Ne pas conlondre avec celui du Foi um
LE THÉÂTRE DE MARCELLl'S. i85
ce fut Aiiyuste qui le déJia en l'an i3 avant notre ère'. Celait le plus vaste théâtre de la ville; il possédait vin<il-quatre rant^s de sièges; le pourtour de la rang'ée la plus élevée mesurait i8o mètres; celui de la plus basse avait 60 mètres; il y avait peut-être cinq gradins dans une galerie supérieure, soit un développement total qu'on peut évaluer approximativement à 6000 mètres de banquettes ou 20000 pieds, comme le portent les textes anciens*; ce qui représente looco spectateurs au moins.
Le théâtre de Marcellus est construit en travertin; la scène se trouvait du côté du Tibre: le premier étage, actuellement enfoui de près de cinq mètres, était composé d'arcades larges de 3 mètres environ ; les piliers qui les séparent ont 2 mètres de largeur et 3 mètres d'épaisseur; ils sont décorés de colonnes engagées d'ordre dorique ; il subsiste douze arcades occupées actuellement comme au moyen âge par des échoppes. Le deuxième étage est d'ordre ionique; le troisième, qui a disparu, était d'ordre corinthien.
Le jour de la dédicace du théâtre, six cents bêtes féroces amenées de Nubie furent mises à mort. Auguste assistait au spectacle sur une chaise curule; elle se brisa et il tomba à la renverse, mais nul n'en tira mauvais augure. Une statue en or de Marcellus assis sur une chaise curule était placée parmi les stalles réservées aux préfets des jeux'. Ce fut dans ce théâtre que les Romains virent pour la première fois dans une cage un tigre apprivoisé*. L'incendie survenu sous le règne de Néron l'endommagea, et Vespasien dut y faire d'importantes réparalions; Septime-Sévère le répara également. Il y fut alors donné des représentations qui durent être singulièrement coiiteuses; le tragédien Apollinaris reçut, en effet, 400000 sesterces, soit environ 80000 francs; deux harpistes, Terpnos et Diodoros, eurent chacun 200000 sesterces, soit 40000 francs, plus des couronnes d'or^». En 36û ou 36.5, Lucius Aurelius Symmachus, préfet de la ville, y prit des blocs de travertin pour restaurer le pont Cestius, ce qui montre qu'à cette époque on considérait déjà ce monument comme une chose du passé dont on pouvait
1. Comtesse Caetani Lovatelli, // Teatro di Marcello, Rome, 1906. L. Vau- DoYER, Description du Théâtre de Marcellus, Paris, 1912. L. Pernier, Bull, delta Corn. Arch.. an XXIX, 1901, p. 52. Do.m. Marchetti Ash. Persy, Catalogue of tite First annnal E.xliititioti of American AcaJemr in Rome, 1906.