‹ Les monuments antiques de lAlgerieChapitre 57 sur 118 · Corpus, VIII, 4209 — 18497 et · texte numérisé non relu

Corpus, VIII, 4209 — 18497 et

Pl. XXXIV

A. Fontemoing, Edit., Pans l'hototjpie Berthaud. Paris

Arc de Marcouna

ARCS DE TRIOMPHE. PORTES MONUMENTALES

en Nuraidie par le légat M. Aemilius Macer Saturiiinus. La baie pouvait être fermée, comne l'indiquent des mortaises creusées de chaque côté de l'ouverture.

A Announa, l'arc qui s'élève dans la partie haute de la ville, peut-être à l'entrée du forum', offre une disposition dont on trouve d'autres exemples dans l'Afrique septentrionale (plan, fig. 53; vue, planche XXXV). Par devant comme par derrière, l'ouverture, large de 4", 16, est flanquée de deux couples de pilastres, précédés de deux couples de colonnes^. Les chapiteaux, d'ordre corinthien, sont médiocrement exécutés, ainsi que les moulures; cependant, les proportions du monument ne manquent pas d'élégance. L'arcade, bordée d'archivoltes, est en assez bon état; mais il ne i^este de l'entablement qu'une partie de l'architrave (à trois bandeaux) et de la frise. Quant à l'attique, il est entièrement détruit. Des fouilles au pied de ce monument amèneraient sans doute la découverte de la dédicace.

L'arc de Djemila-'^ (plan, fig. 54 ; vue, planche XXXVI) fut vu par le duc d'Orléans en 1839, lors de l'expédition des Portes de Fer. Le prince l'admira fort et songea à le faire démonter pierre par pierre, pour le réédifier sur une place de Paris, en souvenir des exploits de l'armée française d'Afrique. Ce projet, d'ailleurs peu réalisable, fut vite abandonné, et la porte romaine domine encore, de sa masse mal assurée, les

1. Berbrugger, Algérie historique, pittoresque et monumentale, province de Constantine, planche à la page 22. Ravoisié, II, page 11-12, pl. 8-10. Delamare, Revue archéologique, VI, 1849, p. 14. Id., Ecploration, pl. 164, fig. 9.

2. Ces colonne.5 ne sont plus en place. Plusieurs chapiteaux gisent à terre.

3. Nodier, Journal de l'expédition des Portes de fer, p. 203-204, planche à la p. 198. Ravoisié, I, p. 53-53, pl. 34-38. Delamare, pl. 101 et 104, fig. 4. Saladin, Archives des Missions, 3° série, XIII, p. 8j, fig. 149. Normand, l'Ami des Monuments, XII, 1898, p. 79.

168 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

ruines de la colonie de Cuicul. On a dû, il y aquelqnes années, lui faire subir un étayage provisoire, qui le défigure.

L'ornementation des deux faces est la même qu'à l'arc do Thibilis.En outre, une niche semi-circulaire, cintrée au sommet, est ménagée dans chaque pied-droit, sur les deux faces; des moulures dont rensemide imite une coquille décorent les culs de four. Ces quatre niches étaient évidemment destinées à abriter des statues.

Selon l'usage, l'ordre que l'on a adopté est le corinthien. Los

pilastres subsistent, lescolonnes manquent. « Elles ont été cou- (I péos, dit Ravoisié, pour former les dés de plusieurs poteaux (' d'un hangar. » Les impostes de l'arc sont d'une décoration plus riche que de coutume (oves, rangée de feuilles d'acanthe, pirouettes, tresse). A l'est, l'archivolte est ornée, à chacune de ses extrémités, d'une tête surmontée de feuillage. L'entablement se compose d'une architrave à deux bandeaux, d'une frise lisse, très étroite, et d'une corniche assez lourde ; les décrochements placés sur les pilastres et lescolonnes se sont en partie conservés. Chaque avant-corps était probablement couronné d'un fronton, fait d'une seule pierre'. Le milieu de l'attique est

1. On voit, au pied de l'arc, trois frontons complets et un morceau du quatrième.

Page 1