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LE TE.MPLE DE CASTOR

(.T^DES C'aSTORIS, C.VSTORUM, C.\ST0RIS et POI.LUCI-:.j

« Monument fameux, dit Cicéron, temple qui frappe chaque jour les regards du peuple romain, où se réunit souvent le sénat, .où se traitent les affaires les plus importantes. » L'antiquité de sa fondation, les légendes qui s'y rattachaient, les souvenirs qu'il évoquait faisaient effectivement de ce temple l'un des lieux les plus vénérés de la ville. Il avait été édifié à la place où les Dioscures étaient apparus aux Romains pour leur annoncer la victoire du lac Régille en l'an 496 avant J.-C '. Postumius en fit la dédicace en 484 avant J.-C. Détruit partiellement à plusieurs reprises, il fut reconstruit presque entièrement par Tibère, du vivant d'Auguste, avec l'argent provenant du butin fait sur les Germains (an 6 av. J.-C).

Ce temple avait 5o mètres sur .3o mètres, le pronaos i.5 m. 80 sur 10 mètres; la cella iq m. 70 sur 16 mètres ; les colonnes, au nombre de huit sur le péristyle et de onze environ sur les côtés, mesuraient 12 m. .5o de hauteur et i m. 46 de diamètre à la base; l'entablement avait 3 m. 7.5 de hauteur.

De ces colonnes il n'en demeure plus que trois ;. leur élégance a fait de tout temps l'admiration des visiteurs de Rome. De fait, ces trois colonnes de marbre blanc, cannelées, surmontées de chapiteaux du travail le plus pur, sont dignes de leur renommée. Elles .restaient seules debout dés une époque lointaine, car le passage entre les deux églises S. ALaria Libératrice et S. Maria in Foro a porté de bonne heure le nom de \'Li Triiim Columnarum.

Le soubassement qui supporte le temple a 7 mètres de hauteur; c'est un travail d'une solidité et d'une science admirables ; les murs de soutènement ont plus de 2 mètres d'épaisseur,

1. JM. Pais t'ait remarquer que Castor et PoUux étant des dieux grecs et la coutume défendant d'élever des temples aux dieux étrangers dans l'enceinte du FonKxrium, il s'ensuit qu'à cette époque le Forum n'en faisait pas partie. Le lac Rétrille n'existe plus, il se trouvait au nord de Rojue, près du village actuel de Colonna.

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l'intérieur est en blocage, en sorte que tout ce podium forme comme une seule masse compacte; il y existait des chambres de sûreté comme dans plusieurs autres édifices sacrés de Rome. Un escalier conduisait du seuil du temple au Forum, mais, au lieu de descendre jusqu'au niveau de la Voie Sacrée, il se terminait en une terrasse qui la dominait quelque peu ; deux escaliers étroits disposés lons"itudinalement de part et d'autre de cette terrasse donnaient accès sur la Voie Sacrée. Ainsi ceux qui se trouvaient sur ce palier pouvaient voir passer les cortèg-es sans se mêler à la multitude ou bien la harang-uer quand besoin était.

Dans l'intérieur de la Cella on a retrouvé l'emplacement, non d'une base de statue, comme dans la plupart des temples, mais de deux, car PoUux y avait sa statue à côté de celle de Castor. Cependant le nom de Castor est cité seul toutes les fois qu'il est question de ce temple dans les documents antiques; aussi Bibulus, qui exerçait les fonctions d'édile en même temps que César et dont on négligeait systématiquement de citer le nom. se comparait-il volontiers au Pollux du temple du Forum.

On raconte que Caligula aimait à se placer entre les statues des Dioscures afin de se faire adorer lui aussi comme un dieu. Un cordonnier, l'ayant vu un jour dans cette posture, éclata de rire. L'empereur se le fit amener et lui demanda quel effet il avait bien pu lui produire : « Celui d'un bien grand sot », répliqua-t-il. Caligula eut l'esprit de ne pas s'offenser.

Le temple de Castor n'était pas seulement, comme tant d'autres temples, un musée riche en statues, en tableaux, en objets d'art, il contenait aussi le dépôt des mesures étalon ; on trouve sur bien des poids l'inscription : » Ex.\c(tu.\i) ad C.\stor(is) » ou plus simplement : « Ex Ca ».

Dans la deuxième série de ses discours contre \'errès qu"il accusait de concussions et de dilapidations, l'icéron cite un fait qui met en lumière les procédés de ce proconsul fameux, alors qu'il exerçait les fonctions de préteur urbain.

C'était la coutume, à Rome, de donner à forfait à des entrejj preneurs l'entretien et la restauration des édifices publics , U temple de Castor avait été attribué à un certain Junius qi mourut un peu avant l'entrée en fonction de Verres, laissant u^ fils mineur. N'erres pensa que l'occasion lui serait bonne pouî réaliser un gros profit, il alla visiter le temple, mais, malheu-i reusement pour lui, le trouva en excellent état. « Il n'y a rien faire, lui dit un de ses compagnons, à moins que tu ne dises que les colonnes ne sont pas perpendiculaires. »

\"errès se lit expliquer ce que signifiait ce mot, car il était fort

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