LE MONUMENT DOLLARD
PARC LAFONTAINE, À MONTRÉAL
fé OLLARD et ses compagnons, a écrit M. l’abbé Faillon, D méritent avec d’autant plus de justice les hommages de notre admiration et de notre reconnaissance que le motif de leur dévouement a été plus noble, plus sublime, plus pur. Dans toute l’histoire profane, on ne trouve rien de plus audacieux, de plus magnanime, que cette résolution de nos dixsept braves, conçue avec tant de courage et soutenue jusqu’à la fin avec tant de constance et d’intrépidité. On voit, il est vrai, chez les Grecs et chez les Romains, des hommes se sacrifier pour leur patrie ; mais quand on connaît jusqu’où l’amour de la gloire profane les portait à des actions éclatantes dans l’espérance de se survivre à eux-mêmes après leur mort, on n’est pas surpris que cette passion ait pu leur faire mépriser la vie... Il faut à l’homme raisonnable des motifs d'intérêt personnel pour le déterminer au sacrifice de lui-même, et ce dévouement pur et désintéressé dont nous voyons tant d'exemples dans les martyrs, ne peut être inspiré que par la certitude inébranlable des espérances de la Foi. Ce fut ce motif qui détermina Dollard et ses compagnons d’armes à la résolution inouïe de se battre jusqu’au dernier soupir...”
Puis, M. l’abbé Faillon formulait le vœu de voir élever un jour, dans la cité de Villemarie, un monument splendide qui rappelât d'âge en âge, avec les noms des dix-sept braves, l’héroique action du Long-Sault.
Le vœu de M. l’abbé Faillon a été réalisé. Dollard et ses compagnons ont enfin leur monument à Montréal.
C’est le 24 juin 1920 que ce beau monument a été dévoilé.
“L'histoire du monument Dollard est des plus bizarres. Formulé par un Français, émis par un Irlandais, ce projet devait être réalisé par des Canadiens-français. |
‘ C’est en effet M. J.-C. Walsh, aujourd’hui rédacteur en chef d’America, maïs à cette époque rédacteur en chef du Herald, qui, en 1910, lors du 250e anniversaire du combat de Dollard, célébré avec tant d’enthousiasme, rappela le vœu de l’abbé Faillon et provoqua la création du comité du monument Dollard.
‘ Depuis, grâce à l’inlassable dévouement de MM. J.-B. Lagacé et Emile Vaillancourt, qui n’ont cessé d’être les âmes dirigeantes du mouvement en faveur de la grande souscription au Fonds Dollard, Montréal, comme le Long-Sault, a sous les yeux un souvenir commémoratif de la téméraire et glorieuse lutte ‘ jusqu’au bout ”” de mai 1660.
‘Tous les Canadiens-français, on peut le dire, ont contribué à l'érection du monument Dollard : la souscription a, en effet, été assurée par l’obole du pauvre, surtout du pauvre, et du riche. Le comité n’a recueilli qu’une dizaine de souscriptions de $100. chacune. Les autres ont toutes été de.$1.00 en descendant aux sous, oui, même aux sous, aux sous des petits écoliers.
‘ Ce sont toutes ces humbles offrandes patriotiques qui ont permis à Alfred Laliberté de sculpter son vivant Dollard du parc Lafontaine, conduit au Devoir par l’ Amour de la Patrie (1).”
M. Aëgidius Fauteux apprécie ainsi le monument Dollard :
‘ L'artiste qui l’a taillé y a mis toute son âme de Canadienfrançais ; son patriotisme a grandi encore son talent et lui a permis de produire une des plus vivantes œuvres d’art dont puisse s’honorer encore notre jeune pays.”
Le socle du monument Dollard porte l’inscription :