'ouverture. Le revêtement est en belles pierres de taille, t.cs régulièrement ajustées; le noyau est en blocage. La conci .ite a disparu.

A Lambèse, la source d'Ain Drinn, située à 600 mètres au sud du Capitole, avait été captée pour servir aux besoins du camp, et plus tard des citadins : elle débite environ 1.200 litres à la minute^. Une conduite, large de 0°',25, haute de 0"40,

1. La ruine a été à moitié détruite lors de rétablissement d'une route, il y a un demi-siècle.

2. Moll, Annuaire de Constantine, 1856-7, p. lo7, 160-101. On y a trouve des restes d'aménagements en troncs d'arbres et en pierres sèches, qui sont

s'en détachait. A 250 mètres environ du Capitole, on voit six grandes arcades en pierres de taille, appartenant à l'aqueduc qui portait l'eau de cette source vers la ville '.

Un aqueduc partait aussi de la source d'Ain Bon Bennana, située à un kilomètre de celle d'Aïn Drinn, et dont le débit est de 1.000 litres à la minute-. La chambre de captage mesurait 2 mètres de long, sur l'",50 de large, et devait être voûtée; le canal avait 0°\20 de large et 0'",25 de haut"^.

La source d'Aïn el Bled, qui nait à un demi-kilomètre à Test

de Tébessa, a un débit de 330 litres k la seconde. Les Romains

amenèrent cette eau à Theveste, en faisant une conduite qui a

été restaurée par les Byzantins, les Arabes et les Français ^.

Elle consiste en une suite d'arcades assez basses, en pierres

de taille, portant un mur d? petit appareil, au sommet du(piel

est creusé le canal. Non loin du front oriental de la citadelle

bj^zantine, elle traverse un ravin sur un pont-^.

postérieurs à l'époque romaine. — Pour le temple de Neptune élevé auprès de la source, voir plus haut, p. 152, n. 1, n- 5.

1. Delamare, Recherches sur Lamhèse, p. 37. Rec. de Constanline, XXIII, 1883-4, p. 203-4. Gagnai, Guide de Lamhèse, p. 60.

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