‹ Les monuments antiques de lAlgerie (volume 2)Chapitre 11 sur 285 · ROUTES. PONTS. PORTS · texte numérisé non relu

ROUTES. PONTS. PORTS

« le peu que le temps avait épargné. La profondeur moj'enne (' du bassin était, suivant les uns, de 3", 20, suivant les autres, « de 2"', 50 seulement'... On a signalé sur l'îlot des travaux (( de défense, qui comj^létaient l'armement du port militaire à « sa partie septentrionale. »

ATipasa, le port romain - se trouvait eu dehors de l'enceinte, à l'est. Assez exigu, il était limité par deux ilôts et par la terre ferme. Trois jetées le protégeaient : l'une au nord, entre ces deux îlots ; une autre à l'ouest, partant du plus grand des îlots pour se diriger vers le rivage, qu'elle ne rejoignait du reste pas, car l'entrée du port semble avoir été de ce côté; la troisième enfin au levant, entre le petit îlot et le littoral. Sur l'îlot de l'est, un gros mur en pierres de taille, parallèle au rivage, servait probablement de brise-lames. L'îlot de l'ouest ne présente pas de mur semblable, mais le roc y est taillé de manière à remplir le même office. Le port avait une profondeur de 4 à 6 mètres. La situation de ce havre à l'extérieur de la ville était évidemment assez incommode; en outre, il n'avait pas de quai de débarquement, la côte étant à pic en cet endroit. Il ne communiquait avec la terre que par un petit escalier, creusé dans le roc. Les marchandises devaient être débarquées plus à l'ouest, dans une baie voisine du centre de la ville, le long d'une ligne de quais dont les vestiges sont encore visibles.

Des traces de jetées ont été constatées dans plusieurs autres ports romains de l'Algérie ; elles ne méritent pas une description détaillée

1. En draguant ce port en \S'û, on rencontra les carcasses de deux galères.

2. Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 329-332.

3. A Stora, une jetée parait avoir joint l'îlot des Singes au littoral voisin : De Marcilly, Aiin. de ConsL, 1853, p. 25. — A Bougie, on reconnaissait jadis,

parait-il, des restes de jetées à l'ouest de la ville, au lieu dit Dar-Senaa : Féraud, Revue africiine, III, 18o8-9, p. 304 ; Vigneral, Ruines romaines de la hahylie du Djwdjura. p. loO. Mais ces jetées étaient peut-être sarrasines. — La rade de Sidi Khaled, bien abritée au nord, à l'ouest et au sud, servait déport aux habitants de Taksebt ; on distingue l'amorce d'une jetée au sud-est: Gavaultet Bourlier, Revue africaine, XXXVll, 1893, p. 133. — A Tigzirt, l'ilot situé en avant de la ville antique a été relié à la terre ferme par une chaussée, qui a pu être un brise-lames et un débarcadère : Gavault, Elude sur les ruines romaines de Tirfz-irt, p. 110-1. — Le port de Crunurju était dans l'anse qui baigne à l'ouest le promontoire de Sidi Brahini;on y voit quelques traces d'une jetée.

A CoUo, il y aurait eu deux ports, l'un contre le rivage, l'autre à l'intérieur de terres, au sud de la ville actuelle. Ce second port, analogue au cothon de la Carthnge punique, aurait été aménagé par la main de l'homme: Féraud, Revue africaine, XX, 1876, p. 1.

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