MONUMENTS PUNIQUES ET LIBYPUÉNICIENS
tiae'. Les caveaux, que des trouvailles fortuites, puis des fouilles régulières, dirigées par M. Hélo-, ont exhumés en ce lieu, sont taillés dans les flancs d'un coteau (nous donnons, fig. 17 et fig. 18, les plans de deux d'entre eux). Ils mesurent 2 à 3 mètres de long, l'°,60 à l'°,80 de large; la hauteur varie de l'^jSO à 2 mètres. Les portes sont étroites et basses; elles étaient fermées par des murs en moellons ou en briques. La disposition du terrain, très incliné, se prêtait mal à l'établissement de puits rectangulaires : aussi les tombes sont-elles simplement précédées de couloirs, larges d'environ un mètre. Souvent, il y a deux chambres, placées l'une à la suite de l'autre et communiquant par une ])etite baie. Un certain nombre d'entre elles présentent des banquettes, planes ou creusées d'une fosse. Les niches sont rares. Les rites funéraires paraissent avoir été les mêmes qu'à Gouraya. Le
mobilier est à peu près semblable; il convient seulement de noter de curieuses aiguières puniques, dont le col est surmonté d'une tète de femme
Fio. n.
Caveau punique de CoUo.
1. Certains tombeaux de CoUo sont cependant plus récents que ceux qui ont été ouverts à Gouraya : ils paraissent postérieurs à la chute de Cartilage (146 avant J.-C).
2. Doublet et Gauckler, Musée de Constantine, p. 62-63, 107-109, 113 ; pl. XII, fig. 1-4; pl. XIII, fig. 6. Hélo, Bull. Comité, 1893, p. 343-368, pl. XII-XIV. Gsell, Mélanges de V École de Rom», XVI, 18J3,p. 452-433; XVIII, 1898, p. 82-83.
3. Une tombe punique seuiblable à celles de CoUo a été découverte autrefois à PhUippeville : Delamare, Exploration, pl. 32, fig. 10-20.
LES MONUMENTS ANTIOLES DE l'aLGÉRIE
A Djidjelli, il y a de nombreuses sépultures de type phénicien'. Malheureusement, elles ont été visitées depuis fort longtemps et dépouillées de leur mobilier funéraire : il est donc impossible de les dater. Ce sont soit des caveaux, analogues à ceux de Gouraya^, soit de simples fosses, dont quelques-unes sontcreusées de manière à se modeler sur la forme générale du corps humain :
une sorte de logette arrondie est taillée du côté de la tète, et la fosse est beaucoup plus large à la hauteur des épaules qu'à l'extrémité où l'on plaçait les pieds.
La civilisation punique serépaudit en Algérie bien au delà des villes du littoral soumises à la domination directe de Carthage. Les souverains indigènes, qui étaient en rapports suivis avec les Cartliaginois, adoptèrent, dans une mesure plus ou moins large, ce qu'ils trouvèrent de bon dans leurs moMU's ; une partie des Africains les imitèrent. Aussi rencontre-t-on çà et là, à l'intérieur des terres, des tombes taillées dans le roc, de type i)unique-'. Les plus anciennes remontent peut-être à une
Fin. 18.
Caveau punique de Oollo.
1. Delamare, /. <?., pl. 1-2, flg. 4-f;, 10-11 et pl. 13. Duprat, Rec. de ConsL, XXV, 1888-9, p. 396-399, planches n- 1 et 2.
2. Un escalier est souvent ménagé sur un des petits côtés du puits.
3. Par exemple à Guelma (au sud de la ville française) ; dans la région de Guelma (Delamare, Exploration, pl. 170, fig. 7-13) ; à Kalaa, dans le Dahra (département d'Oran). Voir encore au chapitre xiii du livre II de cet ouvrage.
iMOMJJIEMS PUNIQUES ET LlIlVinJÉMCIEINS
époque antérieure h la venue des Romains ; plus tard, sous l'Empire, on continua à on faire de semblables. Quelques morceaux d'architecture, trouvés dans l'est de la province do Constantine, sont de style carthaginois'; ils ont probablement appartenu à des mausolées. A Khamissa, la vieille place, platea velus, comme l'appelle une inscription latine-, était ornée d'un temple dont les colonnes monolithes, courtes et épaisses, rappellent celles qui décoraient certains monuments puniques^ : si ce sanctuaire parait dater de l'époque romaine, il n'en atteste pas moins que l'architecture carthaginoise s'était implantée dans la région''.
Il ne reste rien du palais que Sjphax, Masinissa et ses successeurs habitèrent à Ciiia (Constantine)"', ni des beaux édifices que Micipsa y fit élever''. Nous avons cependant le droit de supposer qu'ils étaient construits dans le style grécopunique qui régna à Carthage pendant les derniers temps de l'indépendance de cette ville".
C'est ce style mixte qu'on retrouve dans un fort beau mausolée, dont les ruines subsistent à trois lieues et demie de
1. Chapiteaux de Guelaat bou Atfane, d'IIammain Meskouline, de Tifech : voir Gsell, Bull. Comité, 1900, p. 319-381. Conf. Ghabassière, Bec. de Const., X,1866, pl. XI, flg. 3.