LE BUSTE DE PIERRE DE SAINT-OURS
À SAINT-OURS-SUR-RICHELIEU
Pierre de Saint-Ours de l’Eschaillon, originaire de Veurey, paroisse de l’ancienne province du Dauphiné, passa dans la Nouvelle-France en qualité de capitaine au régiment de Carignan. Le 29 octobre 1672, le roi lui accordait “ l’espace de terre de front qui se trouve sur le fleuve Saint-Laurent, depuis la borne de la concession de M. de Contrecœur jusqu’à celle de M. de Saurel, tenant par devant au fleuve et par derrière à la rivière Oumaska ...”
Après avoir servi très brillamment dans l’armée, M. de Saint-Ours se retira dans sa seigneurie afin de la coloniser. Les débuts furent pénibles, les progrès fort lents. Les premiers censitaires de M. de Saint-Ours étaient pour la plupart d’anciens soldats de Carignan. Ils ne se découragèrent pas. Leur seigneur, ses fils et même ses filles leur donnaient l’exemple du courage et du travail puisque le gouverneur de Denonville, dans une de ses lettres au ministre, raconte que les demoiselles de Saint-Ours tenaient les manchons de la charrue tout comme les colons.
La famille de Saint-Ours a été en possession de la seigneurie de Saint-Ours pendant plus de deux siècles.
M. l’abbé Couillard-Després écrivait, en 1915 :
“ Le nom de Saint-Ours n’a plus d’héritiers pour le faire revivre. Pourquoi faut-il que ces familles illustres disparaissent ? C’est le secret de Dieu. N’est-ce pas la destinée inévitable de toutes choses ici-bas ? Les races, les dynasties, les familles, comme les royaumes et les empires, après de longs siècles de gloire et de splendeur, doivent un jour descendre à l’horizon et rentrer dans la nuit des temps; tel le roi des astres, si radieux à son lever, ayant jeté tout l’éclat de sa splendeur au milieu de sa course, baisse sensiblement et disparaît dans les ombres du soir.
“ Le beau nom de Saint-Ours ne disparaîtra pas de nos annales avec la mort des derniers rejetons de cette noble famille. Il vivra: la seigneurie de Saint-Ours, ouverte par Pierre de Saint- Ours, développée avec zèle par cinq générations de ses descendants, et la belle paroisse du même nom, rediront aux générations
futures le mérite des nobles chevaliers et des châtelaines distinguées qui l’ont si noblement porté (1).”
Le 1er août 1922, on célébrait à Saint-Ours le deux centcinquantième anniversaire de la fondation de la seigneurie et de la paroisse. Les fêtes religieuse et civile furent magnifiques. Dans l’après-midi, on dévoila, devant l’ancien manoir seigneurial, un buste du premier seigneur, Pierre de Saint-Ours, œuvre du sculpteur Elzéar Soucy. Des discours furent prononcés par M. G.-E. Taschereau, le juge Coderre, l’honorable M. David, MM. Maurice Péloquin, Arthur Cardin et J.-M. Richard, députés, l’honorable M. Pérodeau, etc., etc.
Le monument de Saint-Ours porte la simple inscription :