II
LES MONLMEMS ANTIQLES DE l'aLGÉUIE
soit line ou plusieurs caisses fiméraires contenant des corps de saints'. Souvent, un ciborium ;i quatre colonnes le surmontait ^.
11 se dressait tantôt dans l'abside même ■', tantôt entre les deux i)etits escaliers qui y conduisaient, sur une sorte de socle de plain-pied avec le presb/j/crium '\ tantôt dans la nef, à une distance plus ou moins grande de Tabside -^ : c'était cette dernière place qu'il occupait le plus fréquemment. Pour l'isoler, on barrait le fond de la nef par des clôtures, disposées dans les entre-colonnenionts et en travers du vaisseau central.
vionumeiilal, ù" série, V, 1880, p. 392; Corpus, Vlll, 1874-2 (conf. aussi à Aïn, Zirara, n" 8). — A Ilenchir el Begueur (n" 20) et à Zoui (n" 167), le loculus des reliques est creusé dans la table môme. A Chabet Medabouah (n° 40), il parait avoir été ménagé dans le pied de l'autel.
Souvent, une inscription, indiquant la nature des reliques, était gravée soit sur la table même (Ilenchir el Begueur, peut-être aussi Kherbet Oum el Ahdam, n» 120), soit sur le pied (Chabet Medabouah), soit sur une pierre faisant partie du soubassement ou placée à côté de l'autel : voir Aïoun Berrich (n° 9), Guelma (n" ;i5, m fine), Kherbet Ma el Abiod (n» 75), Mechta el Bir (n« 84), Mesloug (n° 88 bis), Rouftach (n» 111), Sétif (n» 122 bis), Zoui (n" 167);, conf. Corpus, VIII, 16660, 10686 = 16741, 16743 ; Kec. de Const., XXVII, 1892, p. 322, et XXVIll, 1893, p. 3.52.
1. Lambèse (n° 74); Tipasa, basilique de Sainte-Salsa, d'après le témoignage de l'inscription sur mosaïque de la nef (n- 159) ; Tipasa, chapelle de l'évéque Alexandre (n" 160); — probablement aussi Gouéa (n" 51) ; Ilenchir el Hammam (n" 62) ; Mrakhib Thala (n° 94) ; Orléansville (n° 9.5).
2. Lambèse (n" 74) : Kherbet el Ousfane (n« 104); Sériana (n- 118), Tigzirt (n- 146) ; Et Toual (n» 163) : — peut-être aussi Guesseria (n° 56) ; Mechta el Bir (n» 84) ; Orléansville (n° 95) ; Tipasa, Sainte-Salsa (n» 159). On a trouvé également des restes de ciboria dans les chapelles d'El Ksour (n» 72) et d'Aguemmoun Oubekkar (n" 3). — Il n'est pas certain que des débris d'arcades, découverts à Sillègue (n" 126), aient appartenu à un ciborium.
3. La'mbèse (n° 74) ; Matifou (n° 79) ; Sériana (n" 119); grande basilique de Tigzirt, aune basse époque (n" 146); — probablement aussi Sidi Mabrouk (n» 125) et Orléansville (n- 95).
4. Bénian (n° 22) ; Tigzirt, à la première époque (n" 146) ; Gastiglione (n» 39). Mais l'emplacement que nous assignons à l'autel dans ces trois églises n'est pas certain.
5. Morsolt (n»= 91 et 92); Kherbet el Ousfane (n° 104); Sériana (n° 118); Tébessa, grande basilique et chapelle voisine (n" 138) ; Timgad (n- 152).
6. Dans la grande basilique de Timgad (n° 152), l'espace limité par les clôtures est moins large que la nef.
Cet espace réservé était parfois un peu exhaussé'. Dans les pages qui suivent, nous l'appellerons le chœur^ dénomination qui se rencontre dans des textes non africains à une époque plus récente et dont nous n'affirmons nullement l'exactitude pour la période que nous étudions. Les clôtures étaient quelquefois des grilles en bois on en métal - ; parfois même elles consistaient en des murettcs, sans doute assez basses '''. Mais d'ordinaire elles étaient constituées par des dalles, ajourées on pleines, dressées de champ : pour maintenir ces pierres, on les emboîtait soit dans des encastrements ménagés le long des supports qui séparaient la nef des bas côtés, soit dans de petits piliers à feuillures s, surmontés d'amortissements en forme de pomme de pin
Dans plusieurs églises", on trouve aussi des barrières entre la nef et les bas côtés, même en dehors du choeur. A Kherbet
1. Djemila (n" 48) : Sériana (n° 1 18} : chapelle voisine de la basilique de Tébessa (n° 138).
2. Announa (n" 11) ; Bénian (n» 22); PérigotvIUe (n» 103); Kherbet Selmi (n" 116); Sériana (n» 118) ; chapelle voisine de la basilique de Tébessa (n» 138) ; Timgad (n° 132).
3. Djemila (n- 48); Kherbet Guidra (n° 60); Henchir Selfan (n- 113 et 114) ; Sériana (n" 118).
4. Sériana (n» 119) ; Tipasa, Sainte-Salsa (n" 1.39). Voir encore Corpus, VIll, n» 4321 (Fesdis, près de Batna) : Revue africaine, XIX, 1873, p. 423, n" 27 et fig. 12 de la planche II (Alger). — A Morsott (n° 92), il y avait des cancels ajourés en plâtre.
5. Aïn Zirara (n° 8) ; Ilenchir Aourir (n" 13) ; Ilenchir el Atech (n° 15) ; Henchir el Azreg (n» 17); Henchir el Beïda (n° 21) ; Kherbet Bou Addoufen (n" 33, 34, 35) ; Henchir Bou Takreniatène (n°* 37 et 38) ; Kherbet Fraïm (n° 49) ; Henchir Guesseria (n° 36) ; Henchir el Guesseria (n° 57) ; Ilenchir Guessès (n« 38) ; Kherbet el Kébira (n» 67) ; Kherbet el Mahrab (n" 78) ; Henchir Mechta Si Salah (n° 85) ; Henchir Milen (n° 90) ; Ilenchir Resdis (n« 110); Kherbet Tamarit (n- 135); Tébessa (n" 138); Téniet el Kebch (n»^ 142 et 143) ; Henchir Tikoubaï (n» 130).
6. On appelait ces piliers hermulae ; voir Hollzinger, Kunsl-hislorische Studien, p. 44. — A Tébessa (n» 138), ils sont surmontés de moulures semblables à celles que l'on voit sur les bases attiques.
7. Sériana (n» 118); Tébessa (n« 138); Tipasa (n° 137); Zana (n° 164).
148 LES MONUMENTS A]NTIQUES DE l'alGÉRIE
Guidra fa" 60), un mur coupe toute la basilique, entre la façade et le chœur ; il est percé de trois portes correspondant aux trois vaisseaux ; un petit porche précède la baie du milieu
Les fidèles, qui restaient debout (du moins au iv' siècle) -, étaient séparés suivant leur sexe ^ Mais rien n'indique que les hommes se soient tenus dans le bas côté droit et les femmes dans le bas côté gauche ; en tout cas, il n'y a aucune différence dans la structure de ces collatéraux, qui sont presque partout de largeur égale, comme nous l'avons déjà dit*. Une inscription, découverte à Henchir Ain Sfar, prèsdeKhenchela ^, mentionne le cancellus virgimim, c'est-à-dire la grille qui isolait l'espace assigné aux vierges. Les tribunes ont pu être réservées soit aux femmes, soit à des moines ou à des religieuses. Dans le presbyterium., les clercs s'asseyaient sur des bancs, disposés le long du mur : comme ces sièges étaient d'ordinaire en bois, ils ont disparu. On voit, dans l'abside de l'église d'Announa (n° 11) plusieurs degrés en pierre dont le dernier a certainement servi de banc ; au milieu se trouve la place de la chaire épiscopale. Des vestiges du soubassement de la chaire se distinguaient aussi à Tébessa, dans le fond de l'abside (n° 138) 7.
1. Un mur transversal se voit aussi dans la petite église de Kherbet Fraïiu (n" 50).
2. Optât, De scidsmate donalislarum, 4, 5. Augustin, De catech/zandis rudi/ius,ï3 (19); Sermon 335,2. Conf. Holtzinger, Die altchristliche Architektiir, p. 177-8.
3. Augustin, De civitale Dei, 2, 28 : « Populi confluimt ad ecclesiam casta celebrifate, honesla ulriusque sexus discrelione. »