FIN DE L'EMPIRE
Tandis que les architectes romains acquéraient une science et une hardiesse toujours plus grandes, l'art décoratif romain s'acheminait rapidement vers la décadence.
1. EsTiiER VAN Deman, Movens de ilatcr les édifices romains en blojasrc. A mericaii Joiiîtial of Archxology, n;i :.
PHASES DE LHISTOIKE MONUMENTALE DE ROME. i3
L"architecture romaine n'a peut-être rien produit de plus audacieux que les thermes de Caracalla, les thermes de Dioclétien et la basilique de .Maxence, dite de Constantin. La cella soliaris des thermes de Caracalla, où l'on voyait une voûte de béton suspendue par des crampons de fer à une charpente de bronze, faisait l'admiration des spécialistes. Mais la maçonnerie n'est plus établie avec soin; c'est à l'épaisseur excessive des lits de cimer.t, égale parfois à l'épaisseur même des briques, que l'on reconnaît la date tardive des édifices de cette dernière période; tel est le critère chronolos"ique le plus commode à employer, toutes les fois que l'on n'a pas la chance de pouvoir observer des briques datées.
La décoration sculptée, malgré l'abus que les praticiens font alors du vilebrequin, est encore riche et intéressante au temps des Sévères. Les sculptures de l'arc de Constantin sont, au contraire, d'une grossièreté choquante, et l'on ne comprend guère l'aveuglement des. théoriciens allemands qui" croient y discerner les signes précurseurs d'un art nouveau.
Au vi" siècle se termine à Rome, avec la basilique de Maxence. l'époque des voûtes de blocage. Aux basiliques à piliers et à voûtes succèdent, au temps des empereurs chrétiens, les basiliques à colonnes et à charpentes de bois. L'influence de l'Orient triomphe et met fin à cet art romain, qu'on a si sévèrement défini comme une simple branche dégénérée de l'art hellénistique. La faiblesse de l'art romain fut de n'avoir jamais su réaliser ce parfait accord entre le travail de l'ingénieur et le travail du décorateur, qui constitue le miracle de l'art grec.
LES PONTS. L'JLE TIBERINE