‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 18 sur 156 · ENCEINTE DE SERVIUS · texte numérisé non relu

ENCEINTE DE SERVIUS

était près de FAnio; on le vil, caracolant à la tête de deux mille cavaliers, inspecter les portes et l'assiette de la place. Le proconsul F'ulvius Flaccus, revenu de Campanie à marches forcées, était entré dans Rome par la porte Capène (entre le Cœlius et l'Aventin, vers San Gregorio), il avait traversé le quartier appelé Carinaî (vers S. Pietro in Vincoli) et fixé son camp entre la porte Colline et la porte Esquiline (située vers SaintePraxède) ; c'était là le point le plus vulnérable. Irrité des provocations d'Hannibal, Fulvius ordonna aux cavaliers de faire une sortie et une escarmouche s'engagea. Le terrain était semé de tombeaux et coupé de chemins creux et les cavaliers romains se- trouvèrent fort gênés dans leurs mouvements, aussi les consuls envoyèrent-ils un renfort de cavaliers Numides transfuges, plus accoutumés à cette sorte de combat: ces cavaliers campaient à l'Aventin; ils descendirent par le clirus Publicius (entre la rue de S. Sabina et la vallée du Cirque), et la foule qui, du Forum, vit de loin s'approcher cette troupe armée, croyant la ville prise, s'épouvanta ; les magistrats eurent peine à faire cesser la panique. Après quelques jours d'attente, Hannibal se retira, sans qu'aucun des deux partis eût osé risquer le combat.

A la fin de La République, l'enceinte devait encore remplir son office protecteur ; devant la porte Colline, Sylla repoussa un assaut terrible des Samnites, dont le succès eût déterminé le triomphe de l'Italie sur Rome.

La muraille, dans son état actuel, date d'époques probablement diverses. Il n'est pas absolument impossible que certaines parties soient antérieures à l'invasion gauloise; du moins a-t-on cru reconnaître récemment qu'en maint endroit les assises intérieures du mur sont composées de blocs taillés d'après le pied osque de 27 centimètres et non d'après le pied romain de 2q centimètres qui paraît avoir supplanté le pied osque dès le V siècle. Les ruines voisines de Santa Anna et de la villa Spithc'iver. sur le Quirinal, peuvent dater, selon M. Boni, de la construction du iv" siècle. Les ruines voisines de la gare de Termini dateraient d'une restauration de la fin delà République, du temps des guerres civiles. Les ruines signalées au Viale di San Paolo, entre les deux cimes de l'Aventin, ne dateraient même, selon certains archéologues, que de l'extrême fin de la République ; en effet, la muraille est doublée d'un blocage, et le curieux arc de tuf rouge qui le domine, et qui marque peutêtre l'emplacement d'une machine de guerre, est en pierres unies par du mortier: là était la porta Randusculana, au fond d'un couloir étroit que le mur surplombait ; elle devait son nom à oc qu'elle était anciennement garnie de plaques de bronze.

L'enceinte commençait entre le Pojis Sutlicius et le Pojis Fabricius, près du théâtre de Marcellus, lon^-eait le mont Capitolin, traversait le Forum de Trajan, gagnait le mont Quirinal. contournait l'emplacement où furent plus tard les thermes de Diocléticn, coupait dans toute sa largeur TEsquilin en passant près de Sainte-Marie-Majeure et de la place Vittono Emanuele, s'infléchissait près du Latran, s'approchait de l'église de S. Stefano Rotondo, faisait le tour de l'Aventin et rejoignait le Tibre en aval de la place où s'élève le temple dit de \'esta. Le développement en était de onze kilom^^tres et demi.

Il faut noter que le mur dit de Servius ne coïncide pas absolument avec le pomœrium, c'est-à-dire la limite religieuse de la ville, déterminée à l'origine, dit la légende, par le soc de la charrue qui fixa le tracé de l'enceinte. L'Aventin, la colline plébéienne par excellence, demeura jusqu'au règne de Claude en dehors du terrain sacré de la ville; les auspices qui valaient pour la ville ne valaient pas pour l'Aventin. Étendre les limites du pomœrium n'était permis qu'aux chefs qui étendaient les frontières même de l'Empire romain.

Au siècle d'Auguste, le mur Servien était devenu inutile: Denysd'Halicarnasse, diligent archéologue de ce temps, déclare que les ruines en étaient dès lors « difficiles à trouver ». La paisible Rome du Ilaut-Empire put se contenter longtemps d'une simple muraille d'octroi à la limite des XIV régions entre lesquelles Auguste avait réparti les quartiers urbains.

La construction de la muraille de Servius diffère suivant les dispositions des lieux. Lorsqu'elle court le long d'une pente, elle affecte la même forme que la muraille du Palatin, c'est-àdire qu'elle s'élève à mi-côte; les blocs dont elle est formée sont en tuf, disposés tantôt en longueur, tantôt en largeur, structure que Vitruve appelait, d'après les Grecs, Emplecton ; ces blocs, non cimentés, de forme très régulière et à arêtes nettes, mesurent en moyenne i m. 70 de long sur o m. 62 de large et o m. 55 à o m. 60 de haut. L'épaisseur de la muraille est de 2 mètres à 3 m. 5o, sa hauteur de i2và i3 mètres. Sur le Quirinal, Via délie Finanze, les blocs sont plus petits: ils mesurent de o m. 80 à o m. 90 de long, o m., 55 à o m. 60 de large, o m. 20 à o m. 27 de haut; leur disposition est la même; la muraille est bâtie sur le roc. Dans cette région, l'enceinte est composée de deux murs parallèles, entre lesquels était une levée de terre qui constituait Vagger proprement dit et que ces murs étayaient; elle a disparu. L'appareil des deux murs et leurs matériaux ne sont pas les mêmes et pourraient même dater d'époques différentes. On tend à admettre que les murs de tuf gris vert sont plus anciens

ENCEINTE IVAURËLIEN. 2'i

que les murs de tuf brun. Cette partie de muraille, découverte pendant les années 187(3-1879, a été détruite.

Voici les endroits où se trouvent les restes les mieux conservés de la muraille de Servius Tullius : Salita délie Tre Pile au Capitole, Piazza Magnanapuli, vers l'emplacement de la paria Fontinalis, sous la villa Spitho\'er, via dellc Finanze, non loin de la. poria Colliiu, place .Maccao à la gare de Termini (parla Viminalis), dans les jardins de l'Acquario Romano, dans les jardins de S. Greg-orio (près de la porta Capena), près de S. Saba, dans le viale di Porta San Paolo, entre les deux cimes de l'Avcntin (porta Raiidusculana).

Enceinte d'Aurélien. — La muraille qui entoure Rome actuellement et qu'elle ne déborde que sur quelques points, est en grande partie celle que l'empereur Aurélien édifia en 271'. Les barbares avaient pénétré jusqu'à Fano sur l'Adriatique et l'empereur avait eu grand'peine à les chasser, c'est pourquoi il fut jugé urgent de mettre la ville à l'abri d'un coup de main. La muraille fut construite hâtivement et économiquement; on emprunta des matériaux à d'anciens monuments, on profita des constructions qui existaient dans le voisinage du tracé; l'amphithéâtre Castrense, le camp Prétorien, la pyramide de Cestius, certaines parties d'aqueducs, bien d'autres édifices devinrent partie intégrante de la muraille ; on a même retrouvé, lors d'une tlémolition, un mur avec des niches contenant encore leurs statues qu'on s'était contenté de murer. Aussi la ligne des murs est-elle fort capricieuse; généralement elle suivait l'enceinte de l'octroi.

Probus l'acheva après la mort d'Aurélien vers 280; Honorius et Arcadius la réparèrent en qoS; depuis elle a été restaurée bien des fois; si elle protégea Rome au temps de Bélisaire, elle n'empêcha ni les Goths d'Alaric, ni les \'andales de Gehséric, ni, en 1027, les Impériaux de Charles-Quint de pénétrer dans la ville et de la mettre à sac-.

La muraille d'Aurélien mesure io.3oo mètres de longueur; elle comptait 383 tours'; on estime qu'elle représente un million de mètres cubes de maçonnerie et que le coût, en monnaie actuelle, dut s'élever à 40 millions de francs*. La largeur de la muraille varie selon le terrain; elle est en moyenne de 4 mètres;

t. Homo, EssjI sur le règne d'Aurélien, Paris, 1904.

2. Voir nos ouvrages, Les Monuments Je Rome et Rome j« temps Je Jules II et Je Léon X.

3. llinéraire de l'anonyme d'Einsiedeln (viii" siècle), dans I'rlichs; CoJex. Urtis Komx To/'O^. Wurtzbiirg', I071.

4. Lanciani, La Di/csa Jel confine ]'eneto Istrijuo, Rome, 1916, p. -. Dans Ruiiis anJ Excavations, p. 69, il évaluait la dépense à lO millions.

o'i [.ES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.

la hauteur est ég-alement fort différente; elle est parfois de 8 mètres, parfois du double; à 2 m. 5o environ du sol courait une galerie soutenue par des arcades; il y avait généralement six arcades entre chaque tour, la distance de ces tours étant de 29 à 3o mètres; elles font saillie de 4 mètres et dépassent de -beaucoup la muraille en hauteur; elles renfermaient des chambres de 3 rfl. 20 de côté dont la plus basse était de plainpied avec la galerie ; des meurtrières, généralement au nombre de cinq, y étaient percées ainsi que des ouvertures plus petites ayant vue sur la muraille. Une seule de ces tours est demeurée complètement intacte, la sixième à gauche de la porte Salaria, porte par où l'on va à la villa Albani.

Le mur d'Aurélien, sur la rive gauche, bordait le Tibre tout le long du Champ de xMars, depuis \cpoiis Aurelius (ponte Sisto) jusqu'à la hauteur du Pincio. Cette partie de l'enceinte, peu soignée, passait au temps de Bélisaire pour très difficile à dérendre. Au pons iTllius (ponte S. Angeloj elle était reliée au mausolée d'Hadrien, qui formait tête de pont et surveillait les Prati. Cette portion de la muraille a disparu dès le moyen âge. Entre le Tibre et le Pincio, l'enceinte barrait l'étranglement, large de 400 mètres, qui sépare le Champ de Mars de la plaine comprise entre le Tibre et le pied des monts Parioli. Cette partie du mur a été entièrement refaite au xv° et au xvi' siècle. La porta Flamini.i, détruite en i56i, a été remplacée par là Porta del Popolo actuelle.

Au Pincio, Aurélien a utilisé les substructions des horti Acilioruin, murs en blocage revêtus de réticulé'. L'aspect que présentait cette partie de la muraille dès le temps de Procope et même sans doute sous le règne dAurélien, lui a fait donner le nom de Muro Torto. Au delà, en bordure de la villa Medicis, la dénivellation entre l'intérieur et l'extérieur des murs variant de 0 à i3 mètres, le rempart se réduisit à un mur de soutènement avec parapet crénelé.

De la porta Pinciana à la porta Salaria s'étendait la partie la plus vulnérable du mur. C'est par la porta Salaria qu'Alaric entra dans Rome, peut-être par trahison, en 410. En 540. lechet des Goths, \'itigès, avait son camp à la villa Borghèse, alors que Bélisaire avait fixé son quartier général à la domus Pinciana. C'est enfin le même point d'attaque que choisirent les Italiens en septembre i'\o. La porta Pinciana existe encore;

I. Ces jardins avaient appartenu, au i" siècle, aux Acilii Glabriones ; au IV" siècle, ils étaient parmi les rares Tque n'eussent pas accaparé les empereurs. Des restes de ^Tadins et de piscines, deux tunnels taillés dans le roc existent encore au l'inci.!.

ENCEINTE DAU RELIEN. 2:,

au temps d'Aurélicn, ce n'était qu'une poterne au-dessus de laquelle se prolong-eait la ligne des arcades de la courtine, la porte actuelle date de la réfection d'IIonorius, qui a construit les deux demi-tours circulaires. L'arche est en travertin, ainsi que les soubassements des tours; le haut des tours est en blocage à revêtement de briques; le seuil est en blocs de travertin enlevés à un autre monunient, car on y lit un fragment d'inscription. La. porta Salaria antique, détruite en 1871, aété remplacée par la porte moderne du même nom. Quand on la détruisit, on découvrit sous "la tour occidentale une tombe de l'époque républicaine; sous la tour orientale on découvrit également une tombe républicaine en péperin, ornée de pilastres, sans inscription, et une base quadrangulaire, autrefois surmontée d'un cippe au nom d'un enfant poète, mort à onze ans, C. Sulpicius .Maximus, qui vivait sous Domitien. Ce cippe, qui se trouve au musée du Capitole, contient, outre un portrait de l'enfant, un fragment d'un poème pour lequel il avait remporté le prix et dont le sujet était une discussion entre Jupiter et Helios Apollon que le Père des Dieux réprimandait d'avoir abandonné le char du soleil à son fils Phaeton. L'enfant poète était mort à la suite de son surmenage.

La porta Nomentana, murée en 1.562, date de la réfection d'Honorius. Sous la tour orientale, détruite en 1827, a été découvert le tombeau de C. Haterius, du premier siècle de l'Empire. Cette porte était ornée d'une arche flanquée de deux tours demi-circulaires dont une seule subsiste actuellement.

Les castra prœtoria étaient le camp des cohortes prétoriennes, construit sous Tibère pour tenir la ville en respect; il était carré et percé de quatre portes. Il forma un bastion d'angle du mur d'Aurélien. Le mur extérieur, qui mesurait 5 m. 60 de hauteur, fut exhaussé d'environ 3 mètres et les fondations furent mises à nu ; le mur intérieur du camp fut détruit en .3i2 quand Constantin licencia les prétoriens. Au sud des castra prœloria est une porte de nom inconnu, murée avant le ix' siècle.

La partie orientale de l'enceinte dominait la dépression que parcourt, sous différents noms, un affluent de l'Anio et qu'utilisent actuellement les voies ferrées de Rome à Florence et de Rome ci Naples. La porta Tibnrtina, actuellement San Lorenzo. date d'Honorius, mais les fondations sont d'Aurélien. Elle est en travertin; au-dessus sont six fenêtres; une des tours a été détruite par Pie IX en 1869. De \a porta Tibnrtina à. \â porta Prseneslina Aurélien a utilisé comme contreforts les arches du triple aqueduc de Vaqua Marcia, \'aqua Tepula et Vaqua Julia, dont l'ensemble date de la restauration d'Agrippa, en 33 av.J.-C.

RODOCANACIII. 3

■2fy LES MONTMENTS ANTIQUES DE ROME.

En ce qui concerne la por/a l^nene^^lina, actuellement Porta .Mag-giore (voir plus loin;.

Au delà, l'enceinte utilise la ligne du double aqueduc de Vaqua Claudia et de VAnio Novus, dont les arches ne servent pas seulement de contreforts, mais forment une partie de la muraille même et sont visibles. Puis à travers les anciens horti spci ve/eris (voir plus loin), l'enceinte rejoint Vamphiiheatrnm castrense (voir plus loin».

De Vaniphil/ieatrum caslrensc i\ la porta .Metrovia, le mur suivait le bord méridional du Ciclius. Lsl porta Asinaria, murée en 1.574, ^ la même disposition que la Porta Xomentana. Au delà de la porte Asinaria, en bordure de la place Saint-Jean de Latran, se trouvent les substructions de la domus Lateranoruvi, palais qui appartenait à l'empereur e^que l'enceinte a coupé en deux; on reconnaît encore des murs de briques qui paraissent dater du temps des Sévères, ainsi que des fenêtres avec corbeaux eu travertin, qui datent peut-être du i" siècle de l'Empire. La base des contreforts est du iir siècle, la partie haute est restaurée; elle a subi des réfections au temps de Bélisaire et au xir siècle. Plus à l'Ouest, l'enceinte traversait un autre palais, dont il reste à peine quelques traces, peut-être la domus Annii. où fut élevé -Marc-Aurèle: l'emplacement en est occupé maintenant par l'hôpital de Saint-Jean. L'emplacement de la porta Metrovia est incertain.

La partie la plus méridionale de l'enceinte dominait la vallée assez profonde où coulait VAlmo, aujourd'hui Marrana dell'Aequataccia. Elle laissait en dehors un grand nombre d'éditiccplus anciens et même le vieux temple de .Mars du Campiiminor. Avant d'arriver à la porta Latina, on remarque dans 1 rempart les substructions d'un aqueduc de nom inconnu.

La poi'ta Latina date d'IIonorius et a été restaurée par les Byzantins; murée en 1827, elle a été rouverte. L'arche est en travertin; les tours ont une base octogonale; au-dessus de l'arche sont cinq fenêtres; sur la clé de voûte se voit le monogramme du Christ.

hA porta Appia, actuellement S. Sebastiano, est construite en blocs de travertin enlevés à un autre monument ; elle est flanquéç de deux tours semi-circulaires reposant sur une base de marbre: au-dessus de l'arche, deux rangées de cinq fenêti'es. à la clé de voûte, le monogramme du Christ. Entre la dixième et Ja: onzième tour au delà de la porta Appia se voit une porte duj I" siècle, encadrée de demi-colonnes corinthiennes en travertin;] Aurélien l'a encastrée dans l'enceinte et elle servit de poternt avant d'être murée, sans doute pai- llonorius.

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La porta Ardea:ina, déliuile en lôSç, a été remplacée par le t.istione ciel Sangallo, sous Paul III.

La Porta Osliefisis est actuellemenl la porte S. Paolo. Il y avait une porte de chaque côté de la pyramide de Cestius; Honorius mura l'une et transforma celle qui existe encore, la porte S. Paolo; elle est construite en blocs de travertin, surmontée de cinq fenêtres et flanquée de deux tours.

L'enceinte long-eait la rive du Tibre vers l'Aventin sur une longueur de 8o(j mètres; il reste quelques traces de cette pai^tie, refaite au moyen âge; elle se terminait au Nord par une tour aujourd'hui disparue.

Sur la rive droite du Tibre, l'enceinte formait un angle assez aigu vers le Janicule, qu'elle ne rejoignait que près de \a porta Aurélia (auj. San Pancrazio). Il s'agissait surtout de rendre le Janicule intenable pour un ennemi. Les anciennes portes Portuensis (au bord du fleuve) et Aurélia ont été détruites en lôqS.

Entre la porta Aurélia et le ponte Sisto, la porta Septimiana devait son nom au voisinage de constructions élevées par Septime Sévère. Là s'étendaient, sur la pente est du Janicule, les horti Getae*. Cette porte a été détruite en 1498 et remplacée par la porte actuelle du même nom, laquelle a été restaurée en

Léon IV (847-855), cà la suite d'une incursion des Sarrasins qui pillèrent Saint-Pierre, entoura le quartier du ^'atican, le Borgo, d'une muraille qui partait du château Saint-Ange, allait jusqu'à la Porta Fabrica par où passait la ]la Cornclia et rejoignait le fleuve un peu en aval du château Saint-Ange.

Urbain VIII, craignant une attaque du duc de Parme, en 1642. entoura le Janicule d'une muraille reliant le \'atican au Transtévère.

Les murailles de Rome servirent depuis le moyen âge d'asile à des ermites. Au xiii" siècle, une femme nommée Bona s'y était logée; saint Dominique, qui voulut la visiter, dut monter sur une échelle pour parvenir jusqu'à elle. Ces ermites payaient parfois une redevance aux propriétaires delà partie des murs où ils avaient élu domicile; en 1487, l'un d'eux versait 5 carlins par an au couvent voisin; un autre en payait 6; il devait en outre entretenir une lampe devant une image. Ils exploitaient quelque peu leur réputation en vendant des drogues et des onguents; fra Bernardino Garibaldi envoya à Caterina Sforza, en 1 504, de l'eau contre les maux de tête et les douleurs de foie. En 1648,

I. Ces jardins occupaient l'emplacement de la villa Corsini et de la villa liante; ils furent construits par Sévère pour son jeune lils ; on en retrouve quelques traces-

deux ermites vivaient ensemble dans une chambrette ménagée dans la muraille entre les portes S. Giovanni et S. Croce in Gerusalemme; l'un d'eux demanda à l'autre de le tuer parce qu'ainsi l'ordonnait le Saint-Esprit et celui ci. qui était Siennois, se mit en devoir de lui obéir; comme il n'avait pas d'armes, il prit une bouteille et frappa violemment son compagnon sur la tête.L'assassiné volontaire poussa les hauts cris, la foule accourut et ce fut un grand scandale.

Un règlement de 1733 défendit aux solitaires de vivre plus de deux ensemble.

Le conseil communal s'occupait de les installer et consentait parfois des dépenses d'installation. Quand un ermite abandonnait sa niche, le Conseil l'attribuait aussitôt à un autre. Une chapelle était souvent ménagée dans une tour et l'on exigeait de l'ermite des exercices spirituels'.

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