G. I. L. Roma, vol. VI, n
KOLjOCA.NACIII. ,v l'
i86 LliS MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
disposer'; ThéoJoric, qui s'occupa de faire mettre en état le théâtre de Pompée et en parle avec tant d'admiration, ne fait nulle mention de celui de Marcellus. Au temps de l'anonyme d'Einsiedeln, c'est-à-dire au viii' siècle, on savait encore qu"il avait été un théâtre, mais au* x° siècle on le qualifiait de Templum^.
A la fin du pontificat de Grég-oire VII, les Pierleoni, cette famille d'oris-inc juive dont le rôle fut alors si important auprès du Saint-Sièi;-e, s'empara, ce semble, du théâtre à la faveur des troubles qui désolèrent la ville; toute la rèe;-ion environnante leur appartenait déjà.
Outre que celte énorme et massive construction offrait d'admirables moyens de défense, elle occupait une excellente position stratég^ique entre le fleuve et le mont Capitolin. dans la partie la plus peuplée de la ville. Les Pierleoni restèrent assez long"temps possesseurs du théâtre pour qu'il ait gardé au moyen âge le nom de Casa dei Pierleoni (1086); ils y donnèrent asile au pape Urbain II avant qu'il vînt en France y prêcher la croisade; c'est là qu'il mourut en 1099.
La fermeture des arcades par des cloisons de maçonnerie date de la fin du xiir siècle.
Quand la famille des Pierleoni eut disparu au cours du xiir' siècle, les Savelli devinrent propriétaires de l'édifice, non pas en une fois, mais graduellement, par achats successifs; ainsi, en i3o8, Luca Savelli acheta « plusieurs maisons, palais et anciennes constructions » en ce lieu. Le théâtre était si difficile à reconnaître désormais par suite des démolitions et des constructions parasites, que Pétrarque le cherchait en vain : « Ubi thealrum Marcelli? »
Au commencement du xvi" siècle, les Savelli demandèrent à l'architecte Baldassare Peruzzi de leur bâtir une demeure dans le théâtre; il employa, à cet effet, la portion la mieux ^;onservée, celle qui se trouvait du côté de la place Montanara, à droite de la scène; il y existait encore des arcades doriques et ioniques; les entre-colonnements furent murés et plusieurs voûtes refaites: comme il convenait alors pour tout palais, Peruzzi dota celui-ci de deux tours.
La légende veut que Béatrice Cenci ait été un moment enlcrmée dans ce palais, sans doute parce qu'on a confondu la Cork Savella, qui était une prison et un tribunal relevant des Savelli, avec leur demeure.
1. On a retrouvé des pierres provenant de cet edilice quand le punt a éti partieilenienl détruit en iïi86-i88<i. •
2 JciiMiAN. T"p , vol. 11. p. ,^42.