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LES THERMES DE DIOCLETIEN

Pour se rendre compte de l'immense étendue des Thermes de Dioclétien, il faut parcourir tout l'espace compris entre la place semi circulaire ornée d'une fontaine qui a reçu le nom de Piazza délie Terme et la \'ia \'olturno, et pour en comprendre la magnificence, on doit pénétrer dans l'église S. Maria degli Angeli qui en est une des salles. La longueur de ces bains était de J20 mètres environ et la largeur de 38o mètres; par conséquent, ils couvraient une aire de près de seize hectares. Trois mille deux cents baigneurs pouvaient y prendre place simultanément, disait-on. Plusieurs maisons furent rasées à quelques mètres du sol pour les établir; on en trouve les restes en fouillant audessous du pavement des bains. La légende voulait que quarante mille chrétiens eussent été obligés d'y travailler et l'on affirmait que sur nombre de briques se voyait une croix, ce qui n'est pas exact. Néanmoins cet immense édifice fut bâti assez rapidement. Commencé en 3o3 par l'empereur Maximien en l'honneur de son collègue Dioclétien alors absent de Rome, il fut inauguré par Constance Chlore et Galère entre les calendes de mai .3o5 et le 8" jour avant les calendes d'août 3oCi, alors que Dioclétien avait déjà abdiqué.

La disposition de ces thermes est celle que l'on retrouve presque partout ailleurs; au centre .de la partie qui fait face à la place dclle Terme, le cjUariiiiu ou laioniiurn où l'on pre

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nait les bains chauds: il s'élevait sur remplacement de la place actuelle et a complètement disparu; derrière se trouvait une rotonde d'usage inconnu, puis venait le lepidarium, long de 65 mètres, larg-e de 2.5 mètres, orné de magnifiques colonnes en granit rouge oriental. La voûte en est faite pour ainsi dire d'un seul bloc de ciment et non de pierres juxtaposées. La rotonde et le lepidarium constituent l'église S. Maria degli Angeli et ont été heureusement conservés: l'harmonie des proportions

Fig. 14. — Thermes de Dioclétien.

(Alo Giovannoli. fin du xvi* siècle).

frappe dès qu'on pénètre dans cette nef et l'effet en est saisissant bien que toute l'ornementation, les revêtements de marbre et les motifs de bronze aient disparu; c'est à peine si, à la voûte, subsistent quelques rosaces de bronze au centre des compartiments: peut-être y suspendait-on des lampes. La rotonde rappelle par sa structure le Panthéon. Quelques autres salles existent encore intactes du côté de la Via Cernaia, au Nord. Derrière le lepidarium se trouvait le frigidarium contenant une grande piscine pour les bains froids. L'entrée principale s'ouvrait donc au Nord-Est; on avait apparemment voulu que le caldarium fût dans la partie exposée au soleil.

Autour de ce groupe de salles était une série de pièces et de constructions à destinations très diverses, gymnases, palestres, bibliothèques; la bibliothèque L'ipia fut transportée du forum

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de Trajan aux thermes de Dioclétien peu après leur création, et c'est là qu'un des auteurs de V Histoire Auguste nous dit qu'il s'est documenté. Un des e.xédrcs servait de théâtre. A chaque extrémité une salle à coupole terminait la façade; l'une d'elles est aujourd'hui l'ég-lise S. Bernardo; l'autre, moins bien conservée, a servi de prison*. Le reste du péribole est engagé dans des maisons modernes; de-ci, de-là, en se promenant autour de cette énorme enceinte, on en aperçoit quelques vestiges.

En 1.548, une grosse cloche de bronze fut découverte dans les bains; elle portait l'inscription Finni-Balneatoris; on la sonnait pour annoncer que l'eau des bains était chaude. Martial parle de la cloche des bains quand il dit : « Abandonnez la balle; la cloche des bains a sonné » (Epig., Liv. XIV, 164).

Le réservoir des thermes n'a été détruit que récemment lors de l'établissement de la gare; il mesurait plus de 100 mètres de long.

La durée des thermes de Dioclétien fut courte; cent cinquante ans s'étaient à peine écoulés depuis leur création, que les soldats d'Alaric y commettaient d'importants dégâts (4501 qui, à vrai dire, furent assez vite réparés. Sidoine Apollinaire pouvait, en 466, en célébrer encore la magnificence. Leur décadence définitive commença du jour où \'itiges, en ôSj, coupa les aqueducs qui amenaient l'eau à Rome ; devenus inutiles, les Thermes lurent donc abandonnés et peu à peu se ruinèrent: d'ailleurs la région circonvoisine devenait un désert; ce n'est qu'assez récemment qu'elle s'est repeuplée.

Une église fut bâtie vers ce temps à l'angle Xord-Ouest des Thermes, peut-être dans quelque construction attenante: elle était dédiée à saint Cyriaque, martyr au temps de Dioclétien et que l'on disait avoir été employé à la construction des Thermes: elle existait déjà en 494.

On a retrouvé au cours des travaux de construction du Ministère des Finances, en 1874, quelques vestiges de cette église, des colonnes, des chapiteaux.

Cependant les Thermes continuaient à se détruire: malgré leur importance, les descriptions de Rome de la fin du moyen âge en font à peine mention, Pétrarque n'y fait allusion que comme un but de promenade :

« Nous avions coutume, après avoir erré dans l'immense ville, dit-il dans une lettre à Giovanni Colonna, de nous reposer dans les thermes de Dioclétien et parfois de monter sur le haut des

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