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Les monuments d'art de la Primatiale de Lyon, détruits ou aliénés pendant l'occupation

Cette page d'histoire est des plus tristes. Elle dira tous les excès auxquels peuvent se laisser aller les hommes aveuglés et égarés par les haines religieuses ou politiques, et les douloureuses conséquences de ces haines, pour l'Art qui en est toujours et fatalement la victime. Car, à chacune de nos trop fréquentes révolutions, il se rencontre des êtres assez stupides pour croire qu'ils peuvent effacer l'histoire en mutilant ou en détruisant totalement des oeuvres d'art qui la rappellent. Et cependant ces œuvres ne devraient-elles pas s'imposer au respect de tous? Aussi on se demande, avec anxiété, quand enfin en France, on saura comprendre que les monuments, quels qu'ils soient, sont du domaine pu- ' blic, et qu'y toucher est un crime de lèse-nation.

Les événements que j'ai choisis pour sujet de cette étude sont bien connus. U n'est pas un historien lyonnais qui ne les ait racontés. Néanmoins, je crois devoir les redire à

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lâoff tbuf , Car ceux (|Qt m'otrt dev^cncé n^om ]»i$ eu à £ear ^isftS^iéOâ les (fetumeûfê qtie mes recherches m'ont fait rencontrer, et qui sont encore inconnus et inédits. J'eusse pu me borner à publier ces documents seuls, mais il m'a semblé qu'ils offriraient plus d'intérêt en les plaçant dans un tableau représentant fidèlement les événements contemporains auxquels ils se rattachent et qulls mettront mieux etf f eli6f. l^outefôis, en écrivant ces pages, je û'aî cèié nullement à des rancunes religieuses ou politiques. Ce n'est pas un acte d'accusation que j'ai entendu dresser contre le protestantisme. Loin de môî cette pensée. J'ai trop de respect pour la liberté de conscience et les convictions de chacun^ qtîând dles sont honnêtes et sincères. Je ne chercherai donc pas à établir ici que si des catholiques s'oubliant parfois dans nos perturbations sociales ont commis bien des actes mauvais^ la Réforme qui disait aussi par la bouche de Théodore de Bèze « ne parler que la pure parole de Dieu » a été tout aussi coupable dans bien des circonstances, à son origine. Les questions de foi n'ont rien à voir dans cette étude. Elle n'a trait qu'à l'Art seul — et je n'ai fait que dresser^ pour ainsi dire, un inventaire de quelquesunes de ses oeuvres enfantées avant le xv!"" siècle, et dont un grand nombre a sombré pour toujours dans le cruel naufragé « de la prinse de Lyon en 1562 par ceulx de là Réforme. » Cet inventaire était à refaire entièrement; car nos historiens lyonnais, en se copiant les uns les autres, depuis 1 5621 sans remonter aux sources, ont avancé que dans cette cruelle année tous les trésors de nos églises, toutes les archives et les bibliothèques de la Primatiale ont été anéantis, tandis qu'une bien faible part seulement a disparu dans cette tempête. J'ai donc cru devoir rétablii: la vérité sur ce points et refaire une page importante de l'histoire de LyOn.

La reconnaissance me fait aussi un devoir d'adresser iâ l'expression de toute ma gratitude à M. Raoul de Cazenove> pour les nombreuses et savantes notes qu'il a bien voulu me fournir pour cette étude. Nul ne pouvait mieux que lui m'éclairer sur bien des faits historiques que j*ai à raconter ou à citer, et qui ont été souvent l'objet de ses recherches et de sos études au point de vue de l'histoire du Protestantisme.

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