I. JuvKN.M-, Sat., m, 3i
se trouve pas au centre. La construction est d'une époque "plus récente que le Carcer.
Vn des côtés de la façade de l'édifice donne ?ur la Via di Marforio, anciennement le Clivas Aro'entarius ; cette partie date d'une restauration exécuLée sous Tibère ainsi que l'atteste l'inscription qui s'y lit :
G(AIVS) • VIBIVS • CAII; ■ FdLIVSi • RVFINVS ■ M AR3VS) ■ COCCElViS • NERVA COSS- EX- SiENATVSi • C iQNSVLTO)
Or ces deux consuls étaient en fonctions en l'année 22 de notre ère.
Au-dessus de la prison une ég-lise fut élevée en i.53q, S. Pietro in Carcere, à la place d'un oratoire datant d'une très haute antiquité'. Tout à côté est une autre église, S. (îiuseppe de' Falegnami, construite pa^- les menuisiers, comme S. Pietro, en souvenir du miracle de saint Pierre.
La prison dite Mamertine était un lieu d'abomination. Salluste en a donné une description fameuse. « Dans le carcer, dit-il, est un lieu nommé tuUianum ; on le trouve en descendant un peu à gauche, à environ douze pieds de profondeur. Il est partout entouré de murailles et couvert d'une voûte cintrée, formée de grosses pierres. La saleté, les ténèbres, l'infection, en rendent l'aspect hideux et terrible. »
C'est là que Cicéron fit exécuter les complices de fatilina. Plutarque raconte ainsi cette scène : « Aussitôt après la séance du Sénat qui donnait à Cicéron pleins pouvoirs, le consul alla chercher les conjurés que l'on gardait dans diverses maisons de la ville, chez les, préteurs. D'abord, il ramena du Palatin Lentulus, par la voie Sacrée et le milieu du Forum ; les premiers citoyens de la ville l'escortaient, parmi une foule silencieuse, frappée d'horreur, où les jeunes gens surtout se montraient hostiles à une exécution, qu'ils regardaient comme une vengeance de l'aristocratie. Arrivé au carcer, Cicéron livra Lentulus au bourreau qui le fit descendre au tullianum et l'étrangla. Puis ce fut Ic'tourdes autres. Alors Cicéron s'aperçut que les complices des conjurés se groupaient sur le l-'orum et attendaient le soir pour délivrer leurs amis, qu'ils croyaient encore vivants, et il leur cria d'une voix forte : « \ixerunt >. Le soir venu, il traversa de nouveau le Forum pour rentrer chez lui r la foule n'était plus silencieuse et il n'avait plus besoin d'escorte : partout où il passait, on l'accueillait avec des clameurs et des applnu-
I. La léirende de saint Pierre semble avoir existé des le vr siècle.
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(Jissemcnts, on l'appelail sauveur et père de l'Etat. Les rues étaient illuminées, et même les femmes se penchaient, du haut des maisons, pour considérer les hommes illustres qui faisaient cortège au consul. »
Quand le roi jug-urtha y fut conduit pour y périr de faim, il s'écria : « Romains, que vos étuves sont froides ! » C'est là aussi que Vercing-étorix fut étrang-lé après avoir lig:uré au triomphe de César et qu'antérieurement avait péri Pleminius; généralement, dans les triomphes, le cortège passait près de la prison, s'arrêtait et, sur un signe du triomphateur, les captifs illustres qu'il traînait à sa suite, étaient conduits au tuUianum et exécutés, puis le cortèg-e reprenait sa marche.
Autour du Carcer ont été découverts des réduits taillés dans le tuf et qui étaient autant de prisons, semble-t-il.
\'arron ' rapporte qu'un quartier de Rome, sans doute voisin du TuUianum, portait le nom de Latomiie ou Laiitumia\ qui rappelle les Latomies de Syracuse, peut-être parce que c'étaient, comme à Syracuse, d'anciennes carrières.