Ovide, Fasles. liv. \'l. v
/|o LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
« OÙ maintenant sont les forums, il y avait d'humides marécages. Le fleuve y refluait dans ses débordements. »
Aussi les tombes préhistoriques qu'on a retrouvées au Forum sont-elles sur Je versant de YOppius, au-dessus de l'atteinte des eaux.
La légende du dévouement de Curtius se précipitant dans un gouffre pour en obtenir la disparition est un souvenir manifeste des fondrières dont le Forum devait être parsemé.
Quand il eut été asséché, le Forum devint le lieu de réunion habituel des Romains, d'autant plus que la ville s'était étendue tout autour. Les marchands d'objets de première nécessité y établirent leurs boutiques ; ce fut à l'étal d'un boucher du Forum que le père de N'irginie saisit le couteau dont il la frappa. Au cours du rv" siècle avant J.-C, les bouchers furent éloignés et remplacés par des orfèvres, des changeurs, des usuriers. En face des Tabernœ Veteres s'élevèrent les Tabernœ novx ou argentarise. La partie centrale fut pavée. Cette partie, VArea, qui était et resta à proprement parler le Forum, comprenait l'espace qui s'étend entre le Palatin, le Comitiitm qui n'en faisait pas partie, l'arc de Septime Sévère et le temple de Vesta ; c'est dans ce lieu si restreint que, durant des siècles, les événements les plus considérables de l'histoire du monde ont été préparés ou accomplis. L'espace réservé à la foule était des plus limité; les grands hommes d'État y élevèrent tour à tour des monuments dont nous voyons les restes ; temples, basiliques, statues, colonnes commémoratives envahissaient à ce point le Forum que force était, de temps en temps, d'envoyer ailleurs les statues et de détruire quelque édifice.
Au temps de rKmpire,des combats de gladiateurs eurent lieu dans l'area du Forum ; la foule s'entassait pour les voir sur les degrés des temples, sur les piédestaux des colonnes honorifiques; un repas était ensuite offert au peuple en plein vent. Si l'été était trop chaud, on tendait des voiles.
Tous les métiers, même les moins avouables, s'exerçaient au Forum; les copistes, les cordonniers, les gens d'affaires avaient chacun leurs emplacements spéciaux, de même que les faux témoins et les parasites. Les voleurs venaient y écouler le produit deleurs larcins'. Les oisifs promenaient leur ennui sous les portiques. Horace y venait tous les soirs*. Les nouvellistes se rencontraient au pied de la tribune aux harangues: ils y discutaient des destins de l'État et y combinaient des plans straté-
1, Du moins si Ton suppose que ce qui se passait dans les villes corrompues de l'Italie du Sud avait lieu aussi à Rome (Satyricon).