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LE TEMPLE DE CESAR

vers le Forum, se trouve une niche semi-circulaire de 8 mètres de diamètre dont la paroi est en péperin.

C-ette niche a été pratiquée apparemment pour laisser subsister le soubassement de l'autel de César; ce serait donc là l'emplacement exact où il fut brûlé. Ce côté du podium portait le nom de Rostr.i Julia ou Rosira Divi Juli, car de là on haranguait le peuple assemblé dans le Forum, de même que de la tribune aux Rostres qui lui faisait face.

Une médaille réprésente l'empereur Hadrien s'adressant de là à la foule.

Le temple construit sur celte plate-forme était ionique, hexaslyle, prostyle, pycnostyle, autrement dit le péristyle était décoré de six colonnes fort rapprochées, l'entre-colonnement étant égal à une fois et demie le diamètre de la colonne, soit trois modules; ces colonnes avaient i m. i8 de diamètre à la base et lo mètres de hauteur. La cella avait 17 mètres sur 6 m. 5o; à l'intérieur était une haute statue de César, la tête ornée d'une étoile ou d'une comète; la porte qui faisait face au Forum étant fort grande, la statue pouvait se voir de loin.

\'oici ce que Pline raconte au sujet de la comète. Durant les jeux qu'Octave célébra, peu après la mort de César, en l'honneur de Venus Genitrix, ancêtre des Julii,.' une comète apparut, durant sept jours, au septentrion; et le peuple pensa que cet astre était l'âme de César reçue parmi les immortels. Mais Auguste, qui feignait d'accepter cette interprétation populaire, croyait, en réalité, dit Pline, que cette comète était sa propre étoile, non pas celle de César.

Le temple était riche en œuvres d'art, en curiosités et en trophées ramenés d'Egypte. Il contenait une Vénus d'Apelle en l'honneur de la Gens Julia, des peintures, des Victoires. Néron fit enlever la peinture d'Apelle que l'humidité détériorait, car ce temple est dans la partie basse du Forum et il était envahi par les eaux lors des inondations du Tibre.

Deux arcs élevés à la gloire d'Auguste existaient entre les assises de la Regiaet le temple de Castor. L'un de ces arcs était destiné à rappeler le triomphe d'Actium; l'autre, la restitution par les Parthes des enseignes prises jadis par eux. Quelques débris de l'un d'eux subsistent encore. De l'autre il ne demeure plus trace.

Un peu à l'Ouest sont des fragments que l'on peut supposer être ceux d'un putcal qui aurait servi à entourer un point du sol frappé par la foudre et par conséquent sacré; Scribonius Libo avait été chargé, au temps de la République, de retrouver les lieux de ce genre et de les entourer.

LA BASILIQUE EMILIENN'E (Basilica Fulvia et JEyuLiK ou TEmilia).

L'œuvre des chaufourniers du moyen âg"e et de la renaissance' a laissé peu de chose de cette splendide basilique qui fait face à la basilique Julia et le lui cédait peu en mag-niticence. Elle avait été construite par .Emilius Lepidus tt Marcus Fulvius Nobilior, l'ami du poète Ennius, en l'an 179 av. J.-C. Depuis, comme la plupart des monuments antiques de Rome, elle fut souvent reconstruite : d'abord par un autre iEmilius Lepidus en l'an 78 av. J.-C. puis par un édile nommé Lucius ^î^milius Paullus en 55, lequel se ruina dans cette entreprise et fut secouru par César qui le détacha ainsi du parti de Pompée. Le travail, interrompu par suite des discordes civiles, fut repris par son fils Lucius ^'Emilius Lepidus Paullus. en 84 av. J.-C, sur l'ordre d'Auguste. Les Tabertix disparurent alors. En 22 de notre ère, sous Tibère, un mcendie ayant endommagé l'édifice, Marcus iEmilius Lepidus, fils du précédent, oublieux de la mésaventure de son aïeul, demanda de le restaurer à ses frais. On a retrouvé dans les ruines des monnaies postérieures à Constantin en partie fondues par un incendie. La basilique eut donc à souflYir du feu au v et au vr siècle, probablement en 410 lors de la prise de Rome par Alaric. Honorius la restaurée.

La basilique, qui avait 85 mètres environ de long-, se composait de trois parties : un portique donnant sur le Forum, des chambres s'ouvrant sur ce portique et une nef. On accédait du Forum au portique par six degrés; d'abord quatre degrés, puis une plate-forme large de o m. 75 et deux degrés; le portique était formé de seize piliers de marbre blanc ornés de demicolonnes engagées; ces piliers étaient espacés de 5 m. 40. A 14 mètres en arrière se trouvait un mur de soutien épais de I m. 20 qui séparait le portique de la nef; il était en tuf. Des cloisons en tuf également, correspondant aux piliers, partaient perpendiculairement à ce mur et s'avançaient de 7 m. i5. Elles formaient des compartiments qu'on a appelés Tater?ia\ boutiques, mais qui servaient plus vraisemblablement de bureaux, à moins qu'on ait voulu rétablir ainsi les Tahcnnv novx qui avaient été détruits pour faire place à l'édifice. Chacun de ces éperons

I. lîiamanto prit dans la basilique des matériaux pour le palais qu'il bâtit au Borgo en i5o3-i 604 pour le cardinal de Corneto; bien d'auties architectes l'avaicnl devancé et bien d'autres l'iniUerent. La Rome antique fut surtout détruite par les Romains.

LA BASILIQUE HMILIENNE. 85

se terminait par une colonne; ils étaient garnis de plaques de marbre. L'espace compris entre ces Tabernx et les pilastres du devant formait un long- couloir de 7 mètres sur 85 mètres. Au milieu du grand mur, une ouverture de .3 m. 80 dont le seuil est resté en -place, donnait accès dans la basilique proprement dite. Deux « boutiques k à l'extrémité Ouest, une h l'extrémité Est sont plus étroites à cause des nécessités du plan; la présence de la Curie obligea, en etïet, l'architecte à écorner le monument d'un côté; il eut sans doute d'autres empêchements du côté opposé. En plusieurs endroits, on distingue encore des traces du dallage qui était en marbre de couleur. D'après les médailles anciennes, la basilique avait deux étages.

La nef centrale est longue de 80 mètres environ ; elle était fameuse, au dire de Pline', par ses vingt-quatre colonnes de marbre phrygien. Les trois nefs, dont elle semble avoir été composées-, comme la plupart des édifices de ce genre, mesuraient : les nefs latérales 4 m. 5o de largeur, la nef centrale 9 mètres. L'un des piliers de la basilique qui se trouvait juste au-dessus de l'égout qui coule sous la basilique, le traverse et va reposer sur le sol au-dessous. L'ouverture se voit encore.

\'ers le v" siècle les piliers furent remplacés par des colonnes plus rapprochées que ne l'étaient les piliers (3 m. 77 au lieu de 5 m 3i). Une restauration hâtive dut être entreprise alors, car on a trouvé parmi les dalles du seuil une des plaques de marbre de la Regia qui contenaient les Fastes consulaires.

La première clepsydre introduite à Rome fut établie dans cette basilique, en i.5q av. J.-C, par Publius Cornélius Scipio Nasica, comme i' a été di.t.

Au vir siècle, un oratoire fut élevé à l'extrémité de la basilique, du côté de l'Argiletum, et une église, S. Giovanni in Campo, de l'autre côté, dans l'avant-dernier entre-colonnement.

La rue qui sépare la basilique ^Tîmilia du Comitiiim est l'Argiletum, une des rues les plus populeuses et les plus fréquentées de l'ancienne Rome; elle menait du quartier de Subura au Forum.

Sur les degrés par lesquels on descendait de la basilique vers le Forum, en face du troisième pilier du côté de la Curia, se trouve un autel voué à la \'enus Cloacina. Le mot n'avait pas alors le sens désavantageux qu'on lui a attribué depuis. C'était une \'énus qui présidait aux purifications. Cet autel

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