‹ Les monuments antiques de l'AlgérieChapitre 70 sur 117 · Corpus, 1860= I60O · texte numérisé non relu

Corpus, 1860= I60O

AUCS DE TIUOMI'HE. POIUES MONUMENTALES 185

rihils ohpii'l ar cran']. » Peut-être, coimiic oji Ta supposé, les mots froutrs <liias dôsigiicnt-ils deux façades de l'arc de triomphe. Mais, dans ce cas, les expressions dont s'est servi le rédacteur de la dédicace, seraient singulièrement emphatiques, car rien n'indi(|ne que, depuis l'épofjue de Caracalla, l'arc ait été rohjot d'une restauration imj)()rtante : le style de Tornementation est exactement le même sur les quatre faces.

Sous la domination byzantine, cet arc devint une des portes de la grande enceinte que nous aurons à décrire plus tard '.

I. Pour finir ce chapitre, nous mentionnerons quelques arcs romains d'Algérie qui ne sont connus que par des inscriptions :

1" Conslanline. Arc qui se dressait probablement au Cnpitole: Corpus, 7105.

2° et 3° Ksav el Ahmar (région d'Aïn Beida). Xtc construit en l'année 30:> : Çorjjiis, 4164 = 18698. — Arc construit sous Valent! nien et Valons : Corpus. TiCÛ — 18701.

4' Lamb'ese. Fragment d'inscription trouvé «entre les arcs et le temple d'Esculape » {Corpus. 27-2:] ^ 18120) : «... [ad] ornandam plaleam arciis...'')

.■;■' et (i° Mdaourouch. Mention d'un arc et d'une statue : Corpus, ifJlD. — Mention d'un arc : Ibid., iGSi.

7° Pont du Cliclif {Quizn). Inscription de l'année 128, mentionnant les arcus portaru[m] {Ibid., !I697 = Bull. Comité, 1894, p. 3.'39). Il s'agit peutêtre de simples arceaux, surmontant des portes de ville.

8° Tiingad, Pierre employée dans le fort byzantin {Corpus, 2372): nslaluam Martis ad arcuin ptnilheum...»

En Algérie, on trouve des restes de théâtres antiques à Philippe ville, à Djemila, à Guelma, à Khamissa, à Timgad, à Tipasa de Maure tanie.

Le mieux conservé est celui de Djemila', oii le Service des monuments historiques a commencé des fouilles, qu'il conviendrait de poursuivre (plan, fig. 61 ; vue, planche XLIV). Selon l'usage, il est établi sur une pente, qui a été aménagée pour l'établissement des gradins. L'hémicvcle regarde le nord-est"'.

Ce théâtre mesure 62 mètres dans sa plus grande largeur ; i ne parait pas avoir pu contenir plus de trois mille cinq cents spectateurs. Ravoisié, qui attribuait à l'orchestre des proportions très vastes, a supposé que cet espace servait à l'occasion d'arène pour des combats, de gladiateurs : hypothèse que rien ne confirme. Au-dessus de l'orchestre, une première zone

1. Ravoisié, I, p. 60-62, pi. 47-49. Delamare, pi. 102; pi. 104, fig. 1. Boeswillwald, Gagnât et Ballu, Timgad, p. 106, fig. 43.

2. La plupart des autres théâtres sont également tournés vers le nord. Grâce à celte orienlalion, les spectateurs étaient moins exposés aux rayons

du soleît.

de gradins, en pierres de taille, comprend neuf rangs ; un palier la st'pare de la zone supérieure, qui en compte quinze ; ces gradins mesurent 0", 40 déliant et 0°\()0 de large. La plupart des théâtres romains présentent une galerie à leur partie su})érieure ; il n'en était pas ainsi à Djemila. Le mur de clôture n"a que 2 mètres de hauteur; il est décoré d'une base moulurée et d'une corniche. Sept escaliers étroits vont de l'orchestre à ce mur, qui est percé de petites baies d'accès. Delamare et Ravoisié ont admis, à tort croyons-nous, l'existence d'un couloir circulaire autour du monument, à l'extérieui- : nous n'en avons vu aucune trace. Deux autres entrées s'ouvraient à droite et à gauche de l'orchestre, sous des passages voûtés. La murette, haute de 1"',28, qui limite par devant l'estrade où jouaient les acteurs, offre une série de niches, les unes arrondies, les autres carrées; elle est décorée de pilastres corinthiens, à fût cannelé, précédés de colonnettes. Deux petits escaliers sont étal)lis vers les extrémités et mettent en communication l'estrade et l'orchestre (voir planche XLV i.

La scène est large de Si", 30 et profonde de 7", 15. Le mur de fond se dresse encore à une hauteur d'environ 6 mètres. Il est bordé d'une sorte de socle, élevé de £",20, qui portait des cclonnes corinthiennes, placées devant des pilastres •. Ce nuir présente trois grands renfoncements. Celui du milieu, dont l'ouverture mesure 8", 45, est de forme semi-circulaire : disposition assez fréquente, qui était d'un bel effet décoratif et avait, semble-t-il, des avantages pour l'acoustique. Au fond de cet hémicycle s'ouvre une baie, qu'encadrent deux pilastres, précédés jadis de colonnes, et dont le seuil domine de 2", 20 le niveau de la scène ; un escalier y conduit. Les deux autres 1. Ces colonnes ne sont plus en place. On en voit des débris à terre.

THÉÂTRES. AMPIIITUÉATHES. CIRQUES 189

renfonceinoiits sont rectangulaires et })lus étroits (5"', 90 et 5"°, 80 de larg-eur) ; les baies qui s\v trouvent soni, comnio la baie principale, accessibles par des degrés et encadrées par deux pilastres. Les espaces fbuKpiant ces renlonccuients forment des salles. Il y a aussi plusioiu's j)i('ces, non i'ouilb'es ou mal conservées, à droite et à gauche de l'estrade.

En arrière, s'étend un long soubassement, parallèle au mur de la scène. Il est couronné d'une corniche. Peut-être portait-il une colonnade, servant de façade au théâtre et bordant une galerie dont la largeur aurait été de 4"", 10. Des chand)res (sans doute des magasins) étaient ménagées par-dessous.

Dans l'orchestre, au })ied de la scène, on voit les restes d'un égout, destiné à recueillir les eaux de pluie ; il se poursuit sous le sol d'un des passages voûtés ^.

Aucune inscription ne permet actuellement de dater ce théâtre d'une manière précise. Nous ne pensons pas qu'il appartienne ;i luie époque postérieure à la dynastie des Antonins. La construction est bonne ; les moulures et les chapiteaux sont exécutés d'une manière fort correcte. Un de ces chapiteaux est décoré d'une tête qui parait représenter l'Océan et qui est accompagnée de la signature du sculpteur : Ex of{f)i{cina) Asca[nuY.

A Kliamissa, le théâtre se trouve au bas de la croupe qui portait la ville de Thubursicuur''; il est orienté au nord. On y a fait jadis quelques fouilles sans importance; le Service des monuments historiques l'a déblayé partiellement en 1900

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