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D'après Procope : voir Dielil, Nom. arch., p

a. Ragot, Bec. de Const., XVI, 1873-4, p. ?15-220. Héron de VIHefosse, Arc/,, des Missions, 3' série, II, 187.'), p. 443 seq (avec un plan de De Lauriére). Diehl,

358 LES MOiNUMEiS'TS ANTIQUES DE L ALGÉRIE

Ion, s'élevant de quelques mètres au-dessus de la idaine, et forme un trapèze assez peu régulier, de 308 mètres de largeur sur 330 mètres de longueur maxima. A trois de ses angles, elle est flanquée de tours rondes. A, F, K; le quatrième angle est défendu par une tour carrée, S. Yingt et une autres tours, également carrées, de dimensions fort diverses et de

Place forte de Ksar Baraï.

saillie inégale, sont disséminées le long du rempart. Les murs des courtines mesurent 2™, lO-S"", 50 de largeur, ceux des tours 1", 65^1™, 95. Il }■ avait pi^obablement des portes entre les tours G et H, Q et R. La citadelle occupait la partie la plus haute

Nouv. arch., p. 316-324. Le même, l'Afrique byzantine, p. 152, fig. 5 ; p. 192-3, fig. 31-2. Graillot et Gsell, Mélanges de VÉcole de Rome, XIV, 1894, p. 44-S. Je résume ici l'étude de M. Diehl.

COiNSTRLCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE 359

(lu mamelon, au nord-ouest, comme rimliquc une seconde enceinte, de 74 mètres de long sur 63 de large, adossée ;i la première et pourvue de cinq patites tours. Cette citadelle enfermait un donjon de 26 mètres de côté. Les murs do la deuxième enceinte ont l", iO d'épaisseur, ceux du donjon 1"',15.

Dans l'espace que limite le grand rempart, on reucontre des restes de quelques édifices, plus ou moins vastes. Mais rien ne prouve qu'ils appartiennent à l'époque bj^zantine : Bagai resta en etîet une grande ville jusqu'au xif siècle. Ainsi, une ruine offrant plusieurs rangées de colonnes, qui se trouve au sud-ouest de la citadelle, parait avoir été une mosquée, et non [)as une église, comme on l'a cru.

Henchir Guessès. — La ville fortifiée d'Henchir Guessès', située au nord de l'Aurès, dans une position qui correspond h celle de Bagai, gardait, en arrière de Timgad, la trouée de Chémorra, passage naturel des envahisseurs venant du sud par les vallées de l'oued el Abiod et de l'oued el Abdi et par le défilé de Fonm Ksautina. L'enceinte dessine un polygone irrégulior ; la longueur maxima est de 450 mètres, la largeur dê 350. Il ne semble pas qu'une ville romaine importante ait existé en cet endroit : aussi les constructeurs byzantins, ne disposant que d'une assez petite quantité do pierres de taille, ont. formé le rempart, large de 2"°, 10, avec des rangées de gros moellons à peine dégrossis, dont l'intervalle a été rempli avec de la pierraille. Ils ne se sont servis de pierres taillées que dans le voisinage immédiat des deux portes. Ouvertes au nord-ouest et au sud-est de la place, ces entrées étaient protégées, autant qu'il semble, par deux tours quadrangulaires.

1. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 51-2. Conf. Diehl, Afr. hjz., p. 2ii, fig. 51.

36Ô LES JIONU.MENTS AiSTIOCES DE l'aLGÉRIE

Des traces d'aiitros (ours carrées se voient çà et là le long (le la muraille ; en ouire, il y avait au moins une tour l'onde, pnit-ctre trois. Au nord, un réduit ou donjon, qui mesure 25 métros de Ion;;- sur 12 de large et qui est eu })ierr> s do taille, fait saillie en dehors du remi)art ' ; on y remarque les traces d'un escalier, qui conduisait à une plateforme sui)éri(HU'(.'. Un grand rnclos rectangulaire, d'environ 120 mètres sur GO, étaltli dans le quartier septentrional, eu avant du donjon, indique sans doute remidaC'Miieut d'une citadcdlc; m;iis il n'est pas sûr qu'il ait été construit sous la domination byzantine. Pi'ès de la })orte du nord-ouest, s'élevait un autre réduit, en i)ierres de taille comme le premier, mais beaucoup plus petit; il était ll.iiKpK' de deux bastions. Divers bâtiments, carrés ou rect.-iugidaii-es, dont ou distingue les vestiges à rint(''rieur de l'enceinte, semblent dater de l'éjjoqu • ])erbére; l'un d'eux, qui était orné de coloiuies, a pu être une mosquée : car Hen(diir tniessés esl encore mentionnée comme ville au xf siècle après Jésus-Christ.

Tifccli {Tipasa). — Cette petite place a230méti'es de long sur 128 de large; elle est assise sur une colline isoh'H' à l'extrémité d'une vaste ))laine. colline dont les lianes sont escarl)cs il. l'est, au nord et au nord-ouest et qui s'élève eu pente assez raj)ide du sud au nord. Le rempart suit les contours d > cette émineuce; en quelques endroits, il atteint encore jdusieurs mètres (plan, firj. ITMi; vue d'une des tours de l'ouest. l)lauclie XCVII ) -'. Il présente neuf tours carrées-', de dimen-

1. Peut-être est-ce un forlia antérieur à la construction de la ville forte. 11 est cependant bâti selon le système byzanlin.

•2. Chabassière. Rec. de Consf., X, 1860, pl. Vlll et IX (en bas). Dielil, youv. arch., p. 351-6 et pl. XII. Le même, Afr. p. lu, fig. 21 ; p. 218, fig. 49.

3. Sans compter un grand saillant à rextrêmitê septentrionale.

CO^^'STRUCTIO^'S DÉFENSIVES DE liASSE ÉPOQUE 361

sioas variables et iilacées à des iiitcrviill.'s fort iiié^ni\x : on en compte quatre à l'ouest, trois ;i l\'st, enfin deux aux cxtréniitôs (le la face méridionale. Ces dendères sont dis|)os(''es de Mais, de manière;» mieux surveiller l'entrée iirinci[iale, niéna-

FiG. lo6. — Place forte de Tifech.

gée au milieu de cette face. « On remarquera, dit M. Dielil, « avec quel soin on a tiré parti, pour la sécurité de la })lace, (( des dispositions du terrain. Le front sud, 1 > plus accessible

362 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGERFE

<( (le tous, n'a reçu qu'un développement fort peu étendu : il « mesure seulement 50 mètres entre les deux puissantes tours « qui le couvrent. Les portions de l'enceinte situées sur les « parties basses de la, colline ont été éi^-alement protégées par « de forts bastions, très rapprochés l'un de l'autre, surtout à « l'ouest, où... l'approche était plus facile. Au contraire, dans <c les parties supérieures du monticule, les tours sont plus « espacées et plus rares : le ravin formait ici une jjrotection « amplement suffisante. » La i)orte du sud est précédée de deux tourelles pleines, dont la saillir' est de 2 mètres et la larg-eur de 1",00. La place avait })rol)ablement trois autres •entrées, à l'ouest, au nord-est et à l'est. Les murs des courtines mesurent 2", 50 d'éi)aisseur moyenne, ceux des tours i'",60-2 mètres. En général, la construction est assez médiocre. On constate çà et là des réfections grossières; ■elles datent soit des derniers temps de la domination Iiyzantine, soit même d'une époque plus réc ntc.

Au sommet, dc'ux murs, se cou})ant ;i angle droit, forment, avec l'enceinte, la clôture d'un espace qui mesure un trentaine <le mètres de long sur 16 à 18 de large. Il y avait peut-être en ce li-u un réduit défensif.

Aï/i cl Bord] [Tigisis). — • La ville forte de Tigisis -, qui a été certainement construite sous le règne de Justinien'\ offre,

1. La muraille qui, jjlus au sud, forme une ligne brisée — nous l'avons indiquée en hachures croisées sur notre plan — est des plus grossières : c'est sans doute un travail fait par des indigènes.

■ï. Ann. de Const., 1860-1, p. 262-3, pl. VI. Tissot, Géographie de l'Afrique romaine, II, p. 421. Chabassière, Rec. de ConsL., XXll, 1882, p. 222-231, pl. XIV et XVI. Diehl, Nouv. arch., p. 336-362 et pl. XIII. Le même, Afr. bijz., p. 219, fig. 50. Je n'ai pas visité Aïn el Bordj.

3. Indication de Procope : voir Diehl, Noiiv. arch., p. 434. M. Diehl {ibid., p. 361) se demande si certaines parties ne remontent pas à l'époque romaine. jMais il pense que « l'essentiel de la construction » date du vi° siècle.

comme l'observe M. Dielil, de frappantes analogies avec celle de Tipasa (plan,/?^. 157, d'après M. Cliabassière). Elle occu})(' un mamelon, bordé sur deux côtés (au nord-ouest et au uordest) par de profonds ravins et s'inclinant du nord au sud, vers une plaine. Une source abondante, signalée par Procope, coule

FiG. 137. — Place forte d'Aïn el Bordj.

à l'ouest. Cette place a à peu près la forme d'un trapèze, de 217 mètres de longueur maxhna sur 190 de largeur. Le rempart, bâti avec soin, est épais de 2'",30-2°',50' ; au nord-ouest,

1. Les murs des tours sont d'épaisseur très variable : de 1",20 (tours flanquant la porte A) à 2"', 60 (tour E).

• 364 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE

il s'rlèvo encore à 5 ou 6 mètres ; ailleurs, il est enterré ou démoli. Ou compte quinze tours, établies à des distances yariablcs : les unes (C-F, I, M-P, iieut-ètre L', sont rectanii'ulaires, une autre (Q), hexagonale au dedans connue au dehors : trois autres (R et les deux tours voisint's d;- A) ont six ou huit côtés il l'extérieur, mais, à l'intérieur, elles sout rondes. Les deux tours octogonales défendent les approches de la jiorte A, qui s'ouvre entre deux bastions rectangulaires-. La lettre Y désigne un donjon, do 27 mètres sur 17, dressé au poiid, culminant du mamelon.

(iiichiin 1 (\ilam(t\. — En 18o(),lors «le l'occupation de Guelnia par les Français, l'enceinte l)vzanline était assez bien conservée'; on la remania -l)cauroup pour v inst lier un camp. Elle avait ét('' l'aile par ordi',' du [)a(rice Solomon ''. Toutefois, il est probable, connue Ta suiiposi- Ravoisié, (jue, dans sa partie nu'ridioiiale, ell > se confimdait a^ ec le i'enipai-t de la citadelle romaine de Calama '. La ptditi' ville qu elle entourait était de forme irrégulière elle nu'surait 278 et 219 mètres dans ses plus gran.des dimensions. Des arcades portaient le chemin de

1. Cette tour L est complètement ilétriiite; on ne saurait dire exactement quelle était sa forme.

2. Selon M. Chabassière, il y aurait eu une porte secondaire en B. M. Dielil le conteste et indique à cet endroit deux tours carrées.

3. Ravoisié. Erplomlion, II, p. 27 et 3o ; pl. 22, 23, 35. Delamare. Exploralion, pl. 171, fig. 3 : pl. 173, en bas; pl. 176, fig. 1. Grellois, Mémoires de VAcailéiDle de Melz, XX.Xlll, 18:;i-2, 1" partie, p. 270-2, Diehl, Nouv. arc/i., p. 370-4. Le même, Afr. bijz.. \). 165, fig. 16: p. 173, fig. 18; p. 183, fig. 26.

4. Corpus, Vlll, 5352 et 5353. La première de ces inscriptions dit, en vers barbares :

« Mirahilem operam cilo cons'rucla videlur... « .Vm[Z/J//s- malorum poterif erir/ere man{tts].

« l'alrici Solomoiitis) insli[lu]lion{e»i) nemo e.rpiif/nare valevit. »

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