Telle était l'opinion de Ravoisié
6i LES MONLMEMS ANTIQUES DE L ALGÉRIE
nous, qu'un vide destiné à décharger les parties inférieures : un aménagement semblable existe dans le grand mausolée gréco-punique de Dougga\ Il est donc probable que le caveau se trouve dans le soubassement, qu'il faudrait mettre enliërement à nu pour trouver l'entrée : il n'a été que partiellement dégagé lors des fouilles entreprises au Souma, en 1801, })ar la Société archéologique de Constantine.
Le monument du Khroub se rattache à une longue série de mausolées à étages, construits, depuis le iv^ siècle avant Jésus-Christ jusque sous le Bas Empire, en Asie Mineure, en Syrie, en Sicile, en Gaule, en Afrique. Il ne nous parait pas appartenir à la période romaine : les moulures ont une fermeté d'exécution, une sobriété de profil qui ne se retrouvent plus dans les premiers siècles de notre ère. Les chapiteaux doriques sont d'un style purement grec ; on n'en rencontre jamais de semblables dans les édifices romains de l'Afrique du Nord. L'emploi de la gorge égyptienne, qui avait été adoptée par les Phéniciens, indique une époque où les influences carthaginoises régnaient encore à Cirta.
Ce mélange de motifs puniques et de motifs grecs (probablement d'origine sicilienne 2) donne un grand intérêt au Souma du Khroub, qui mérite de prendre place, dans l'histoire de Tart, à côté du célèbre mausolée de Dougga. L'un et l'autre ont dû être élevés par des architectes nés à Carthage ou instruits à l'école des maîtres carthaginois '^
1. S:ûad\n, Nouvelles Archives (les Missions. II, 1892, p. 479.
2. On sait (jue les Grecs de Sicile firent un usage presque exclusif de l'ordre dorique.
3. On doit cependant remarquer que riiellénisnie pénétra directement à la cour de Cirta et qu'il y eut une colonie de Grecs en ce lieu sous Micipsa. dans
a seconde moitié du iv siècle avant Jésus-Christ (Strabon, XVII, 3, 13 . Peut-