Gagnât, l. c, p. oOo, n
4. L. c, p. i)0:j-54o, avec plans et vues. Ge travail dispense de recourir aux éludes antérieures (voir la bibliographie, p. d16-o19). Il convient pourtant de ciler ici la notice anonyme [elle est de Duthoit], publiée par M. Poulie dans le Recueil (/e Conslanline, XXllI, 1883-1881, p. 183-191.
Le camp de Lambèse, établi sur un terrain s'incliuant légël'ement du sud au nord, a la forme d'un rectangle, aux angles arrondis, exactement oi-ienté {\o\rfig. 22 ' j . Il mesure 500 mètres
FiG. 22. — Cam^) de Lambèse.
de long sur 420 de large. Le rempart ne se distingue plus guère aujourd'hui que par des talus de terre. Il était construit en pierres de taille et offrait, à l'intérieur, de distance
1. Plan emprunté en partie à l'ouvrage cité de Gagnât, p. 521.
en distance, des plates-formes destinées probablement à porter des machines do guerre ' .
Il y avait une porte sur chaque face, mais celles de Test et
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FiG. 23. — Bâtiment central du camp de Lambèse.
du nord sont seules distinctes aujourd'hui. La porte orientale, flanquée de deux tours à pans coupés, consistait en un passage
■1. Ce sont sans doute ces plates-formes qui sont appelées lurres sur deux inscriptions de l'époque de Marc-Aurèle {Corpus, 2oi6 et 25'i:8), à moins qu'il ne s'agisse de tours défendant les portes.
double, couvert : l'une des baies était réservée aux piétons,, l'autre servait aux voitures. Les tours qui défendaient la porte septentrionale sont de forme semi-circulaire; là aussi, l'on retrouve doux baies.
Une partie du camp est malheureusement couverte par un vaste pénitentier et par le jardin qui en dépend. Les entrepreneurs qui ont construit cet établissement et le village voisin ne se sont pas fait faute de puiser dans la riche carrière de pierres antiques qui s'offrait à eux. Il s'est commis à Lambèse des actes de vandalisme irréparables. Il appartient au Service des monuments historiques de veiller sur ce qui reste et de déblayer complètement la partie du camp située en dehors de la maison de détention. On reconstituera ainsi un ensemble unique au monde, et on tirera sans doute du sol des documents très précieux pour l'étude des institutions militaires romaines.
Deux voies dallées, se coupant à angle droit, ont leurs points de départ aux quatre portes. A leur intersection (à 143 mètres de la porte du nord), se trouve le quartier général du chef de la légion. En règle, cette partie des camps romains comportait une grande cour, autour de laquelle était disposées différentes salles : appartements du commandant, bureaux, chapelles consacrées au culte, etc.
A Lambèse, une ruine imposante se dresse au croisement des deux chaussées'. Nous en donnons le plan [p.<j. 23) et deux vues, l'une prise du nord (pi. VIII), l'autre du sud-est (pi. IX). Depuis Renier, on l'appelle le praetorium. En
1. Le praelorhim a été souvent reproduit. Il suffira de citer ici les quatre vues publiées dans le livre de ÎNI. Gagnai (planches à la page ."J^li) et celle qui se trouve dans VUisluire des Romains de Duruy, V, p. 23.
réalité, cet édifice était seulement une des parties, — la partie antérieure', — de l'ensemble des bâtiments réservés au commandement : quant au mot praetorium, il désignait, chez les Romains, le logement particulier du général.
C'est une construction rectangulaire, de 30°, 60 de long sur 23'", 30 de large, percée do plusieurs portes cintrées, de dimensions diverses. Deux séries superposées de pilastres décorent les parois extérieures ; ils étaient précédés de colonnes d'ordre corinthien-, qui portaient un entablement se décrochant de l'entablement des murs : cette ordonnance rappelle celle d'un certain nombre d'arcs de triomphe africains. Les clefs des arcades présentent pour la plupart de mauvaises sculptures : une Victoire, un Génie coiffé d'une couronne tourelée et tenant une corne d'abondance et une patère , une main tenant une couronne, un aigle, une enseigne avec le nom de la légion III Aiif/usta,eU'. L'entrée principale du nord est flanquée de deux niches arrondies, qui abritaient sans doute des statues. Au dedans, la vaste salle était probablement divisée en trois nefs par des supports dont on a retrouvé les soubassements. Il est à croire que cet espace intérieur était recouvert d'une toiture, bien que les fouilles n'aient pas éclairci la question avec certitude. Une inscription-^ dont quelques bribes subsistent sur la face nord, date probablement du règne de l'empereur Gallien et de l'année 268. Elle devait commémorer la construction ou la restauration de l'édifice. On a supposé avec quelque vraisemblance que les travaux exécutés en 238 eurent pour objet de réparer les dommages
L Plus exactement, l'édifice central de la partie antérieure.