‹ Les monuments antiques de lAlgerie (volume 2)Chapitre 3 sur 285 · ROUTES. PONTS. PORTS · texte numérisé non relu

ROUTES. PONTS. PORTS

« (lu boniboment que pi-éseiite la croûte supérieure de la sur- (( face de rouleuient, qui, ainsi divisée en deux voies, implique « deux courants distincts de circulation... Une aussi ingé- « nieuse disposition de la chaussée... facilitait l'écoulement « des eaux pluviales...

« Pour la construction, on a creusé une tranchée longitudi- « nale, de la largeur de la, chaussée, et profonde de 0"',75 à « rr,80... Au fond de rencaissement, en apparence l)ien (( nivelé, il a été étendu un lit de menu gravier, de 0'",08 à « 0'",10 d'épaisseur, et, sur ce sable rugueux, on a bâti, sur « près de 0", 20 de hauteur et selon les ressources locales, une « assise de dalles, ou de pierres dures, ou de galets liés par une « coulée de mortier de ciment de tuileaux ou de terre siliceuse.

(( Par-dessus cette fondation, déjà très solide, on a succes- <' sivenient superposé :

M 1° Une couche d'environ ()'",i5 de béton de pierres cas- « séos ou de galets brisés ;

« 2° Une couche de . même épaisseur, constituant le noyau « de la chaussée et composée d'excellent ciment, mélangé « avec du gros sable ou du petit gravier ;

« 3° Enfin, une couche dernière de ciment rustique couvre « ou mieux couronne l'œuvre éternelle, et c'est dans ce revê- « tement extérieur très convexe que les trois bordures ont été « implantées, et aussi, çà et là, des cailloux In'uts, destinés à « ajouter de la force de résistance aux surfaces do roulement. »

La gTande route de Carthage à Theveste, dont les derniers milles se trouvent sur le territoire algérien, fut faite ou plutôt l'efaite au temps d'Hadrien. Elle comporte quatre couches superposées, dont l'épaisseur totale est de 0",G7 en moyenne : 1" en bas, de grosses pierres brutes; 2" un lit de mortier dont

LES MONUMEiNTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

une partie s'est infiltrée entre les pierres de la première couche ; 3" une couche de cailloux; 4° des pierres très irrégulières formant la surface delà voie, surface bombée au centre. De chaque côté, des pierres assez grosses, à peine équarries, font saillie et constituent la liordure. La largeur totale est de 6'",75i.

Les voies de second ordre sont naturellement moins larges — elles mesurent de 3 à 4 mètres • — et d'une structure plus simple, consistant en une couche d'éclats de pierres ou de galets, noyés dans du mortier et bordés par deux rangées de petits blocs

Enfin, bien des routes, même parmi celles qui figiu-ont sur des documents d'origine officielle, comme VItinrrairc (TAnh)ni/i et la Ta/>/e de Peutinfjcr, ou que des bornes milhaires jalonnaient, étaient de sinqdes pistes, surtout en pays de montagnes : on se contentait d'encaillasser les parties les plus exposées aux dégradations et de jeter des ponceaux sur les oueds

Le long de ces voies devaient être établis çà et là des réservoirs plus ou moins vastes, fournissant l'eau nécessaire aux voyageurs et ;i leurs hôtes. Il semble bien que certains d'entre eux aient porté le nom de cciiletiarhon ''.

1. D'après les observations de M. Carton [Découvertes faites en Tunisie, p. 33-6, fig. 17). qni complètent celles que M. De Bosredon a faites prés de Tébessa [Rec. de Const XVIII, 1876-7, p. 423).

2. Voir par exemple De Bosredon, Rec. de Const., XIX, 1878, p. 3.

3. Conf. Vigneral, Ruines romaines de la Kat))/lie du Djurdjura, p. 156-7; Gat, Essai sur lu province de Maurétanie, p. 263-4; Gagnât, F Armée romaine, p. 689.

4.. Centenarium aqua frigida, sur une route allant de Bougie à Sétif [Eplie- )neris epir/rap/iica, V, 932); centenarium Solis, au sud de SûUf [Corpus, VIII, 8712); centenarium, en Kabylie (i6i£?., 9010) ; Ad cenlenariuni, nom de deux stations situées en Numidie, Tune entre Gadiaufala et Tigisis, l'autre entre Lamasba et Zarai [Talde de Peutinger). — Pour la signification de ce mot, voir Dachesne, Bull, des antiquaires de France, 1886, p. 87.

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