‹ Les monuments commémoratifs de la province de Québec 1923Chapitre 97 sur 115 · EN FACE DU CONSULAT DE FRANCE, À MONTRÉAL · texte numérisé non relu

EN FACE DU CONSULAT DE FRANCE, À MONTRÉAL

A statue de la France, en face du consulat de France, à Montréal, est l’œuvre de Paul Chevré, sculpteur français, l’auteur du monument Champlain érigé sur la terrasse

Dufferin, à Québec.

L’inauguration de la statue de la France, le 13 juillet 1913, donna lieu à une démonstration très émouvante. C’est madame Bonin, épouse du consul de France, qui dévoila cette statue symbolique du plus bel effet, en présence des milliers de personnes qui se pressaient dans le square Viger et sur toutes les rues environnantes qui avaient vue sur l’édifice du consulat de France.

La Presse du 14 juillet 1913 disait, à propos de la fête de la veille :

‘* Le dévoilement de la statue de la France, à côté de celle de Jeanne d’Arc, devant l’édifice de l’Union Nationale Française, qui abrite en même temps le consulat de France, a donné lieu à un grandiose déploiement de pur patriotisme. Le comité France-Amérique, qui a ainsi offert à notre colonie française l’image de la République si artistement sculptée par M. Paul Chevré, a eu une très heureuse inspiration. Cette statue de la France vivante d’aujourd’hui est le digne pendant de celle de l’héroïque Lorraine, évoquant la vieille Gaule avec tout son glorieux passé. En promenant leurs regards sur l’une et l’autre, les Français du Canada reverront l’image de la Patrie absente avec son immortelle histoire, avec sa gloire présente et ses sublimes aspirations.

‘La présence d’un détachement de marins du croiseur Descartes, actuellement dans notre port a ajouté à la solennité de l’impressionnante cérémonie du dévoilement. Le salut militaire des fiers mathurins fit vibrer d'émotion toute l’assistance : c'était le salut des armes de la France au monument destiné à perpétuer son souvenir sur notre territoire ouvert par elle à la colonisation.

‘* La récente visite officielle de M Raymond Poincaré à Londres a resserré les liens de l’entente cordiale qui unissait déjà la France à l’Empire Britannique. Voilà pourquoi les fêtes du 14 juillet, en notre colonie, cette année, <ont plus chaleureuses

que jamais. À l’ombre de l’Union Jack, où nous vivons heureux, nous saluons aujourd’hui avec une ardeur plus vive le drapeau tricolore qui flotte et sur nos eaux et sur notre sol.

‘ Puisque la France, à qui nous devons la vie, et le Royaume- Uni, de qui nous tenons nos libertés, fraternisent dans le concert des nations, n’est-il pas juste que les Canadiens de diverses origines partagent de tout cœur les réjouissances françaises, en ce jour mémorable de la fête nationale du pays de Jeanne d’Arc ? Disons donc en chœur : Vive la France !”

Page 1