‹ Les monuments antiques de lAlgerie (volume 2)Chapitre 24 sur 285 · Ce bassin n'a pas été entièrement déblayé · texte numérisé non relu

Ce bassin n'a pas été entièrement déblayé

■'36 LES JlOiNU.MEM'S AiNTIQUES DE l'aLGÉRIE

« long. Ses murs sont construits de la même façon : fortes (( dalles retenues par des rainures creusées dans des piliers, Il sur un soubassement... Sur le pourtour des murs, de U",60 i< en 0"\60, on A'oit des trous de 0'",09 de profondeur et de Il 0'",025 de largeur, destinés sans doute, à l'origine, à rece- (I A'oir les montants d'une [grille], dont il n'existe plus de Il de trace. » Ce réservoir pouvait recevoir l'eau do deux sources, l'une froide, l'autre légèrement thermale (20°), par deux canaux construits en fortes briques.

« Le sol du bassin est formé par une belle mosaïque blanche. '( Ce sol n'est pas uniforme; tout autour [règne] une banquette <i de 2°", 50 de large, qui s'infléchit vers le centre. »

Une vanne est placée à l'angle sud-est. « Elle a P\35 de (I haut sur 4", 20 de large; c'est une forte pierre, vers le Il milieu de laquelle se dresse un large talon, qui permettait Il de la soulever à l'aide de leviers, lorsqu'on avait besoin de Il nettoyer le bassin. Au-dessous de ce talon, sont deux trous, (I placés l'un au-dessus de l'autre et qui servaient à l'écoule- <i ment des eaux. Prés de l'angle opposé, on remarque aussi Il un autre orifice, qui devait déverser une partie des eaux (I sur les terres du sud de la vallée. »

Ces bassins de Kasrou ont pu sei^vir à prendre des l)ains, mais il est probable qu'ils étaient avant tout des réservoins permettant d'humecter les cliamps environnants

Voici, d'antre part, comment les cultivateurs du paj's situé au nord de Khenchela irriguaient leurs terres : n L'Abigas,

1. Des bassins analogues se retrouvent en divers lieux : par exemple à Aïn Tarfa et à Ksar Ténaceft, au nord de l'Aurès (Graillot et Gsell, Mélanges École de Rome, XIII, 1893, p. 531 et XIV, 1894, p. 73; Poulie, Rec. de Const., XIII, 1869, p. 6(13); à Ksar Tébinet, au sud-ouest de Tébessa; à Messaoud, près de Sétif (Poulie, Rec. Consl., XVIII, 1876-7. p. 568); etc.

'( dit Procope sort du mont Aurès ; parvenu dans la plaine, (( il arrose le pays comme le veulent les habitants, car ils « dérivent ce cours d'eau de la manière qu'ils croient leur « être la plus avantageuse ; ils ont creusé un grand nombre « de canaux, dans lesquels l'Abigas est réparti ; il coule sous « le sol, puis reparaît, réunissant ses eaux. Ainsi, dans la (( plus grande partie de la plaine, cette rivière se trouve être (( à la disposition des habitants, qui ferment les canaux par « des digues ou les ouvrent ensuite, de manière à se servir « des eaux comme il leur plaît. »

On a découvert dans cette région, à Ain Mtirchou, un canal souterrain, construit en pierres de grand appareil et mesurant 2 mètres environ de largeur sur 1 mètre de hauteur; il semble avoir appartenu au sj'stème hydrauhque dont parle l'historien byzantin-''.

A Ain Djedied, au sud-est de Tébessa, M. Durand a constaté l'existence de tout un système de drainage et de puits pour l'irrigation des cultures^. On distingue plusieurs lignes, constituées chacune de la même manière : de petits puits, creusés à égale distance les uns des autres (7 mètres environ d'axe en axe), profonds de 5"', 40 à 8°', 60, donnent sur une conduite souterraine, large de 0",70, haute de près de2mètres, à pente très douce.

Des règlements minutieux fixaient l'usage de l'eau. Masqueray en a retrouvé un à Henchir Merouana, au nord-ouest de Batna ^.

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