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PARTERRE DE L'HÔTEL-DIEU, À MONTRÉAL

EANNE Mance fut la fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal. La statue de Jeanne Mance, érigée dans le parterre de

l’ Hôtel-Dieu, à l’entrée de l’hôpital, est l’œuvre de Philippe Hébert.

Dévoilé le ler septembre 1909, à l’occasion du 250e anniversaire de l’arrivée des trois premières religieuses Hospitalières de Saint-Joseph à Villemarie, ce monument est un don gracieux de Mgr Bruchési, archevêque de Montréal, à l’Hôtel-Dieu.

Le piédestal porte l'inscription suivante :

ÉRIGÉ EN 1909 250e ANNIVERSAIRE DE L’'ARRIVÉE À MONTRÉAL DES PREMIÈRES RELIGIEUSES DE CET HÔPITAL LES MÈRES MOREAU DE BRESOLES MACÉ ET MALLET VENUES DE LA FLÈCHE EN ANJOU

M. L.-O. David écrivait à l’occasion du dévoilement de la statue de Jeanne Mance :

‘ L'Hôtel-Dieu célébrait, la semaine dernière, par des fêtes mémorables, le deux cent-cinquantième anniversaire de sa fondation. Les chefs de l'Eglise et de l'Etat, les sommités de notre monde religieux et national étaient là, heureux de s’unir pour rendre hommage à la mémoire de Jeanne Mance et à son œuvre admirable.

‘ Ces fêtes ont duré trois jours, trois jours qui compteront dans l’existence de l’Hôtel-Dieu.

‘ Ce n’était pas trop pour célébrer dignement deux siècles et demi de vertus, de dévouement et de charité, de bienfaits incalculables. Ces fêtes avaient été préparées de longue main, avec un zèle et un soin remarquables ; tout, dans les arrangements, dans les cérémonies, portait le cachet de grâce et d’élégance modeste qui caractérise les fêtes et les réceptions dans nos communautés religieuses. Les chants et la musique, les décorations, l’éloquence de la chaire et de la tribune ne laissaient rien à désirer.

‘“ Les sermons du savant supérieur du séminaire de Saint- Sulpice, de l’éloquent curé de la cathédrale, M. l’abbé Gauthier,

et du Père Lalande, le briliant conférencier de la Société de Jésus, ont été des pièces d’éloquence de premier ordre.

‘Les discours prononcés au dévoilement de la statue de Jeanne Mance, par Son Excellence le délégué apostolique, par Son Honneur le lieutenant-gouverneur de Québec, par Sa Grandeur Mgr Bruchési, et par les docteurs Guerin et Hervieux, sont des pages d'histoire dignes d’être conservées. Mgr Bruchési a, dès le début, donné le ton et battu la marche par un discours plein de fortes pensées, de sentiments élevés, de considérations patriotiques. Il a fait un heureux rapprochement entre Jeanne d'Arc et Jeanne Mance ; il a dit que nous. avions notre Jeanne nous aussi, la Jeanne de la charité, digne, comme l’héroïne de la France, de nos hommages, de notre vénération.

‘ La statue de Jeanne Mance, qui se dressait devant lui, l’a généreusement inspiré.

‘“ C'est le moins qu’elle pouvait faire pour celui qui lui a donné la vie, car, on le sait, c’est lui, Mgr Bruchési, qui a eu la bonne pensée d’offrir cette statue aux dames de l’Hôtel-Dieu, à l’occasion du deux cent-cinquantième anniversaire de la fondation de cette maison ; c’est lui qui a prélevé les fonds requis pour l'érection de ce monument. Il avait voulu associer les beauxarts à cette fête de la religion et de la patrie et donner, une fois de plus, occasion au talent canadien de se manifester par une œuvre digne de figurer à côté des monuments Maisonneuve et Bourget.

‘La bonne et modeste Jeanne, elle n’a jamais songé qu’un jour viendrait où sa statue, debout sur un puissant piédestal, dominerait une ville immense et riche. Et pourtant, elle a plus droit à cet honneur et à cette reconnaissance que la plupart des grands hommes auxquels les peuples élèvent des monuments. Elle a été sans peur et sans reproche ; elle, la vierge, l’héroiïine, la sainte, elle n’a pas connu les faiblesses qui déparent la vie de la plupart des grands hommes. La charité, le dévouement, le patriotisme et l’amour de Dieu ont inspiré tous ses actes, toutes ses paroles. Si tous ceux qu’elle-même et celles qui ont continué son œuvre ont soignés et consolés pouvaient parler, plus d’un demi-million d'hommes, de femmes et d'enfants réunis autour de sa statue l’acclameraient, la béniraient (1).”

(1) Mélanges historiques et littéraires, p. 106.

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