MONUMENTS ROMAINS
En l'année 46 avant notre ère, la victoire remportée par Jules César à Thapsus mit fin à la royauté de Juba I". Un chef débandes, l'Italien Sittius, avait contribué, par une habile diversion, à la défaite des Numides : cet aventurier et ses compagnons reçurent en récompense Cirta (Constantine) et un vaste territoire autour de cette ville. L'est du département actuel do Constantine tomba sous la domination directe de Rome. En 40 après Jésus-Christ, l'empereur Caligula fît mettre à mort Ptolémée et annexa son royaume de Maurétanio : désormais tout le nord de l'Algérie appartint aux Romains.
Pour protéger cette contrée contre les incursions des indigènes non soumis, le gouvernement impérial établit une hgnemilitaire, gardée par des camps et des postes plus ou moins, importants '. La frontière ainsi constituée fut déplacée plus tard et avancée vers le sud. Au début du m" siècle, elle longeait la lisière méridionale de l'Aurès, enfermait la région de» Ziban, au sud-ouest de Biskra, se repliait ensuite vers le nord-
1. Cet ensemble d'ouvrages était destiné non seulement à défendre le territoire romain contre des envahisseurs, mais aussi à surveiller, en temps ordinaire, les contrebandiers.
76 LES MONUMEJJTS A^'TTQUES DE l' ALGÉRIE
■ouest, protégeait le Hodna du côté de roccident, arrivait à neuf lieues au sud d'Aumale et, dès lors, couvrait le Tell algérois etoranais, en passant par Bogliar, Tiaret, Tlemcen, Lalla Marnia.
Une légion, \a III Augusla, et des corps auxiliaires, troupes d'infanterie et de cavalerie, furent chargés de la défense de l'Afrique romaine. Ce fut d'abord à T/tevesfe (Tébessa) que la légion eut son camp permanent'. Vers le commencement du 11° siècle, proba])lement sous Trajan, elle s'établit à Lcanbaesis, on elle resta au moins deux cents ans. De ce poiut, elle surveillait le massif de l'Aurès, dont la soumission paraît avoir été difficile ; elle gardait une des principales routes naturelles venant du Sahara, celle qui passe par le défilé d'El Kantara; elle couvrait le pays de Cirta et, en cas de besoin, elle pouvait sans peine se porter vers le nord-ouest, au secours des troupes qui protégeaient la Maurétanie.
On a trouvé à Lambèse, à 2 kilomètres environ à l'ouestnord-oucst du <' practoriunt » dont nous parlerons tout à l'heure, les restes d'une enceinte carrée, aux angles arrondis, de 200 mètres de côté-. Le mur, large de 0",60, est construit en moellons. Contre les angles et le long des côtés, sur la face intérieure du rempart, sont appliquées des sortes de demi-lunes en maçonnerie, qui limitaient peut-être des plates-formes sur lesquelles on plaçait des machines. Deux portes se distinguent très nettement à l'ouest et à l'est ; il n'y a pas d'entrée au sud, ni au nord. Ces vestiges représentent sans doute le camp que la légion occupa d'abord à Lambèse^. En l'année 128, l'em-