‹ Les monuments de l'Inde, ouvrage illustré d'environ 400 figures, héliotypies, dessins, cartes et plansChapitre 43 sur 93 · NOTIONS SUR L'HISTOIRE DU SUD DE L'INDE · texte numérisé non relu

NOTIONS SUR L'HISTOIRE DU SUD DE L'INDE

NCIENNEMENT Inde se divisait en deux grandes régions : celle du Nord ou Hindoustan et celle du Sud ou Dekkan.

La séparation de ces deux régions était formée, à l’Ouest, par la vallée de la Nerbudda, et à l'Est par les montagnes avoisinant Cuttak, sur le golfe du Bengale. De nos jours, on ne donne plus le nom de Dekkan qu’au plateau central limité au Nord par la Nerbudda et les monts Vindhyas, au Sud par le bassin de la Kistna, à l'Ouest par

les Ghats occidentales, et à l'Est par les monts Cuttak et les Ghats orientales. :

En dehors des Musulmans, et d’un petit nombre de populations spéciales localisées dans certaines régions bien déterminées, l’ancien Dekkan est habité par une population à peau foncée, résultant du mélange des races noires autochtones primitives avec des envahisseurs à sang jaune, venus sans doute du Thibet, et peut-être de populations mogoles venues de l’Ouest. Ces mélanges eurent lieu sans doute à des époques très antérieures à notre ère, Aujourd'hui, les populations méridionales de l’Inde, ou, comme on le dit généralement, les populations dravidiennes, forment une des races les plus homogènes de toute l’Inde. Depuis au moins douze siècles ces populations possèdent la même religion, les mêmes arts, et parlent des dialectes dérivés de la même langue.

Le Bouddhisme ne paraît pas avoir jamais exercé une grande influence sur les populations du Sud de l'Inde; et, en tout cas, cette influence avait disparu au septième siècle de notre ère, et disparu bien complètement, puisque, dans toutes les parties méridionales de l'Inde, à partir du fleuve Kistna, les monuments bouddhiques font presque absolument défaut.

Le Jaïnisme eut une influence plus grande que le Bouddhisme, et compte encore quelques sectateurs, notamment autour de Conjevéram et dans le Mysore. L’Islamisme fit également de nombreux prosélytes; mais, en définitive, le Brahmanisme est aujourd’hui la religion de Pimmense majorité des populations de l'Inde méridionale. Il est divisé en deux sectes, celle de Yishnou et celle de Siva; mais les temples de ces deux fractions du Brahmanisme sont identiques, et ne diffèrent que par les emblèmes qu’ils contiennent. Nous pouvons done, au point de vue architectural, classer la plupart des monuments du Sud de lInde dans un seul chapitre, au lieu de les classer par villes ou royaumes comme nous avons été obligé de le faire pour les monuments d’autres régions.

On trouvera donc réunie dans un seul chapitre la description de tous les édifices importants du sud de l'Inde, à l'exception des monuments musulmans. Ces derniers ne se rencontrent guère que dans les villes où les Mahométans fondèrent des empires durables, Bijapour, par exemple. L'influence musulmane, comme nous le verrons bientôt dans notre résumé historique, fut infiniment moindre dans le Sud de l’Inde que dans le Nord.

Avant d'aborder l'étude des monuments de l’Inde méridionale, nous croyons indispensable de résumer ce que nous savons des nations qui les ont construits.

Jusqu'à l’époque des invasions musulmanes, c’est-à-dire jusqu’au treizième siècle de notre ère, l’histoire de l’Inde méridionale est plus obscure encore que celle de l'Inde septentrionale. Les grandes compositions littéraires, comme les Védas, y font entièrement défaut : les plus vieux. livres en tamoul, ou en langues analogues, sont du huitième siècle de notre ère; les plus vieux monuments de pierre et les plus anciennes inscriptions sont du cinquième siècle ou du sixième.

Les listes des rois, et l'énumération de leurs conquêtes données par ces inscriptions; les mentions des royaumes du sud de l’Inde dans les édits d’Asoka, trois siècles avant notre ère; les citations de quelques villes par les anciens auteurs classiques, permettent de faire remonter à cinq ou six siècles environ avant notre ère l’existence des royaumes du Sud de l’Inde; mais de leur civilisation nous ne pouvons rien dire. Il paraît probable cependant que le Sud de l'Inde ne fut civilisé que bien des siècles après la partie septentrionale de la Péninsule.

Ce que nous savons des anciens royaumes du Sud de l’Inde antérieurs aux invasions musulmanes peut se résumer ainsi :

Suivant les traditions hindoues, confirmées d’ailleurs par des inscriptions, le Sud de l’Inde était divisé, antérieurement à notre ère, en trois grands royaumes : le royaume Pandya, le royaume Chola et le royaume Chéra.

Le plus méridional de ces royaumes était celui des Pandyas. Il occupait l'extrême Sud. Il est cité dans le Mahäbhärata, les édits d’Asoka, les écrits de Mégasthène; on admet généralement qu’il existait cinq siècles environ avant notre ère; mais rien de son histoire ne nous est parvenu. Sa capitale était Madura. Les habitants de cette ville étaient certainement directement ou indirectement en rapport commerciaux fréquents avec les Romains, car on trouve

beaucoup de monnaies romaines dans les environs.

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