À SAINT-MAURICE
Les forges de Saint-Maurice, situées sur la rivière de ce nom, à environ sept milles des Trois-Rivières, furent ouvertes en 1730 par M. Poulin de Francheville. C’est dans ces forges que furent fabriqués les premiers poêles canadiens. Plusieurs générations s’y pourvurent d’ustensiles de cuisine, de haches, de clous, de barres de fer, de marteaux, de pelles.
“ Il ne reste plus maintenant que quelques ruines écroulées des hauts fourneaux, de ce qui fut la solide habitation des gérants, avec une cheminée des forges qui se tient encore debout dans la vallée boisée. Autour du site des anciennes forges, s’élèvent aujourd’hui quelques maisons modernes là où existaient autrefois 400 à 500 demeures et où se manifestait une bonne activité industrielle et commerciale dans la vie de la campagne.
“ Au sujet de ces forges, M. Suite a écrit : “ Et maintenant rien ne reste plus pour rappeler cette mémoire qu’une haute cheminée, mais non, tout est oublié.”
“ Cependant l’inspiration industrielle de ces vieilles forges canadiennes demeure certainement encore, et les aspirations de leurs fondateurs sont encore vivantes. A Toronto, il y a trois fonderies pour la fabrication des poêles canadiens, et il y en a encore dans trente-huit autres villes du Canada. Les premiers fondateurs des forges du Saint-Maurice éprouvèrent de grandes difficultés à obtenir de la France la permission de fonder une industrie coloniale. Sous le vieux fégime, dit M. Suite, il existait un ordre de choses, comme dans les colonies de l’Angleterre, de l’Espagne et de la Hollande, basé sur ce principe : “ Tout pour la Mère-Patrie ”. Rien ne devait être fait par les colonies qui aurait pu affecter les monopoles commerciaux des compagnies de marchands de la France. Ceux-ci ne voulaient rien autre chose du Canada que des fourrures et ils désiraient les payer avec leurs propres marchandises.
“ Eventuellement, la permission fut cependant donnée à Poulin de Francheville d’établir une fonderie sur le Saint-Maurice, et même il reçut de France un appui financier. M. Suite rappelle avec ironie cet incident. Longtemps, dit-il, on ne put comprendre cela, mais enfin la lumière se fit: il est possible que les canons, les boulets et autre matériel de guerre généralement, pouvaient être fabriqués à meilleur marché au Canada qu’en France, et c’est pour cela que la permission de fondre du fer fut
accordée. La guerre était au fond de cette complaisance du pouvoir, la guerre, principale occupation des princes :
“Nous qui sommes,
De par Dieu,
Gentilshommes De haut lieu,
Il faut faire Bruit sur terre Et la guerre N’est qu’un jeu (1).”
Dans l’été de 1922, la Commission des Sites et des Monuments Historiques du Canada a fait ériger un monument aux Vieilles Forges de Saint-Maurice pour rappeler le souvenir de la première industrie canadienne.
Ce monument est carré et mesure cinq pieds de côté à sa base. Il s’élève à une hauteur de douze pieds.
Pour le façonner, on ne s’est servi que de pierres provenant des ruines des anciens hauts-fourneaux qui servaient à fondre le minérai de fer et d’acier dont les gisements étaient à proximité pour la fabrication des poêles, le coulage des premiers canons, en 1748, fabriqués au Canada, les canards et les bombes, et un grand nombre d’ustensiles en fer.
Le monument des Vieilles Forges porte les inscriptions suivantes :