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LE MONUMENT DES DEUX PREMIÈRES ÉGLISES

À SAINT-OURS-SUR-RICHELIEU

La première chapelle ou église de la paroisse de Saint-Ours fut ouverte au culte en 1676 à l’endroit appelé le Grand Saint-Ours. Cette modeste construction en bois n’avait que trente pieds de longueur sur vingt de largeur. Le terrain avait été donné par le seigneur, Pierre de Saint-Ours. L’année même de la construction de cette première chapelle, les habitants de Saint-Ours avaient l’honneur de recevoir la visite de Mgr de Laval, qui donna la confirmation à sept enfants: Louis de Saint- Ours, Pierre Pinsonnault, Anthime Lepère ou Leber, Marie Lamy, Anne de L’Estre, Pierre Detras et Mathias Bedault.

Dès 1713, il était question de bâtir un nouveau temple au Grand Saint-Ours. La paroisse s’était développée, la population avait augmenté, et la chapelle de 1676 était devenue trop petite. Toutefois, ce ne fut qu’en 1726 qu’une nouvelle église fut construite. Elle avait quatre-vingts pieds de longueur sur quarante de largeur. Les habitants, plus en moyen, avaient construit en pierre.

Mais la paroisse s’était surtout développée dans la partie de Saint-Ours appelée le Petit Saint-Ours. En 1749, Mgr de Pontbriand, après sa visite pastorale dans cette paroisse, ordonna de construire au Petit Saint-Ours un presbytère de quarante-cinq pieds de longueur sur trente-quatre de largeur, “lequel devra servir de chapelle temporaire.” Il permettait en même temps de détruire l’église du Grand Saint-Ours et d’employer les matériaux pour le nouveau presbytère. Les habitants du Grand Saint- Ours, malgré l’ordonnance de l’évêque, conservèrent leur église encore sept ou huit ans.

M. l’abbé Couillard-Després écrit à ce sujet :

“ C’est, à la vérité, bien à contre-cœur que les habitants du Grand Saint-Ours virent la démolition de leur église, surtout après avoir joui durant tant d’années de la proximité d’un temple spacieux dont on les dépossédait ! Les motifs qui poussèrent l’autorité diocésaine à en agir ainsi étaient sérieux : vingt-cinq familles à peine avaient persévéré sur les terres du Grand Saint- Ours ; elles étaient dans l’impossiblité d’entretenir un curé et les

frais du culte ; la rive sud du Richelieu attirait de plus en plus les nouveaux colons ; là encore se trouvait le gros de la population, il était donc nécessaire de voir au bien général. Quoiqu’il en soit, les fils des premiers colons de Saint-Ours sentirent vivement l’énorme sacrifice qu’on leur imposait. Leur hésitation à l’accepter s’explique si elle ne peut s’excuser (1).”

Le 2 août 1922, lors des fêtes du deux cent-cinquantième anniversaire de la fondation de la seigneurie et de la paroisse de Saint-Ours, on faisait l’inauguration, sur la terre de M. Pacifique Jussaume, au Grand Saint-Ours, d’une pierre commémorative des deux églises élevées dans cette partie de la paroisse.

Cette pierre porte l’inscription suivante :

SUR CETTE TERRE FURENT CONSTRUITES LES DEUX PREMIÈRES ÉGLISES DE SAINT-OURS EN 1675 ET 1726

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