Corpus, VIII, 839j
150 LES MONLMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉIUE
niches superposées, qui enfermaient une sorte de frise comprenant deux assises de pierres'. La statue du Génie décorait évidemment l'intérieur de la salle, quoiqu'on n'en ait pas même retrouvé le piédestal. Par contre, on a découvert, près de Tescalier, les bases de deux statues, qui devaient être placées, soit dans la cella, soit dans la cour. L'une de ces statues représentait le donateur, l'autre sa femme.
Il convient de remarquer que l'un des côtés longs de l'enclos est en partie formé par unnuu- qui semble être plus ancieu que le reste du monument: il ajjpartenait peut-être à la maison de ce Julius Félix, qui aura jugé à propos de l'utiliser dans la construction du sanctuaire^.
A Ksar Mahidjilja, bourg romaiu distant d'une vingtaine de kilomètres de Constantine au sud-est, se dresse aussi un petit temple, encore assez bien conservé'^ (planche XXVI). Ravoisié, qui l'a étudié, l'a pris à tort pour un poste militaire. Il repose sur un soubassement à légère saillie, qui, par derrière, comprend au moins cinq assises ^. Le pronaos mesurait environ 3™, 50 de profondeur; les colonnes qui devaientl'ornerontdisparu. La cella, dont la porte regarde l'orient, a 5™, 75 de long sur5",15 de large. Les parois, à peu près intactes, atteignent une hauteur de 7 mètres; elles sont surmontées d'une corniche, dont le dessus est creusé d'entailles, oh s'inséraient les fermes de la ti)iture. Les frontons manquent. Plus tard, très probablement à l'époque bvzan-
1. La corniche supérieure n'est plus en place ; on en a retrouvé des fragments à terre.
2. L'inscription dit pourtant : «deposila ad solum domo sua re/er/ ».
3. Ravoisié, I, p. 77; pi. 6.j, 66. Delamare, pi. 162. Cherbonneau, Annuaire de Conslantine, 1854-5, p. 153. Playfair, Travels, p. 43-44.
4. Le bas est enterré. Ce temple est construit sur une pente s'inclinant de l'est à l'ouest : il est donc probable que le soubassement est moins élevé par devant (à l'est) que par derrière.
^pBS*
TEMPLES loi
tiiio, ce sanctuaire fut encastré dans une enceinte défensive et l'on en remania la partie antérieure. Les Araljes l'appellent le Château Enchanté (Ksar Mahidjiba) et justifient ce nom i)ai' diverses légendes, qu'il est superllu de rapporter ici.
Dans la région de Tébessa, au lieu dit Gaga ou Henchir Harnacha, près du village de Youks, on trouve un édifice rectangulaire', qui pourrait bien être un petit temple. Il faut dire pourtant que cela n'est pas certain et que nous avons le droit (tenons demander s'il ne s'agit pas d'un grand mausolée"^. Le monument a 8 mètres de large, sur 12°, 95 de long. Toutes ses faces sont décorées de pilastres corinthiens, au nombre de douze, dont quatre à double front, aux angles. Ils reposent sur un soubassement, haut d'un mètre au moins. Dans le feuillage do chaque chapiteau, est figuré un vase ii deux anses, d'oii s'échappent soit des ceps avec deux grappes de raisin^, soit des épis, entremêlés parfois de pavots. Les pilastres, avec leurs chapiteaux et leurs bases, mesurent S"", 80 de hauteur. Audessus règne un entablement, large de l'",12 : il comprend une architrave dont le bandeau offre des moulures formant cadre, une frise lisse, enfin une corniche. Par devant et par derrière, il y avait sans d )uto des frontons, qui ne sont plus en place. L'entrée, large de 2°, 20, regarde le sud-est; elle était encadrée par des montants et un linteau moulurés. Cet édifice est d'un joli aspect, quoique la construction soit assez médiocre et ne semble pas indiquer une date antérieure à la seconde moitié du III" siècle. Il n'a pas été déblayé; on recueillerait probablement, dans les décombres qui l'emljarrassent, tous les éléments nécessaires à une restauration complète.