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LES DEUX PREMIERS SIÈCLES DE L'EMPIRE

L'art de la construction en blocage atteignit sa perfection sous l'Empire. En principe, cette méthode consiste à réaliser, grâce à un ciment parfait, des murailles ou des voûtes mono-

PHASES DE L HISTOIRE MONIMENTALE DE ROME. ii

lithes, indépendamment de toute réi^ularité d'appareillape ; cette méthode était économique et même des ouvriers peu spécialistes pouvaient l'appliquer aisément. On observera fréquemment (nulle part peut-être mieux que dans les ruines de la domiis Augustana, sous l'ancienne villa Mills), modelée sur le blocage, la trace encore fraîche des coffres de bois qui supportaient provisoirement le béton, tant qu'il n'était pas sec. C'est peutêtre une erreur de penser que les murs ou les voûtes des Romains n'ont aucune sorte d'ossature. « Si l'on observe de près ces massifs d'apparence extrêmement brute, dit M. Choisy, on découvrira incrustées en eux des chaînes d'une structure toute différente, de véritables nervures engagées, quelquefois des réseaux entiers de briques formant dans le corps des blocages une charpente interne, une sorte de squelette léger'.... > Il arrive même que l'on reconnaisse, perdus dans les voûtes, des arcs croisés (par exemple aux thermes de Dioclétien), qui sont étrangement proches de ces croisées d'ogive, dont l'invention est le grand titre d'honneur des architectes gothiques. Toutefois il faut dire qu'à la différence des arcs du moyen âge, les arcs noyés dans la maçonnerie des voûtes romaines n'avaient à remplir qu'un ofHce provisoire, à faciliter la construction ; ils étaient d'ailleurs cachés sous des stucs et n'ont jamais servi à la décoration-.

Le désaccord entre la structure architecturale des édifices et leur décollation extérieure est d'ailleurs un des traits les plus caractéristiques de l'art romain. Les architectes de la Renaissance n'ont été que trop disposés à suivre à cet égard l'exemple des Romains. Tout autre avait été la méthode des architectes grecs pour qui « la forme n'est autre que la structure rendue apparente », selon l'expression très juste de M. de Choisy. Et ce trait de l'architecture romaine explique pourquoi les ruines romaines, à la différence des ruines grecques, intéressent souvent l'ingénieur plus que l'artiste.

L'histoire de l'architecture romaine sous l'Empire a été longtemps obscurcie par la grave erreur que l'on commettait à l'égard de la date du Panthéon. Sur la foi de l'inscription du portique, on attribuait au temps d'Auguste la construction de cette voûte audacieuse ; les recherches de M. Chédanne ont démontré que tout le corps de la rotonde actuelle date, au contraire, d'Hadrien. Désormais on pourra essayer d'établir sur des bases plus certaines l'évolution de l'architecture romaine depuis

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