Ibid., ISoo
ARCS DE TRIOMPHE. PORTES MOiNUMENTALES 183
canaux, des modillons, des oves, des denticiiles et des rais de cœur. Le bord supérieur de cette corniche est à 10"', 93 du sol.
A l'intérieur de l'arc, le plafond était constitué par de longues dalles, dont les extrémités s'engageaient dans les murs des façades, et décoré de caissons ; on n'en voit plus que quelques vestiges.
Il n'y a pas d'attique, mais une construction qui parait avoir été très importante surmontait le massif percé de quatre baies que nous venons de décrire. 11 n'en reste qu'une aile, au-dessus de la face méridionale. C'est un édicule couvert, se composant d'une niche semi-circulaire, qu'encadrent deux pilastres, et do deux colonnes corinthiennes, placées en avant de la niche. Un petit entablement le surmonte, et on peut croire qu'il était coiffé d'un fronton. A droite et à gauche, la niche était, sendjle-t-il, flanquée d'une baie, dont un des montants subsiste. Trois édicules identiques se dressaient sans doute sur les autres faces. Ces quatre ailes, disposées en croix, devaient s'adosser à une construction centrale, qui a disparu et qui était proi)ab]emeni une coupole. A la partie supérieure de chacun des angles que forment par leur rencontre les murs des façades, était établie de biais une arcade en pierres de taille, qui limitait une niche en blocage, ressemblant à un segment d'entonnoir. Ces trompes servaient à porter la coupole. L"arc <le Tébessa est donc un des exemples les plus anciens d'une coupole sur plan carré'. En effet, on ne peut pas athnettre que le faite de cet arc soit d'une époque postérieure au reste du
1. L'arc à quatre faces de Tripoli, construit sous Marc-Aurèle, une quarantaine d'années avant celui de Tébessa, est aussi surmonté d'une coupole. 11 en est de même de Tare de Lattaquieh, en Syrie: il paraît dater du temps de Septime-Sévère. iMais, dans ces arcs, l'agencement de la coupole n'est pas le même qu'à Tébessa.
nioiiuiiieiit : rédicule conservé est tout a fait de même style que les façades.
Deux des pieds-droits portent une longue inscription sur un de leurs cot(''S intérieurs '. On y lit certaines dispositions du testament de C. Cornélius Egrilianus, préfet de la quatorzième légion. Ce personnage, sans doute originaire de Tlieveste, institna comme héritiers son frère et sa sœur, mais en leur imposant l'obligation d'élever nn arc : celui que nous venons d'étudier. Une somme de 250.000 sesterces (67.000 francs environ) était affectée ;i l'exécution de ce travail et, en outre, de deux édicules à quatre colonnes qui devaient orner le forum et a))riter des statues de divinités ''. Le testateur ordonnait qu'une somme égale fût versée à la caisse municipale, j cnr ( ffiir des jeux publics dans les thermes, soixante-quatre fois par an; enfin, le Capitole de Tlieveste devait recevoir un certain nondjre de plats et de vases en or et en argent.
Une inscription mutilée -^ trouvée lors de la démolition d'un mur de l)asse époque qui ol)struait une des l)aies, mentionne la réfection, en l'année 361, de deux façades d'un monument : « frontesduas a solo co/is/[rucji(/as ciiracit, qi/ae]i/i fini fis ru(h-
1. Corpus, VIII, n- 1838, 1859; acldil. à la page 939; n° 16504.
2. «Arcttin cum staluis [IIII fieri iussit], lelraslylis duobus cinn staluis [ e]t
Minervae.cjuae in fnro fiei'i prae[cej)if, adiectis]. » Les statues inentionnéesaprès l'arc paraissent bien se rapporter à ce monument. Elles ornaient sans doute les édicules de la partie supérieure. La petite lacune après arcum cum staluis est regrettable et ne peut pas être suppléée avec certitude. On aurait trouvé 4 dans le haut de l'arc de triomphe » un torse en marbre blanc, qui est aujourd'hui au musée de Tébessa {Rec. de Const., VII, 1863, p. xii); d'après l'arrangement du manteau, ce pourrait être un Jupiter, un Esculape, un Génie. Mais le lieu de la découverte ne semble pas avoir été indiqué avec exactitude. Suivant un autre renseignement, qui parait plus digne de foi (Girol, Rec. de Consl., X, 18()6, p. 181), cette statue aurait été recueillie au pied de l'arc, comme aussi im torse de Virlas, conservé au musée. Les deux tétrastyles sont des constructions distinctes de l'arc : conf. plus haut, p. 1:^9, n. 2.