DeBosredon, Rec. de Consl., XVIII, 1876-7. p
2. Comme le pense Masqneray, Revue africaine, XXlll, 18*9, p. 80.
3. Ce motif n'indique nullement que l'eilifice soit chrétien.
d52 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE
Nous terminerons ici notre revue des temples romains de l'Algérie. On voit que certains d'entre eux présentent des dispositions qui ne sont point banales : cette remarque s'applique en particulier au temple de Tébessa, à celui de Tigzirt, au sanctuaire d'Esculape et au Capitole de Lambèse.
Il suffira de mentionner en note les temples qui ont été détruits depuis l'occupation française, ou qui n'offrent que des vestiges trop peu importants pour pouvoir être étudiés avec fruit ^
1. 1° Announa. Grand temple, dans la partie sud-est de la ville. Il n'enreste que le soubassement, long de 23 mètres, large de 15"", 50 ; un certain nombre de caveaux y sont ménagés. Ces substructions ont été remaniées à une basse époque. On trouve au même endroit quelques fragments architecturaux, qui ont appartenu au sanctuaire : bases corinthiennes de l'",.30 de côté; tambours de colonnes, de O^jSO à 0",90 de diamètre; deux chapiteaux composites de bon style, hauts de 0"',98. Ravoisié, 11, p. l'-i, pi. 47. Poulie, Rec. de Constantine, XXVI, 1890-1. p. 346-8. Bernelle, ib'uL, XXVII, 1892, p. 108-110.
2° Cherchel. Édifice d'ordre corinthien, qui était peut-être un temple, en arrière de l'esplanade. Il en subsiste de beaux débris en marbre: chapiteaux, morceaux d'entablement, masques colossaux, etc. Ce monument paraît avoir été construit aux environs de l'ère chrétienne, peut-être sous Juba II. Revue africaine, III, 18o8-9, p. loo-7. De Veraeuil et Bugnot, ibicL, XIV, 1870, p. 139. Gauckler, Musée de Cherchel, p. 42, 52. Gsell, Guide archéologique des environs d'Alger, p. .'52.
3° Cherchel. Soubassement d'un grand temple périptère, dans le quartier occidental de Caesarea. Les colonnes, en pierre, étaient formées de plusieurs •tambours.
4° Conslantine. A la Casba, emplacement du Capitole romain, il y avait deux temples périptères, dont le bas seul subsistait en 1837. L'un mesurait 34™,o0 de large sur 43 de long, et il devait atteindre une hauteur de près de 34 mètres. L'autre avait 20'°. 90 de large et 33'", 90 de long. Ravoisié, I, p. 29-30, 31 ; pi. 6 et 8. Delamare, pi. 119. Cagnat, Timgad, p. 162. Le plan de ces deux temples se trouve reproduit sur notre figure 80.
5° Lambèse. A la source d'Aïn Drinn, il ne subsiste presque plus rien du temple de Neptune, édifice dont Renier et Delamare avaient vu des débris importants. Wilmanns, Bull, des antiquités africaines, 1, 1882-1883, p. 192-193. Recueil de Constantine, XXIII, 1883-4, p. 205. Cagnat, Guide de Lainbèse, p. 60-61. Cor/JHs, VI II, p. 315, n" 26o2-20o6. Voiren particulier les numéros 2654 et 2656, qui donnent des détails sur l'architecture du sanctuaire : 1° (2654, inscription de l'année 174) « [por]ticus et a7ï[tas] et propyla cum v[estibulo]... »
— 2° (2656, fin du iv° siècle) «aedem fontis cum porti[cii] ad faciem pristi-
nam orn[alam]... »
6° Mdaourouch. A 300 mètres environ au sud-ouest du fort byzantin,
M.Toussaint a dégagé quelques vestiges d'un temple, qu'il serait intéressant de fouiller : restes d'un autel, qui avait l'°,6() de largeur, fragments de corniches, chapiteau de pilastre corinthien, statue de femme sans tête ni bras (Gérés?), deux bas-reliefs représentantdescanéphores; ces figures sontdesplus barbares.
7° Philipjteville. Sur l'emplacement qu'occupe le théâtre moderne, on a trouvé les fondations d'un vaste temple. Elles renferment une série de caveaux voûtés, dont la disposition semble indiciuer une cella à trois compartiments : il est donc possible que ce sanctuaire ait été un Capitole. Ravoisié, H, pi. i9. Delamare, pi. 3'i-3o (vers le milieu, mais à gauche). Renier, Archives des Missions, III, 1834, p. 318 (qui croit qu'il y avait là une basilique). Fenech, Histoire de l'hilippeoille, p. 28-29 (qui y voit des thermes). Vars, liusicade el Stora, p. .jO et 90.
8° Port Gueydon (ou Àzeffoun). En ce lieu. Vigneral {Ruines romaines de la Kabijlie du Djurdjura. p. 70 et pi. XII) a cru reconnaître un temple dans un édifice orné de colonnes et pavé en mosaïque.
9° Sélif. Un soubassement et quelques bases de colonnes, qui avaient peut-être fait partie d'un temple de Diane, ont été détruits depuis de longues années. Ravoisié, I, p. 71, pi. 58. Duboys, au Corpws, p. 972 (addition au n" 8430).
10° Soitr Djoiiab. Dans le quartier oriental s'élevait un édifice important, qu'ornaient des colonnes monolithes de 4 mètres de hauteur. Il a été remanié aune époque tardive. Tout près de là, gissent les débris de deux statues; l'une représentait Jupiter assis, tenant le foudre; l'autre. Minerve. Il y avait probablement en cet endroit un Gapilole. Ghabassière, lievtie africaine, XIII^ 1869, p. 436 et pi. IV.
11° Tébessa. Dans la partie sud de la ville actuelle, on voit une muraille, d'excellente construction, qui se dresse à 4™, 30 au-dessus du sol actuel et se poursuit pendant une soixantaine de mètres. Elle est couronnée d'une corniche. Est-ce le reste d'un grand temple, comme on l'a supposé? 11 faudrait, en ce cas, y voir la clôture de la cour du sanctuaire. MoU, Annuaire de Conslantine, 1838-9, p. 78 (il croit que c'était un palais). Héron de Villefosse, le Tour du Monde, 1880, II, p. 18.
12° Zana. Temple, au sud-est de la ville. On a retrouvé quelques fragments d'architecture appartenant au sanctuaire (fleurons, buste de Diane entre des trigh'phes). La porte qui donnait accès à la cour est encore debout ; nous en parlerons au chapitre suivant. L'inscription de l'attique, aujourd'hui fort mutilée, mentionne des travaux faits dans le temple : ... « pronaum, porticu[7n, ciim columni]s el epislilis...» (C. /. L., 4583 = 18647). Voir Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 340.
Pour des temples de Tipasa et de Khamissa, voir plus haut, p. 55, n° 1, et p. 61. — Je laisse de côté des ruines que divers auteurs ont qualifiées de temples, sans motif plausible. 11 me paraît également inutile d'énumérer les sanctuaires antiques de l'Algériequi ne nous sont connus i|ue par des inscriptions; je ne citerai ici que quelques textes donnant des détails intéressants au point de vue de l'architecture :
l'' Au maie. Temple de Sa urne. Co;'/3i/s, VIII, 9323 : « Satumo... lemplum opère signin[o]...»
2' Cherchel. Temple d'Esculape. Corpus, 9320 (inscription mutilée) :
15i LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGÉRIE
« ... [pro]nao, lacu, arb{oribus), )narmorib[us), slatuiset omni oin[atii]... cutn colutnnis, etc. »
3° Kherbel Guidra (Serlei). Temple de Saturne, restauré en 2i7. Corpus, 8826: «... lempliim simiil cum area et aras restituit, elc.»
4° Lambèse. Temp[e de Minerve. Corpus, 2047 : «Minervoe Aujusiae lenipltnn el sirjnum niunini dus cum base... reslituerutif, elc.»
5" Lambèse. Temple d'Isis et de Sérapis. Corpus, 2630 = 18100 (inscription de l'année 1.58) : «[L. M]aluccius Fuscimis,lefj{atus) Auf/[usli) [pr{o)p]r{aelore), aedem .., ab anlecessoribus [suis ijjislilutam, exallalam el adieclo pronao per le(j[lonem) m Auq[ustam), [columni]s sua pecunia positis, exornavil. »
6° Philippeville. Temple de Bellone. Corpus, 7037 : « lemplum cum omnibus ornamenlisel picfura... renovavil. »
7" Tigzirf. Temple de Saturne. Couiptes Rendus de l'Académie des Inscriplions, 1894, p. 264 : « Pro ornamento templi Dei Invicli Fruçjiferi alsuplendam [plorlicu'^m) novam... »
8° Zana. Gsell, Recherches archéol. en Alr/érie, p. 19i, n° 203 : «... [p] ronaum cum columnis [pic]fura parietum et porlicu... »