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qui figura sur le char. D'autres ehangemenls furent faits à l'arc du Carrousel; on alla jns(|u';i su|)])riiiier les bas-reliefs de la campagne d'Austerlitz, avec rintenliou de les remplacer par d'autres consacrés à la glorification du duc d'Angoulème, pour sa campagne d'Espagne. Destination éphémère, car les anciens has-reliefs furent de nouveau scellés sur les faces du monument, et aujourd'hui encore les soldats de la Grande Armée montent la garde sur l'arc élevé à la gloire de leur empereur. Dans sa silhouette gracieuse qui se détache sur la verdure du jardin des Tuileries, dans la teinte indécise que lui a communiquée le temps, avec le rose de ses colonnes et le ton plus sombre du bronze, l'arc du Carrousel termine heurfîiisement la perspective de la vaste place.
Nous aurons bientôt à parler d'un autre arc de triomphe, celui-là de taille colossale, élevé au rond-|)oiiit de l'Etoile. Napoléon en avait prescrit l'exécution, mais il ne devait pas le voir achever. Nous renvoyons son étude après celle de l'église de la ^ladeleine, qui, bien plus <]ue lui, porte l'empreinte de l'art du premier Empire.
La Madeleine commémore l'anéantissement de l'armée prussienne à léna. Ce lut une ghjrieuse journée que celle du 11 octobre 1806. Napoléon, vainqueur des Autrichiens et des Russes, allait se mesurer avec cette armée prussienne qui se croyait invincible depuis son organisation par le grand Frédéric. Pleins d'outrecuidance, les jeunes nobles de l'entourage du roi flattaient son orgueil et lui laissaient croire que les Français s'enfuiraient au seul aspect de ses bataillons. Et cependant l'indécision régnait dans l'élat-major |)russien, dont les plans de campagne se trouvaient déjoués par l'approche ra])i(le de Napoléon. Brunswick était à Auerstacdt avec le «Tos de l'arince, llohenlohe était resté près d'Iéna pour protéger la marche du vieux duc. Avec sa sûreté de coup d'œil ordinaire, l'empereur se rendit compte tle la faute cjue commettaient ses adversaires en ne fortifiant pas les hauteurs environuanics, jugées inaccessibles, et, ])en(lant la nuit, il couronna de son artillerie le plateau d'Iéna, ce cpii lui pei'uiit dés l'aube de porter le désordre dans les rangs ennemis. Pendant quelque temps les Prussiens résistèrent, mais les Français, descendant des crêtes avec une impétuosité irrésistible, les mirent en déroule.
A la même heure, à Auersl;edl, le mareclial Davousl s'alta(iuait avec une audace inouïe, et malgré i'ina( lion incomi)r(du'nsii)le de Beruadotle, au duc de Brunswick, ([ui, dès le début de l'action, était emporté par un boulet de canon. Le roi Fiéiléric-Guillaume, présent à la bataille, n'osa ni prendre le commandement ni désigner un général, en sorte que son armée demeura sans direction.
[.!■:< i/o.vr.i//; vr.N nie i épopée sapolicosiesse
Ce iïit une épouvantaljle paiiicpie, aiigmenlée encore, la nuit venue, par la rencontre des fuyards de raruice do Brunswick avec les restes des troupes de Ilolicnlohe. Les cavaliers français pourchassaient les Prussiens connue un lioupcau do moutons. « Co fui (|uol([uo chose d hoiiihio, dit le général allemand (jueisenau; il vaut mieux mille fois mourir que do revivre une telle journée. » Les débris des armées vain<ues ne se reformèrent pas; un profond découragement s'était emparé de tous. Les vieux soldats jetaient leurs armes en disant : « Nous avons porté le fusil assez longtem|)s, le roi a assez de jeunes gars; qu'il se débrouille avec eux. » Les officiers aussi, les gouverneurs des places fortes furent comme emportés par un vent de lâcheté : toutes les villes ouvrirent leurs portes sans résistance, Mat;dobourt;, Kiislrin, Stettin et vinjijt autres. De l'aveu même des Allenu\nds, jamais la Prusse n'était tombée si bas. Davoust fit une entrée triomphale à Berlin, et Napoléon alla prendre, pour les Invalides, l'épce, l'écharpe et le cordon de l'Aigle noir de Frédéric le Grand.
La puissance de l'empereur était à son comble. Installé dans la capitale de la Prusse, il s'y montrait aussi à l'aise que s'il eût été dans son propre jialais. C'est à ce moment qu'il décréta la construction d'un temple de la Gloire sur l'emplacement de l'ancienne église de la Madeleine.
Il a déjà été question de celle-ci à propos de la place de la Concorde; les plans de l'architecte Gabriel montraient son fronton triangulaire fermant la perspective de la rue Royale. Il ne s'agissait évidemment pas du temple grec que nous avons actuellement sous les yeux, mais d'une église à coupole, rappelant le Panthéon d'Agrippa, ([ui devait remplacer la petite
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paroisse, de dimensions insuffisantes et très délabrée, élevée en cet endroit par Charles VIII. Mais 1789 arriva sans que le projet de reconstruction de l'église fût complètement réalisé, et Tédifice désaffecté, ouvert à tous les vents, ne tarda pas à tomber en ruine. D'aucuns parlaient de le transformer en théâtre, eu stade, en musée, en Bourse même. Napoléon résolut d'en faire le temple de la Gloire. Voici le décret qu'il adressa à ce sujet, de Posen, à son ministre de l'intérieur :
Napoléon, empereur des Français et roi d'Italie, elc. Avons décrété et décrétons ce qui suit :
Article premier. — Il sera établi sur l'emplacement de la Madeleine de notre bonne ville de Paris, aux frais du trésor de notre couronne, un monument dédié à la Grande Armée, portant sur le frontispice :
l'empereur napoléon aux soldats de la grande armée.
\f^T^ II Dans l'intérieur du monument seront inscrits, sur des tables de marbre, les
noms de tous les hommes, par corps d'armée et par régiment, qui ont assisté aux batailles d'Ulm d'Austerlitz et d'Iéna, et sur des tables d'or massif les noms de tous ceux qui sout morts sur les champs de bataille, Sur des tables d'argent sera gravée la récapitulation par département des soldats que chaque département a fournis à la Grande Armée.
Art. III. Autour de la salle seront sculptés des bas-reliefs, où seront représentés les
colonels de chacun des régiments de la Grande Armée avec leurs noms ; ces bas-rclicfs seront faits de manière que les colonels soient groupés autour de leurs généraux de division et de brigade par corps d'armée. Les statues en marbre des maréchaux qui ont commandé des corps ou qui ont fait partie de la Grande Armée, seront placées dans l'intérieur de la salle.
Art. IV. Les armures, statues, monuments de toutes sortes enlevés par la Grande
Armée dans ces deux campagnes; les drapeaux, étendards et timbales conquis par la Grande Armée avec les noms des régiments ennemis auxquels ils appartiennent, seront déposés dans l'intérieur du monument.
Il y eut «n-and enthousiasme de la part des artistes à se mettre sur les rainas. Un classement de mérite fut établi |)ar une commission spéciale. Toutefois, l'empereur, qui s'était réservé de choisir en dernier ressort, donna la préférence au projet de l'architecte Vignon, le troisième sur la liste, dont le caractère païen lui paraissait le mieux approprié à la destination future du monument.
Plus tard, lorsque vinrent les mauvais jours, les idées de Napoléon sur ce point se modifièrent : « Après la funeste campagne de 1814, écrit l'architecte Fontaine, le ministre de l'intérieur ayant eu à rendre compte de l'état des édifices en construction à Paris, vint à parler du temple de la Gloire; nous remarquâmes que l'empereur devenait pensif, entendait avec peine prononcer le nom d'une divinité qu'il avait adorée avec la plus grande ferveur, et qui cessait de lui être favorable. Après quelques ins-
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tanls lie silence : « Que ferons-nous, dit-il, du temple de la (lloircPNos « grandes idées sur tout cela sont bien changées. 11 n'y a plus aujourd'hui, « dans l'état oii sont les choses, d'antre croyance possible que le culte « catholique. C'est aux prêtres qu'il faut donner nos temples à garder; ils « s'entendent mieux que nous à l'aire des cérémonies et à conserver un « culte. Que le temple de la Gloire soit donc désormais une église; c'est « le moyen d'achever et de conserver ce monument. Il faudra bien aussi « dire, par suite, la messe au i'aiithéon. »
Ces paroles de tristesse et de (b'couragenienl ne fuient cpic ti'op Justifiées par les événements de 181 'i.
A côté de ces monuments commémoratifs. Napoléon en projeta et en exécuta plusieurs autres (|ui témoignent des |)i'é()ccupations variées de son immense génie.
Paris manquait d'eau; l'einperi'ur exigea que les soixante-cinq fontaines <Iéjà existantes fussent alimcntf-es de manière à coiili'r JDur et nuit, et tlécréta la cn-alion di' (\u\ii/.c autres, dont l'une, <-clle du ChAlelet, élevée en 1807, |)orlait sur une haute colonne en l'orme de palmier la figure en bronze de la Victoire, tenant dans ses mains tendues deux couronnes tll^ laurier; le tronc de l'àrbrc était enserré de distance en distance par des anneaux de nu'tal oii étaient gi'avc'-s les noms des principales batailles; à la base, (|uali-e statues, plus grandes (pie nature, la Loi, la Force, la Prudence et la Vigilance, se tenaient par la main, et de quatre cornes d'abondance terminées en tête de |)oisson l'eau s'écoulait dans une large vasque. On voit qu'à propos de tout, l'cnupereur saisissait l'occasion de rappeler ses succès militaires, causes directes de son élévation an trône.
Deux ponts construits sous son règne r<'curenl les noms d'Austerlitz et d'Iéna.
Sur le quai d'Orsay fut commencé un grand palais, destiné à loger les ambassadeurs extraordinaires, que l'empereur eût eus ainsi plus facilement sous la main, tout en leur assurant uih; hos|)italilé magnili(jue.
Son projet d'utilisatinii du rh.iinp de .Mars était grandiose : il pensait y bâtir tieux casernes, chacune pour dix mille hoiimies, et, en arrière, d'un côté, un palais des arts [xmr l'Université avec des salles de cours et des logements pour les ilignitaires et les professeurs émérites, de l'aulie, le palais des artistes et des savants, à l'usage des hommes qui, par leur talent, auraient rendu de réels scrvi<"es à la patrie.
Sur la rive droite de la Seine, sur l(>s Iiauleurs de Ghaillot, aiijoiird liiii couronnées par le palais du Trocadér(j, il lit commencer les l'oiidations gigantesques du palais du roi de Rome, oii les souverains d'Europe,