NSEMBLE D'UN TEMPLE ENTIÈREMENT EN PIERRE
Dh | À | ; | | ( M | À (| | | | Î |} | Un | { , { | | A
Héliotypie, H-Racle, (Anct Quinsae) Paris
FIG. 392 er 893. KATMANDOU. (NÉPAL) DÉTAILS D'ORNEMENTATION DE L'ENTRÉE ET DE L'ÉTAGE, SUPÉRIEUR D'UNE MAISON. {
TE = F re À etre es —— = = Le = DIRT ] en ——— = = RE j
MONUMENTS DE PASHPATTI. (Wis. 396 à 398.)
La ville de Pashpatti est située sur la rive gauche de la rivière Bragmati, à 6 kilomètres de Katmandou. Elle contient des temples nombreux en pierre et en bois. Pour y arriver, on franchit une rivière traversée par deux ponts. De l’autre côté est une colline plantée d’arbres, de laquelle on a une vue générale de la ville représentée sur une de nos planches (fig. 396). On y voit à droite, au
Fig. 396. — PasnpaTrI. — Vue d'ensemble des temples et du ghat où sont brûlées les veuves.
second plan, le temple de Pashpatinath, un des plus vénérés du Népal, et dont aucun étranger ne peutapprocher. Ses portes sont en argent ciselé, dans le style de celles des palais de Bhatgaon et de Patan représentés dans cet ouvrage. En février, 20.000 pèlerins le visitent. Auprès de ce temple se trouve un endroit réservé pour l’incinération des veuves qui veulent se faire brûler vivantes sur le corps de leurs maris, suivant un ancien usage, disparu aujourd’hui dans l'Inde, mais qui, paraît-il, subsiste encore au Népal.
Les temples de Pashpatti ne paraissent remonter qu’au dix-septième siècle, L'élément caractéristique de ceux construits en pierre est le dôme en forme de cloche. En fait, les temples de pierre sont en grande minorité au Népal; mais, comme on peut le voir par ceux que nous avons représentés, les architectes semblent avoir eu à tâche, — sauf à Pashpatti, — de ne jamais
OV RP D RS SC Ed RL a RE
copier un temple sur le modèle d’un autre, alors que pour les temples en brique et en bois, ils semblent avoir été dominés par une préoccupation contraire.
Avec le Népal se termine notre étude des monuments de l’Inde, notre exploration dans un monde de temples et de palais fantastiques qui semblent une réalisation splendide des Mille et une Nuits. Aujourd’hui encore, je ne puis fermer les yeux, en songeant à l’Inde, sans revoir, dans les ténébreuses profondeurs des temples souterrains et des pagodes, tout un peuple de dieux, de monstres, de déesses, dont les formes, tantôt souriantes et gracieuses, tantôt menaçantes et terribles, traduisent fidèlement l’idéal et les songes du peuple qui les a créés.
Aux lueurs étincelantes mais froides de la science moderne, les épopées gigantesques des dieux et des héros qui se déroulent sur les murs sans fin de tous ces mystérieux sancluaires deviennent de päles fantômes, de vains mirages. Il faut les vénérer pourtant. Pendant de longs siècles des milliers de créatures humaines, charmées par les dieux qu’avaient enfantés leurs rêves, ont oublié les duretés de lexistence et subi avec sérénité la misère et la mort. Le temps et les hommes détruisent jour après jour les derniers débris de tous les monuments enfantés par des siècles de naïves croyances. Hâtons-nous d’étudier ces vestiges d’époques que l'humanité a peut-être dépassées pour jamais. Ces débris de mondes évanouis, dont les contours s’estompent et disparaissent lentement dans la brume des âges, nous redisent les sentiments et les pensées de races qui se rattachent étroitement à la nôtre, et nous parlent un langage que bientôt Phomme ne comprendra plus.