MuR.\TORi, R. liai. Script., vol. Il', p
du palais de Septime-Sévère que l'on nommait alors Porticus Materiani. C'était une source de revenus. En i2i5, l'abbé du couvent de San Gregorio loue deux souterrains sous le Palatium Magnum, on désignait de ce nom les ruines des palais impériaux situées sur le penchant méridional de la colline.
Le Palatin était alors un lieu désert où paissaient « non les moutons, mais les chèvres et les chevaux », et qui, aux yeux de Pogge, « n'avait plus de forme ». Fulvio qui écrivait au commencement du xvi' siècle, Panvinio qui écrivait vers le milieu de ce siècle, parlent de l'abandon dans lequel étaient tombés ces lieux.
Fig. 11. — Le .Mont Palatin du côté du Forum. Les Trois Colonnes du Temple de Castor (Etienne du Pérac, i575).
La création des Jardins Farnèse au Palatin date du pontificat de Paul m qui accorda à son neveu, Alessandro, cardinal du titre de Sant'Angelo, la propriété du site où s'était élevé le palais de Tibère. Alessandro fit aussitôt dessiner par G. Barozzi un jardin en pente vers le F^orum et élever un portail du plus bel effet que l'on a attribué à \'ignola, à .Michel Ange et à Antonio da Sangallo. Des acquisitions accrurent ce premier enclos. La vigne du fameux humaniste Inghirami,dil Fedra. fut acquise de ses héritiers; elle touchait d'un côté à celle de Pietro Millini (\'illa Mills); la vigne des Palosci, située près de la demeure des Vestales, fut vendue au cardinal Alessandro le 17 janvier 1542. Peu après, par acte du i5 avril 1548, le cardinal faisait don des Orti Fcirnesiani à Ottavio P'arnese, duc de Parme, « pour la grande affection qu'il lui portait ». Le 20 mai
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i565, le cardinal Ranuccio achetait moyennant 400 écus la vigne des iMaddaleni, laquelle était voisine de l'arc de Titus au lieudit « Porticus iMarg-aritari:L' ». Le 0 juin 1579, les frères Cutelii vendaient au cardinal Alessandro une vigne qu'ils tenaient des Mantaco avec une habitation, un verger, un colombier, située prés de l'église Sant'Anaslasia: elle fut payée 3oo écus.
Les Orli Faniesiani demeurèrent en la possession de cette famille jusqu'en 1731, quand s'éteignit le rameau romain; Elisabeth Farnèse, reine d'Espagne, mère de Charles III. en hérita et c'est ainsi qu'ils passèrent entre les mains des Bourbons de Naples qui les cédèrent à l'empereur Napoléon III. en 1860, lors de leur expulsion; à son tour, l'empereur les vendit au gouvernement italien après les événements de 1870 au prix qu'il les avait payés, soit de 65oooo livres'.
L'Académie des Arcadiens se reunissait au xviir siècle sous les ombrages des Orli Farnesiani pour y jouir de la grande beauté de ce lieu, de la vue sans seconde qu'on y a et de la fraîcheur des cyprès et des hêtres. C'est là qu'ils posèrent les règles qui formèrent les célèbres Leges ArcaJum^.
On venait toujours rêver au Palatin. C'est bien un lieu propice aux songeries, dans la calme solitude de ses bosquets que Byron a chantés^ :
Cypress and i\y, weed anJ wallflower grown Matled and mass\1 togclher, liillocks licap'd Onwhat were cliambers, arcli crusli'd, culiimn strown In fragments, clioked iip vaults and frescos steep'd In subterranean damps, ir/icre tlie owl peep'd Deeming il midniglit...
Behold tlw Inipcrial Mount;'tis Unis tlie mig/ity falls.
Cyprès et lierre, herbes et violiers
Serrés et touffus ; tertres entassés
Où lurent des salles, des ares croules et des colonnes qui gisent
En fraiinienls, voûtes encombrées de décombres et fresques enfou;,-
Dans l'humidité souterraine, où le hibou a jeté un furtif regard
Croyant qu'il était minuit....
Contemplez le Mont impérial ; ainsi tombe ce qui lut grand.
1. NiBUY, vol. II, p. 407. D. Cancog.ni, Le Rovine del PaUtino, Milan, i.v p. 29.
2. B. Pi.\zzA, 0/><?rc' pie Ji Roma. Rome, i6o3, cap. xxie. Plus tard, 1 Arcadiens se retirèrent sur IWventin. .Moroni, D«;., vol. I, p. 45.