‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 17 sur 156 · ENCEINTES PRIMITIVES. — ENCEINTE DE SERVIES ENCEINTE D'AURÉLIUS · texte numérisé non relu

ENCEINTES PRIMITIVES. — ENCEINTE DE SERVIES ENCEINTE D'AURÉLIUS

ENCEINTES PRIMITIVES. — La légtndc vcut quc Rome ait été dès l'orig-ine une cité fortifiée. Le fait est vraisemblable, si l'on admet que les Romains sont les descendants lointains des peuples préhistoriques, venus par les cols des Alpes, qui fondèrent dans la plaine Padane les curieuses stations dites ferramares*. A l'époque historique, les camps que les Romains établissaient à chaque étape peuvent rappeler le souvenir des enceintes que leurs ancêtres nomades fondaient où ils séjournaient et qui devenaient parfois des villes. Il faut dire cependant que rien n'atteste le passag:e des terramaricoles dans le Latium, et que l'étude même des terramares Padanes est encore pleine d'obscurités.

Jusqu'à l'époque historique il y avait sur l'éperon del'Esquilin qui portait le nom de Carènes un mur de terre (munis terreus). qui peut avoir protégé le quartier des Carènes contre une attaque venant de l'Est, où aucun escarpement ne gênait l'accès*. On peut supposer que primitivement les différentes collines de Rome, qui forment toutes (sauf le Palatin") non des îlots, mais des promontoires rattachés au grand plateau oriental, étaient pareillement protégées par des levées de terre barrant la gorge de ces promontoires. C'est le type de défense des otipida Celtiques de la Somme ou de l'Aisne; le mur de terre qui, près des bouches du Tibre, à Ardée, défend vers l'Est l'accès du promontoire sur lequel la ville est bâtie, demeure encore aujourd'hui imposant.

Il ne reste plus trace du mur de terre des Carènes.

I. Inc tenamare est une butte de débris où les archéologues reconnaissent une enceinte fortifiée; elle est traversée par deux grandes voies, orientées approximativement selon les points cardinaux.

:. routetois cette interprétation moderne n'est pas entièrement conciliable avec les témoiirnages antiques cjui placent plutôt le Munis terrcus au Nord de S. l'ieiro in N'uicoli.au sommet de la pente qui domine le quartier Subura.

En revanche, des murs de pierres appareillées, reconnaissables surtout sur le Cermahis, peut-être aussi sur le Ca;lius, près de San Gregorio, paraissent rappeler le temps où Rome était une fédération de collines indépendantes, dont chacune avait son acropole. Lors de l'invasion gauloise, ce sont probablement ces acropoles seules qui résistèrent'.

En'Ceinte ue Servius. — On n'admet plus aujourd'hui que les ruines actuelles du mur dit Servien puissent remonter à l'époque royale, et les objections sont très fortes: — cette enceinte englobe un périnîètre immense, hors de proportion avec l'importance réelle de Rome vers la Hn du vi° siècle avant notre ère; si cette enceinte avait existé lors de l'invasion gauloise, Rome n'eût jamais été prise ; on a trouvé à l'intérieur du rempart ou sous le rempart même des tombes postérieures au vi° siècle, or la loi défendait d'inhumer à l'intérieur de l'enceinte urbaine*; — les marques de carrière que portent de nombreux blocs ne sont pas d'un type archaïque.

Rien de plus invraisemblable en effet que le récit de la prise de Rome par les Gaulois. Les Romains en déroute n'avaient même pas, dit Tite-Live, fermé les portes: les Gaulois eurent la stupeur de voir l'enceinte dégarnie, la ville ouverte, et cela leur parut un tel prodige qu'ils n'osèrent pas d'abord entrer dans la place et qu'ils établirent leur camp entre Rome et l'Anio ; leurs éclaireurs, ayant fait le tour de l'enceinte, découvrirent partout le même abandon ; alors seulement, s'étant enhardis, ils pénétrèrent dans Rome par la porte Colline.

Sans doute la muraille date seulement du iv^ siècle: nous savons en effet qu'après la catastrophe gauloise de 887, les censeurs mirent en adjudication la construction d'un rempart de pierre, dont la restauration est signalée au cours même du IV' siècle. A tout le moins, ce fut à la suite de l'invasion gauloise que fut établie la partie la plus savamment construite de l'enceinte, VjL^ger oriental, qui englobait les vastes terrains encore presque déserts de l'Lsquilin, de manière à relier les deux saillants dangereux du Quirinal et du Cœlius.

En 211, quand Ilannibal menaça Rome, une commission fut nommée pour restaurer les murs et les tours. Ilannibal vint jusqu'à un temple d'Hercule, dcMUl'emplacementexact est inconnu, à peu de distance sans doute de la porte Colline (angle Nord-Est de l'enceinte, vers le Ministère des Finances actuel); son camp

1. Sur roiicciiUc du PalaUii, voir le chapitre consacré au Palatin.

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