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LES THERMES DE CARACALI.A

une rotonde de Sç mètres de diamètre l'intérieur et de 5o mètres de diamètre extérieur; la moitié faisait saillie hors de la façade Sud-Est ; elle est couverte en coupole. Le Sudarium était chauffé par des hypocaustes et au moyen du système habituel de tuiles creuses. Des salles de bains étaient disposées tout autour de cette rotonde. L'architecture de cette salle est d'un ffrand inté-

Fig. 12. — Thermes de Garacalla.

(Middleton, The Remciins of Ancient Rome.)

rêt; du plan carré on passe à un plan octOf.;onal par des niches en demi-cercle placées aux angles et formant absidioles (là peut être l'origine des chapelles rayonnantes des monuments chrétiens, selon M. de Lasteyrie), et la voîite est reliée au tambour octogonal par des pendentifs qui annoncent déjà l'art de Byzance. Aux deux extrémités des thermes, des péristyles découverts servaient d'entrée, car il ne semble pas qu'il y eût de baies à l'endroit où l'on entre actuellement: on devait, après avoir gravi

l'escalier qui donnait accès à la terrasse en son milieu, faire le tour soit à droite, soit à g-auche. Les anciens ne reculaient pas devant ces dispositions qui nous paraîtraient des erreurs; à Athènes, quand on avait franchi les Propylées, il fallait faire le tour du l^arthénon pour en trouver l'entrée. De ces deux péristyles, qu'on appelle habituellement à tort les palestres, on avait accès à travers plusieurs pièces servant de vestiaires ou de chambres de repos soit au frigidarium, soit au tepidjrium.

Les bains Antonins figuraient parmi les sept Merveilles de Rome. De fait, il n'est pas de ruines, hors celles du Colisée, dont la masse soit plus imposante; on sent au milieu de ces vestigres grandioses l'impression d'écrasement que produisent les restes des temples de Luqsor ou de Karnak.

Parmi les constructions diverses qui forment le péribole de rédifice, on notera surtout, sur la face postérieure, les grradins tormant une sorte de demi-stade, d'où l'on assistait peut-être aux exercices de g-ymnastique ou de sport. — et, derrière ces gradins, deux étages de chambres, quarante-huit en tout, qui étaient le réservoir des thermes i toute cette partie est creusée dans la pente même du coteau.

Abandonnés pendant le moyen âg-e, ■ les thermes furent exploités au temps d'Innocent II (iiSo-iiqS) comme carrière pour bâtir l'église S. Maria in Trastevere; en 14.52, .Muffel, bourgmestre de Nuremberg, qui avait accompagné à Rome Frédéric III écrit qu'on prend dans ces thermes des marbra destinés au palais Antoniani. Au commencement du xvr siècle, les Cafarelli possédaient une partie des terrains où s'élevaient les thermes; ils avaient acheté « tria jardena cum domibus grinariis in loco dicto Antoniatuim ». En 1546, des fouilles furent entreprises sur l'ordre du pape Paul III; Aldroandi décrit les objets, vases, colonnes de porphyre, de marbre, d'albâtre, statues, mosaïques qui furent alors trouvés, entre autres l'Hercule de Glycon dans le tepidarium. la Hora. le Taureau Farnèse. Pirro Ligorio parle des innombrables statues qu'on déterra. Les deux fontaines de granit égyptien, longues de 5 mètres 1/2, qui sont devant le palais Farnèse, proviennent de ces fouilles. En 1.504, l'emplacement des thermes appartenait en tout ou en partie à la compagnie de Jésus; le P. Laynez, alors général de l'ordre, ayant besoin de 1200 écus d'or, délégua à la banque Perantonio Baudini et C' une rente de loH écus d'or sur ce bien.

En 1824. on trouva dans les exèdres des palestres les grandes mosaïques qui sont au musée du Latran et qui. d'après le sty^

LE TOMBEAU DES SCIPIONS. iT-^

et les inscriptions, doivent, selon M. Hïilsen, être datées du temps de \'alentinien (iv siècle).

Le prix des entrées dans les thermes, le B.ilnealicum, était perçu par des Balneatores. Il s'élevait k une quadrans, soit quelques centimes. Les enfants ne payaient pas. L'n capsarius était charj,''é de recevoir le dépôt des vêtements ; la police le surveillait étroitement. Un grand nombre de serviteurs spécialistes étaient attachés aux bains, entre autres le barbier, l'épileur, le masseur, le frotteur d'huile, les chauffeurs des chaudières, les lampistes...

L'eau était chauffée dans des cuves en tuiles et en ciment entourées d'une double paroi où passait l'air chaud provenant des chaudières.

Ce système, qui constitue Thypocauste, avait été introduit à. Rome par Serg-ius Orata cent ans avant notre ère. Il servait ég:alement au chauffag-e des demeures privées. Au- premier étage de l'atrium des Vestales, dans le palais de Septime- , Sévère, dans la maison qui se trouve à l'extrémité Ouest du Palatin, on trouve des traces d'hypocaustes, comme on l'a vu. Quelquefois, au lieu d"une paroi double, on logeait dans le mur des tuyaux de brique quadrangulaires qui montaient jusqu'au 'toit.

lp: tombeau des scipioxs

Comme il était interdit par une loi très ancienne mais qui n'était pas toujours observée ', d'ensevelir les morts dans l'enceinte de la ville, les tombeaux s'alignèrent le long des voies qui rayonnaient autour de la ville, surtout au Sud ; mais la ville s'étendant sans cesse, quelques-uns de ces tombeaux se trouvèrent englobés dans les parties habitées; tel fut le cas pour la sépulture des Scipions; elle se trouve avec celle des Calatini, des Servilii, des Metelli, presque en bordure de la voie Appienne, entre cette voie et la voie Latine, à l'intérieur de la muraille Aurélienne. Ce fut en 1641 qu'elle reçut, pour la première fois, la visite des dévastateurs ; un antiquaire, Giacomo Rirmondo, raconte qu'on découvrit deux sarcophages, l'un appartenant à Lucius Cornélius Scipio, qui fut respecté, l'autre appartenant a Lucius Cornélius, hls de Barbatus, qui fut mis en pièces; la dalle contenant l'inscription, devint moyennant 20 écus la propriété d'un tailleur de pierres qui la céda aux Barberini comme pierre de construction. A la h'n du xviir siècle,

I. Tombeau des V'alerii, près de la basilii-iuc de Constantin.

le terrain appartenait aux frères Sassi: en élargissant leur cave, au mois de mai 1780, ils rencontrèrent l'hypogée; ce fut un désastre ; les sarcophages restants furent mis en pièces ; les objets qu'ils contenaient ou qui les entouraient, dispersés; les salles furent transformées'. Personne ne protesta. Byron pouvait s'écrier peu après:

La tombe des Scipions ne contient plus de cendres Ce sépulcre est privé de ses grands habitant? !

Un seul sarcophage échappa, celui de Lucius Scipio Barbatus, consul en 298 av. J.-C; il est au Vatican ; l'inscription qu'il porte est en vers saturniens-.

CORNELIVS. LVCIVS- SCIPIO . BARBATVS • GNAIVOD -PATRE — PRO-

GNAiVS- FORTIS • VIR- SAPIEN3QVE - QVOIVS -FORMA • VIRTVTEI-PA-

RISMA— FVIT— CONSUL • CENSOR • AIDILIS • QVEI . FUIT . APVD-VGS —

TAVRASIA • CISAVNA — SAMNIO • CEPIT — SVBIGIT- OMNE • LOVCANA —

OPSIDESQVE . ABDOVCIT

« Cornélius Lucius Scipio Barbatus, engendré par son père Gnaevus homme fort sage dont l'extérieur égalait le courage, qui fut parmi vous consul, censeur, édile, prit Taurasia. Cisauna appartenant aux Samintes, il soumit toute la Lucani^ et emmena les otages. »

Il semble que ce sarcophage soit le plus ancien qu'ait contenu ce tombeau. La voie Appienne venait d'être ouverte quelques années auparavant, en 3i2.

Si l'on trouve des sarcophages et point d'urnes funéraires dans cet hypogée, c'est qu'au temps des Scipions, l'incinération était d'un usage moins fréquent que par la suite. D'ailleurs chaque famille avait son rite préféré; Sylla fut le premier des Cornelii qui se fit incinérer.

Le tombeau lui-même est composé d'une série de salles creusées dans le tuf et reliées par des passages étroits. L'entrée se compose d'une arche en blocs de péperin, surmontée d'une corniche efflanquée de deux colonnes ioniques.

Un buste qu'on suppose être celui du poète Ennius, patronné par la famille des Scipions, fut trouvé dans l'hypogée et figure actuellement au \'atican^.

1. Un anneau trouvé sur le squelette d'un des Scipions fut offert par le pape Pie VI à son antiquaire. Dutcns, et passa en Angleterre.

2. Vers ayant une métrique archaïque que d'aiiicur.s on n"a pu encore pré ciscr avec certitude. Les exemples en sont rares.

3. Tite-Live et Cicérou disent que la statue du poète se trouvait dans tombeau.

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