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3. Dans la petite cité de CeUiane (El Meraba, au sud-ouest de Philippeville), le forum a été en partie fouillé par Masqueray : c'était une place rectangulaire dallée, orientée du nord au sud, suivant l'axe de la ville; elle était ornée de statues et bordée au midi par une colonnade d'une vingtaine de mètres de longueur {liull. de correspondance africaine, 1, 1882-3, p. il et 74). — A Porlus Mar/nus (Saint-Leu), on a déblayé, il y a quelques années, un grand espace recouvert d'un beau dallage ; la même fouille a mis au jour des bases de statues de Caracalla et de Géta, ainsi que des débris de colonnesà chapiteaux composites : Demaeght, Bull. d'Oran, 1893, p. 119-120, 389-390). Peut-être le forum était-il en ce lieu.
LES PI.ACKS PLIîI.igi ES ET LEURS ANNEXES 129
iiicMil ces deux, aires le (leul)lc l'ui'uiu, dési^natiuii (pii n'a aucune vraisemblance '.
ATél)essa2, on place le forum dans la par(i(> occidciilale de la ville moderne •' ; il j)arait (pi'il eu suhsislait (iu(d(jues ruines dans les pi-emiers temps de roccupalion tVancaisc '.
Delamare a étudié ;i Sigus^ (au sud-est de Couslaniine) les
1. H csl probable, cependant, (|ne le foriiin se trouvait lont prés de b'i. (lonf. Corpus, 18;i-i8, inscription déconverte en cet endroit : elle se rapporte à la curie, qui devait r-tre voisine du forum. — Onaaussi recueilli, dans ces parages, une inscription mentionnant un fontin Iransi/orinm, cpii était évidemment distinct du forum proprement dit {Corpus, 2722).
2. Le forum de cette ville est mentionné dans les Actes de saint .Maximilicn de Thevesle Iluinai't, Acia sincera, édit. de Paris, 168it, p. 'M'.)) et dans une inscription du temps de Garacalla {Corpus, Vlli, 18,j8) : « leirasii/lis tluobiis
cuin slaluis { e]t Minervae rjuae in foro fieri prae[cepU] ».\\ s'agit ici de deux
édicules, formés de quatre colonnes et abritant une statue : conf. Gsell et Bertrand, Musée de l'kllippeville, p. 18.
3. Renier, Inscriplions romaines de VAlgérie, n"' ;îi)77 et 3(i78. MoU, Annuaire de Cunslanline, 18.'j8-!l, p. 30, 40 et pi. H. Cirol, lier, de Cansl., X, 186G, p 21;i. Héron de Viilefosse, le Tour du Monde, i^i^O, il, p. 18.Scriziat, lUill. de l'Académie dHij>pone, X.MÎ, 1S86, p. 30.
4. La position exacte du forum de Cirta est inconnue. Il est iiipiilionnc dans deux inscriptions : 1° Cor/tus. 70'flJ (texte datantde lGO-162) : «viam com[mpanti]bus Jncomni[od(im, ))ar]lim adslrucl[is crepijdinibus aequa[lisque] sluluin quae H{er lolius'.'] f'ori anf/usl[a/)iint]. .» — 2° Corpus, 7013 (inscrii)tiou du iv siècle) : «staluam aeneum in fora Conslanfinae ôivitalis... »
Il est question du forum de Madaure dans une lettre du rhéteur Maxime à saint .Vufjiislin, et dans la réponse de celui-ci (lettres XVI et XVII): <tNoslrue itrhis f'onnn saluUtriiun iiuminitin frcquentia possessum nos cernimus et ]irobamus. » - « ... {ul) in islo f'oro rccordarer esse in duoôussimulacris unu)n Marient nudum, allernm armaUrm, quorum daemoniuminfeslissinnini civibus porreclls tribus dif/ilis conlra collocala statua humana comprimeret. »
A (Jueluia (Co?7;u.s-, ^2!)',!:= 17i7iJ): «slaluam Septuni in foro noro-». — A Kef Bezioun (/a//a/'rt)i dans la région de fiuelma {Corpus, ;;178 =: 17268, iMscrijjtion
mutilée du iv--- siècle) : «... opus fo[ri] porticn et rostris». - A IMiilippe-
villc {Corpn>i, im\, inscription du i" si-îcle) : « ... tribunal et rosira s[ua)p{ecunia) f\acienda) c[uravil)y>. — A Aumale {Corpus, O0G7) :« ... [rosi:']ra cum coUonnisomnilms... [qua]dralario opère... » —A IIencliirGouçat(('or;j!<.-?, 10701, inscription de basse époque) : «Curia ordinis ». — A Bougie {Corpus, 893.">) : «... slotuas équestres propairui sui velustule conlabsas e foro ad ornandum templum... Iranstulerunt ».
n. Exploration, pi. 30, fi g. 2 et 3; pi. ol, (ig. 1. Il existe également un plan et une vue de celte ruine, dessinés par Guillet (papiers de L. Renier, aujourd'hui
restes, niijourd'hui presque entièrement effarés, d'un tMlifice à trois nefs, qui s'élevait peut-être sur la place puljlique (voir le plan, fuj . 37, d'après Delamare). Nous sommes porté à croire que c'était une Ijasiiique civile, datant, à en juger par le mode de construction, de l'époque du Haut-
Fii;. 37. — Basilique de Sigus.
Empire. D'après les relevés de Delamare, elle avait la forme d'un rectangle, de 27"°, 75 de long sur 19", GO de large. Les vaisseaux étaient séparés par deux files de piliers, surmontés
au Qiusée d'Alger). Ces deux documents confirment l'exactitude des relevés de Delamare.
LES PLACES PUBLIQUES ET LEURS ANNEXES
sans doute d'arcades : on en comptait dix de chaque côté'. Los huitièmes piliers (à 5 mètres du mur postérieur) étaient beaucoup plus puissants que les autres et portaient les départs de trois arceaux, jetés transversalement au-dessus des trois nefs; le fond de la basilique constituait ainsi un espace nettement délimité et sans doute réservé. Cette vaste salle était certaine-
FiG. .38. — Basilique (?) de Tipasa.
ment couverte en charpente et en tuiles, avec surhaussemeiit du vaisseau central". Dalamare indique par devant trois portes, qui donnaient sur une longue galerie, établie contre la façade.
1. 11 y avait, enoutre.unpilastre adossé au mur, à rextrémité de chaque file.
2. 11 n'est pas douteux que l'arceau qui traversait la nef ne s'élevât plus haut que les deux arceaux traversant les bas côtés, car il est beaucoup plus laro-e.
132 LES MONLMEMS AMIQLES DE L ALGERIE
Il V avait, en outre, des entrées latérales et deux petits passages au fond de chacun des bas côtés'.
Un bâtiment non fouillé de Tipasa poiuTait bien être aussi une basilique judiciaire'^ (le plan en est donné fUj. 3S). Construit en belles pierres de taille, il mesure près de 17 mètres de long, sur 10™,'/ 5 de large. La façade était ornée de colonnes engagées et précédée probablement d'une galerie. A Tintérieur, deux files de piliers séparent trois vaisseaux. La nef centrale, large de 5°', 70, devait être surmontée d'une simj)le toiture. Les deux bas côtés, qui n'ont que l'",80 de largeur, paraissent au contraire avoir été couverts par des suites de voûtes d'arêtes. Du côté de la nef, les piliers sont précédés de colonnes engagées^.
1. On a trouvé dans celte ruine des bases de statues dédiées par la lespulAica Siffuitanorum au Génie de la colonie de Cirta, à l'empereur Hadrien et à sa femme Sabine [Corpus, .56'J3, .j(i'J6, 5697). Mais nous ignorons si elles étaient à leur place primitive.
2. Gsell, Mélunçies de l École de Rome. XIV, 1894, p. 333-337, fig. (\,1.
3. Au-dessus de ces colonnes, il y en avait sans doute d'autres, engagées dans le mur qui surmontait les arcades jetées entre les piliers. Les colonnes d'en haut devaient recevoir les extrémités des entraits de la toiture.