Corpus inscripf. latin., VUI
3. Il faut ajouter que, tout près de là, gît un linteau portant une inscription latine qui parait être une dédicace à la déesse Virlus {Corpus, 5872 et p. 1826).
MOINL'.AJKNTS INDIGENES
32 LES MOMAiKNTS ANTIOLTS DK L ALGÉRIE
CuikI <riinc dos chambres, on s'est inspiré de l'exemple des consIriK-teurs de dolmens; peut-être même s'est-on contenté d'emprunter une table h quelque sépulture voisine. La face supérieure j)iésen<e des rigoles analogues à celles que nous avons signalées tout à riieure.
Nous mentionnerons encore ici la nécropole niégalitlii{iue dn Klicnog (à 24 kilomèires au nord-ouest de Consiantine) '. Elle est située ;i l'ouest d'une ville numide (puis romaine), qui s'app(d;ut Tiddi. Pou de tombeaux sont demeurés en bon état, ("e sont, pour la })lnpart, des dolmens, aux pai'ois formées do (piatro l)l()cs ou do murs à assises (voir planche II;. Les pierres ont été souvent é(puirries sur leur face interne. L'une d'e.itre elles porte quebiues caractères qui ressemblent ;i dos lettres n(''()pmHques"-. Certains de ces dolmens atteignent d'assez vastes dimonsiims : I^.IX), 2 métrés, 2'",05, 2"', 20 i\o long, sur l'",2n, l"!',!,"), (:r,88, tr.Oo de large. Ils sont surmouh's d'une ou })lusieurs tables. Les enceintes. \x assises, sont rondos ou, }»lus souvent, rectangulaires. J'ai remaripié dans co cinudière doux petits dolmens accolés, avec une pai'oi conmmno'''. — Il y a. au mémo lieu, quobpies tours rondes (ou choU(d;et 1, hautes do 2"". 50 à 3 mètres, larges de G à 7 mètres, il assises assez régulières.
Les objets trouvés dans les dolmens de l'Algérie ne permettent pas de les dater aviM- imo entière certitude. On peut, encffot, sup};oser que plus d'une tombe a reçu de nouveaux
\. F(''rnu<l, 7W. de Consl., VIII, 180t. p. ll-j-114 et planche 28. lîninon, i'jid.. XVIII, 1876 1817. p. 32S-:i:30 et plan.lie XII. Menier. Iltdl. Couùfé. 188:;, p. :;;.:!.
•1. Itrc. (le Const., XVII I, pl. XII.
:5. Briinon (/. c. p. 32'J) a noté cgalciiient plusieurs sépultures doubles ou triples.
MONLMKNTS INDIGENES 33
Ilotes, bien long-temps après avoir été édifiée. L'iiypothèse est, il est vrai, difficile à souteidr i)our les dolmens dans lesquels le déplacemont d'une des })arois aurait amené la chute de la table; elle est, au contraire, plausible, (piand un des quatre C(Jtés a j)U êiro démoli, })uis rel)àti sans peine, comme dans diverses sépultures de Sigus et du Klieneg.
Mais il est des dolmens qui portent, pour ainsi dire, leur date écrite sur leurs parois.
Au lieu dit Guelaat bou Atfane, sur l'oued Chenior.r, ;i 24 kilomètres environ au sud de (uielma, un grand nondn-e de tombeaux indigènes' entourent les ruines d'une ville (pii eut quelque importance aux i)remiers siècles de lutre ère. Les uns ressemblent à ceux de Sigus : nous ne les décrirons pas.
Dans plnsienrs autres, les quatre côtés sont des murs droits, à assises régulières, avec des pierres d'une taille toute romaine. Sur une des petites faces est pratiquée une ouverture rectangulaire, que l'on pouvait fermer ii l'aide d'une herse en pierre, manœuvrant dansâtes coulisses. Au dedans, il y a de petites niches, qui abritaient sans doute autrefois des urnes cinéraires. Le plafond est formé de larges dalles, semblables <à celles des dolmens ordinaires ; quelques moellons bouchent les interstices. La chambre n'est pas entourée d'une enceinte. Ces monuments sont donc romains par leurs parois, par leur aménagement intérieur, par le mode de sépulture qui y a été adopté; ils sont indigènes par leur couronnement. Il est évident qu'ils datent de l'époque romaine'^. Nous donnons //y. 7) le
1. Cartairade, Assoc. française, Alger (1881), p. Ho2. Reboud, Rec. de ConsL, XXIII, 1883-i, p. 2(i.
2. On a signalé d'autres dolmens algériens dans lesquels sont employées des pierres de taille. Viré, Bec. de Coiiftt., XXIX, I89i, p. .jo6 (région de Djidjelli). Mercier, Bull. ComiU% 188.j, p. ;j52-3 (à Test de Gonstantine). Le môme,
LES MONUJIENTS ANTIQUES UE 1,'aLGÉRIE
Sfc^r2l3;:-S;p^r :^,
(plan et planche III) la vue de celui qui s'est le mieux conservé. Enfin, certaines tombes de Guelaat bou Atfane diffèrent des précédentes en ce qu'elles sont souterraines. Deux des parois sont constituées parle roc, taillé verticalement jusqu'à la profondeur convenable, les deux autres par des murs construits à la mode romaine. La porte est une ouverture à herse. L'intérieur présente quelquefois des niches. Une ou plusieurs grandes tables, brutes sur les deux faces', équarries seulement sur les tranches, forment le plafond du caveau et affleurent le sol-.
Transportons-nous maintenant dans la province d'Oran, àMéchera Sfa, lieu situé à 38 kilomètres à l'ouest de Tiaret. Il y avait là une ville, occupant une sorte de promontoire, sur la rive gauche de la Mina. Aux abords, on voit les restes de deux nécropoles de type indigène. L'une, sur la rive droite, se compose de
ibid.. 1888, p. 103 : conf. Féraud, Bec. de Consl., VIII, 1864, p. 123 (région de Souk Ahras). Féraud, l. c, p. 122 et pi. 30, avec une inscription latine, publiée au Corpus, n° 5266 (région de la Galle). Renier, Arch. des Missions. III, 1834, p. 336; Brunon, Rec. de Const., XVIII, 1876-7, p. 339-340 (région d'Aïn Beïda). Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 464; Vaissière, ibid., XXXVII, 1893, p. 136 (au sud-est de Khenctiela). De Bosredon. Rec. de ConsL, XIX. 1878, p. 24 (région de Tébessa). Voir aussi plus haut, p. 19, à la description du cimetière de Roknia.
1. Pourtant, dans une ou deux de ces tombes, la face plafonnante des tables a été équarrie.
2. On trouve de même à Khamissa (Thubursicum yumidarum) des tombes souterraines, construites en pierres de taille et recouvertes par deux ou trois grandes dalles, qui ne sont que dégrossies. Ces tombes sont soit des fosses jumelles, soit des caveaux avec des niches pour les urnes funéraires. Elles appartiennent à l'époque romaine.
FiG. 7.
Dolmen de Guelaat bou Atfane.
tumulus. L'autre, sur la même rive que la ville, comprend une centaine de tombes, dont les dispositions rappellent, à certains égards, celles des dolmens ^ Elles sont de forme quadrangulaire. « Le fond, dit la Blanchère, le sol et partie des côtés « sont taillés dans le roc même. Le reste des côtés et la façade, « quand par hasard il en existe une-, sont faits de grosses « pierres non taillées, mais éclatées assez régulièrement en <( parallélépipèdes rectangles. » Ces chambres sont assez basses et, en général, il est impossible de s'y tenir debout. « La toiture est formée par de grandes dalles, longues, « étroites, peu épaisses, obtenues de même, procédé qui tient à « la nature des carrières. Le plus beau de ces monuments a « 7 mètres de côté et une façade de 4°", 50 en pierres de taille, « percée d'une toute petite porte. Ce qui fait son intérêt spé- « cial, c'est qu'il date la nécropole. La façade porte en effet, « sculptés assez grossièrement, une lampe, une colombe et un « poisson, emblèmes chrétiens. » Plusieurs épitaphes chrétiennes ont été recueillies dans ce cimetière : l'une d'entre elles est datée de Tannée provinciale 369, c'est-à-dire de l'année 408 de notre ère ■^. Une autre inscription^, qui indique la même date, parait se rapporter à une chapelle élevée au milieu de la nécropole.
Comme on le voit, les dolmens que l'on a étudiés jusqu'à présent en Algérie, ne semblent pas remonter à une très haute
1. Toinmasini, Bulletins de la Société' dAnthropoloriie de Paris, 3" série, m, 1880, p. 303. La Blanchère, Mélanges de VÊcole française de Rome, II, 1882, p. 390-396 et pi. XIV = Archives des Missions, 3° série, X, p. 73-74, lll-lio et pi. VIÏl. Anonyme, Bull, des antiquités africaines, I, 1882-3, p. 148-151. Dem.ieght,/6«/., H, 1884, p. 288-290. /A/rf., III, 188S, pl.XX (p. 188).