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CHAPITRE VI

THÉÂTRES

En Algérie, on trouve des restes de théâtres antiques à PhilippeviUe, à Djemila, k Guelma, à Khamissa, à Timgad, à Tipasa de Maiirétanie.

Le mieux conservé est celui de Djemila', où le Service des monuments historiques a commencé des fouilles, qu'il conviendrait de poursuivre (plan, fig. 61 ; vue, planche XLIV). Selon l'usage, il est établi sur une pente, qui a été aménagée pour l'établissement des gradins. L'hémicycle regarde le nord-est

Ce théâtre mesure 62 mètres dans sa plus grande largeur ; i ne parait pas avoir pu contenir plus de trois mille cinq cents spectateurs. Ravoisié, qui attribuait à l'orchestre des proportions très vastes, a supposé que cet espace servait à l'occasion d'arène pour des combats de gladiateurs : hypothèse que rien ne confirme. Au-dessus de l'orchestre, une première zone

1. Ravoisié, I, p. 60-62, pl. 47-49. Delamare, pl. 102; pl. 104, fig. 1. Boeswillwald, Gagnât et Ballu, Timgad, p. 106, flg. 43.

2. La plupart des autres théâtres sont également tournés vers le nord. Grâce à celle orientation, les spectateurs étaient moins exposés aux rayons du soleit.

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de gradins, en pierres de taille, comprend neuf rangs; un palier la sépare de la zone supérieure, qui en compte quinze ; ces gradins mesurent 0", 40 de haut etO",00 de large. La plupart des théâtres romains présentent une galerie à leur partie supérieure; il n'en était pas ainsi à Djemila. Le mur de clôture n'a que 2 mètres de hauteur; il est décoré d'une base moulurée et d'une corniche. Sept escaliers étroits vont de l'orchestre à ce mur, qui est percé de petites baies d'accès. Delamare et Ravoisié ont admis, à tort croyons-nous, l'existence d'un couloir circulaire autour du monument, à l'extérieur : nous n'en avons vu aucune trace. Deux autres entrées s'ouvraient à droite et à gauclie de l'orchestre, sous des passages voûtés.

La murette, haute de l'°,28, qui limite par devant l'estrade où jouaient les acteurs, offre une série do niches, les unes arrondies, les autres carrées; elle est décorée de pilastres corinthiens, à fût cannelé, précédés de colonnettes. Deux petits escaliers sont établis vers les extrémités et mettent en communication l'estrade et l'orchestre (voir planche XLV).

La scène est large de Si", 30 et profonde de 7", 15. Le mur de fond se dresse encore à une hauteur d'environ 6 mètres. Il est bordé d'une sorte de socle, élevé de 2™, 20, qui portait des colonnes corinthiennes, placées devant des pilastres'. Ce mur présente trois grands renfoncements. Celui du milieu, dont l'ouverture mesure 8", 45, est de forme semi-circulaire : disposition assez fréquente, qui était d'un bel effet décoratif et avait, semble-t-il, des avantages pour l'acoustique. Au fond de cet hémicycle s'ouvre une baie, qu'encadrent deux pilastres, précédés jadis de colonnes, et dont le seuil domine de 2", 20 le niveau de la scène ; un escalier y conduit. Les deux autres

1. Ces colonnes ne sont plus en place. On en voit des débris à terre.

renfoncements sont rectangulaires et plus étroits (5", 90 et 5", 80 de largeur) ; les baies qui s'y trouvent sont, comme la baie principale, accessibles par des degrés et encadrées par deux pilastres. Les espaces flanquant ces renfoncements forment des salles. Il y a aussi plusieurs pièces, non fouillées ou mal conservées, à droite et à gauche de l'estrade.

En arrière, s'étend un long soubassement, parallèle au nmr de la scène. Il est couronné d'une corniche. Peut-être portait-il une colonnade, servant de façade au théâtre et bordant une galerie dont la largeur aurait été de 4", 10. Des cham1)rcs (sans doute des magasins) étaient ménagées par-dessous.

Dans l'orchestre, au pied de la scène, on voit les restes d'un égout, destiné à recueillir les eaux de pluie ; il se poursuit sous le sol d'un des passages voûtés'.

Aucune inscription ne permet actuellement de dater ce théâtre d'une manière précise. Nous ne pensons pas qu'il appartienne à une époque postérieure à la dynastie des Antonins. La construction est bonne ; les moulures et les chapiteaux sont exécutés d'une manière fort correcte. Un de ces chapiteaux est décoré d'une tête qui paraît représenter l'Océan et qui est accompagnée de la signature du sculpteur : Ex of{f)i{cina) Asca[nu]^.

A Khamissa, le théâtre se trouve au bas de la croupe qui portait la ville de Thubursicum ; il est orienté au nord. On y a fait jadis quelques fouilles sans importance; le Service des monuments historiques l'a déblayé partiellement en 1900

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