POINTE-SAINT-CHARLES, À MONTRÉAL
par une épidémie de typhus qui jeta la consternation dans toute la ville et fit de nombreuses victimes.
Ces tristes jours eurent du moins l’avantage de montrer à la population de Montréal le sublime dévouement de ses prêtres et de ses religieuses. Les médecins, les officiers et employés de la ville firent aussi leur devoir avec courage. Le maire de Montréal, M. John-E. Mills, succomba au fléau, victime de son dévouement. Plusieurs hommes de police moururent aussi du typhus, après avoir contracté la terrible maladie dans l'exercice de leur devoir.
On avait élevé à la Pointe-Saint-Charles des hôpitaux temporaires. C’est là que les pauvres émigrés atteints du typhus étaient conduits à l’arrivée des vaisseaux qui les amenaïient ici. Plus de 6000 émigrés succombèrent au fléau et furent inhumés dans le cimetière aménagé à la Pointe-Saint-Charles.
En 1859, les ouvriers de MM. Pets, Brassey and Betts, entrepreneurs du pont Victoria, constatant qu'aucun monument ne marquaïit le lieu de sépulture de ces pauvres gens, transportèrent au milieu du cimetière une énorme pierre taillée et y apposèrent l'inscription suivante :
ESS les étés de 1847 et de 1848, Montréal fut visitée
TO PRESERVE FROM DESECRATION THE REMAINS OF 6000 IMMIGRANTS WHO DIED OF SHIP FEVER A. D. 1847-48 THIS STONE IS ERECTED BY THE WORKMEN OF MESSRS. PETS, BRASSEY AND BETTS EMPLOYED IN THE CONSTRUCTION OF THE VICTORIA BRIDGE A. D.. 1859.
Madame Leprohon a consacré une touchante pièce de vers au monument de la Pointe-Saint-Charles. Citons la dernière
strophe :
Long since forgotton here they rest,
Sons of a distant land;
The epoch of their short career,
Mere foot-prints on life’s sand ;
But this stone will tell through many a year They died on our shores and they slumber here.