‹ Les monuments antiques de lAlgerie (volume 2)Chapitre 89 sur 285 · Voir cependant ce que dit saint Augustin, Sermo?i 15, i · texte numérisé non relu

Voir cependant ce que dit saint Augustin, Sermo?i 15, i

2. Pour la destruction des temples païens en Afrique, voir Augustin, Sermon 163, 2; Lettre 232, 3; Mansi, Coll. conciL, 111, p. 166, canon 58. L'autorité impériale intervint, il est vrai, pour empêcher ce vandalisme {Code tliéodoslen, XVI, 10, 18).

3. Un texte de saint Augustin (Sermon 356, 10) montre comment l'on procédait parfois. 11 raconte qu'un prêtre d'Hippone, Leporius, ayant à faire construire un hôpital, acheta tout d'abord une maison « qu'il pensait devoir lui être utile à cause des pierres ».

4. Basilique de Tébessa (n° 138), où les blocs portent des marques de chantier; basilique de Sainte-Salsa à Tipasa (n° 159); basilique de Taoura (n" 137). Dans d'autres sanctuaires appartenant à une basse époque, des pierres de taille, prises ailleurs, ont été superposées en assises peu régulières ; à Announa (n° 12), à Khamissa (n° 68), à Sidi Mabrouk (n° 125), à Timgad (n" 153-156). Quelquefois, certaines parties seules sont en grand appareil : le milieu de la façade à Tigzirt (n' 146); la façade et l'abside à Announa (n" 11); la façade dans une chapelle de Guesseria (n- 56 in fine) ; l'abside à Henchir el Hammam (n- 62) et à Tigzirt (n» 148) ; les angles à Kherbet Guidra (n" 60) ; le bas des murs à Tipasa (n" 157). ..

distances variables (0'",80 à 2 mètres) ' ; remploi do la brique est tout à fait exceptionnel. Ces murs ont 0", 50-52 d'épaisseur moyenne -', sauf aux absides, où ils sont un peu plus forts.

Le plus souvent, le grand axe de l'éditice est dirigé de l'ouest à l'est, la façade étant au couchant-', et la partie réservée au clergé, ou pret^byleriurn ^ au levant. 11 suffira de jeter un coup d'œil sur nos plans pour reconnaître l'application constante de cette règle, à n'importe quelle époque'. Deux faits prouvent qu'on y attachait de l'importance. A Tipasa (n" 157),, le front de l'église principale fut tourné vers l'occident, malgré le grave inconvénient que présentait cet aménagement à cause de la proximité du rempart. Entre ce front et le mur d'enceinte ,. il ne restait plus qu'un espace de quelques mètres, si bien que la façade était masquée et que la circulation des fidèles devait être assez malaisée à l'entrée et à la sortie des offices. Il eût été facile d'y remédier en modifiant l'orientation de la basilique, en plaçant, par exemple, le chevet contre le rempart. Cependant on ne crut pas devoir déroger à l'usage. Au Capitole de- Cirta, le front du grand temple était tourné vers l'est, selon la

1. Tel a été le sj'stème employé dans tous les édifices dont nous n'indiquerons pas le mode de construction.

2. Les épaisseurs plus fortes sont signalées dans nos descriptions. Dans certains édifices où les murs sont très larges, on peut se demander si cerenforcement des parois n'a pas été adopté soit dans un but défensif, soit aOn de donner une assiette solide à des voûtes : voir n" GS (Khamissa), 105 (Périgot ville), 115 (Segnia), 154 et 155 (Timgad).

3. La façade, au sens architectural du mot: car il faut remarquer que, pour les premiers chrétiens, le véritable front de l'église {prospeclus, dit Paulin de Noie) est le côté opposé, celui qui est voisin de l'autel et que regardent les fidèles.

4. Par exemple : basilique d'Orléansville (n° 95), à l'époque de Constantin;, basilique de Bénian {n° 22), au milieu du v siècle ; chapelle de K.hamissa {n" 68), à l'époque byzantine ; chapelle de Timgad (n° 156), au milieu du vir siècle. Outre les édifices qui subsistent, voir ce qu'El Békri dit de l'orientation de. l'église d'Alger (n- 10).

124 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

coutume païenne. Lorsqu'on y installa une église (n° 44), on eut soin d'en placer la façade à l'ouest'.

Il est fort rare que les sanctuaires soient disposés exactement selon les points cardinaux : si, d'une manière générale, ils regardent le couchant, l'orientation oscille entre le nordnord-ouest et le sud-sud-ouost. Ces variations tiennent-elles à l'application de quelque règle religieuse, comme l'ont pensé des archéologues? L'axe longitudinal était-il établi conformément ' à la position qu'occupait le soleil levant le jour de la fête du patron, ou bien le jour de la consécration du terrain? En ce qui concerne l'Afrique, nous manquons des doimées qui seraient nécessaires pour résoudre cette question^.

Les églises d'Algérie qui, par exception, no sont pas tournées vers le couchant sont celles d'Aïn Tamda (n" 6), d'Announa (n° 11), d'Henchir el Hammam (n°' 62 et 63), d'Henchir Ouazen (n° 96), de Sidi Ferrucli (n" 12 i-), deTaoura (n" 137) et de Zana (n° 164) : deux d'entre elles (Announa et Zana) appartiennent à l'époque byzantine; la date des autres est inconnue. Pour la Ijasilique d'Announa, il est possible d'indiquer le motif qui détermina les constructeurs à s'écarter de la règle : elle est située sur le flanc nord-est d'un mamelon qu'il aurait fallu ontailler profondément si l'on avait placé la façade à l'occident.

■1. Voir aussi, an n" 96, notre conjecture au sujet de la double orientation <Je la basilique d'Henchir Ouazen.

2. Notons seulement qu'il n'existe pas de concordance entre l'orienlation lie la basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa (n" 159), et le lever du soleil au 2 mai, date probable du martj're de cette sainte (Gseli, Rechevches archéologiques en Algérie, p. 3, n. 3) : 70" 6/10 au milieu dû iv" siècle, pour le degré de latitude, d'après l'indication que m'a donnée M. Trépied, directeur de l'Observatoire d'Alger.

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