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PLACE DU BUREAU DE POSTE, À QUÉBEC

s'élève en face du bureau de poste, dans le tournant de la rue Port-Dauphin qui conduit au palais cardinalice, à la rue Buade et à la rue du Fort. Pour donner à l’œuvre du sculpteur Philippe Hébert l’ampleur qu’elle méritait, on a fait disparaître un pâté de dix ou douze maisons.

La statue Laval fut dévoilée le 23 juin 1908. Le R. P. Valentin-M. Breton, O.F.M., donne la description suivante du monument Laval :

I A statue de Mgr de Laval, premier évêque de Québec,

‘ Au-dessus d’une plate-forme architecturale à double rampe masquant l'écart des niveaux de la rue Port-Dauphin et de la rue Buade, un socle carré et massif assied un fût de granit, hardi, élégant, presque nu. C’est le piédestal où l’évêque, fortement appuyé sur sa crosse, la droite étendue pour l’appel, l’encouragement, la bénédiction, la tête inclinée par la sollicitude pastorale et l’abnégation de soi, semble redire aux générations canadiennes les paroles du Maître : “ Je suis le bon Pasteur ; ‘ je connais mes ouailles et mes ouailles me connaissent ; le bon ‘ Pasteur donne sa vie pour ses brebis ””.

‘“ Son regard contemple, groupés au pied de la stèle qui le supporte, quatre personnages bien différents mais qu’une même pensée, qu'un même amour surtout, unissent en un limpide symbolisme.

‘* Assise dans une attitude étonnante de gravité, de fermeté et de vie, une femme aux nobles et robustes proportions, les yeux au ciel, présente d’un geste muet l’œuvre du grand pontife : c’est la Religion. Elle est adossée à la représentation en haut-relief d’une simple et typique église de village canadien. A ses pieds et sous la protection de son geste, un collégien s’est assis ; sa pose est pleine d'abandon et de naïveté ; il écoute, ou plutôt il regarde de toute son âme cette mère idéale de beauté, de force et d’éloquence. En face de lui, et par conséquent un peu en arrière et à gauche de la Religion, un Indien est debout, dans une athlétique nudité. Lui aussi écoute et considère. Sa physionomie s’empreint d’une réserve plus intentionnelle qu’historique. Enfin, à l’opposite, gracieusement envolé et contrebalançant les masses et les mouvements, l’Ange de la Patrie canadienne élève vers l’Evêque les palmes de la reconnaissance et de la gloire. Son essor est à la fois ardent, chaste et contenu.

‘“ Le socle dispose au-dessous ses quatre faces séparées par des contre-boutants en volute. La première est décorée d’une inscription, les trois autres chacune d’un bas-relief historique. C’est d’abord, à droite, une Audience de Louis XIV ; à gauche, le Baptème de Garakontié. Enfin, le long de la rue Buade, une procession symbolique : l’Episcopat de Mgr de Laval. Ce dernier panneau, épousant la forme du socle, légèrement convexe de ce côté, est lui-même cintré et conséquemment d’une plus élégante facture. Sur cette même face, un cartouche orne la base de la stèle qu'aucun personnage ne décore.

‘Tel est en son ensemble le monument conçu et exécuté par Philippe Hébert : et l’on admettra sans peine qu'il était difficile de synthétiser d’une manière plus véridique et plus instructive la vie et l’épiscopat du fondateur de l’Église canadienne. Mgr de Laval fut d’abord et avant tout l’évêque : ainsi le montre sa collossale statue de 13 pieds, crosse en main, mitre en tête, prêchant, bénissant, parcourant son immense diocèse, visitant son troupeau. C’est lui qui fortement assit sur cette terre une Religion vigoureuse prête à la lutte comme à la prière: c’est lui qui confia à cette Mère admirable les générations naissantes et la race expirante des enfants des bois : c’est lui qui fit surgir du sol une Eglise vivante et féconde, digne du peuple qu’il lui commettait ; groupé autour d’elle, ce peuple gardera longtemps sa foi simple et ses mœurs patriarcales. Or cette œuvre complexe fut accomplie par la persévérance de sa diplomatie, par la fermeté de son administration, par le zèle de son apostolat. Aussi l’Ange de la Patrie canadienne lui témoigne-t-1il justement l’admiration et la gratitude des siècles (1).”

(1) L'abbé Lionel Lindsay, François de Montmorency-Laval, premier évêque de la Nouvelle-France, souvenir des fêtes des 21-23 juin 1908 à Québec, p. 79

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